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A network of organisations and movements from across the globe committed to the fight for social, ecological and gender justice.



L’antidote est l’Accord des Peuples de Cochabamba !

Communiqué de presse de CJN!

Durban, Afrique du Sud – Les décisions issues du sommet des Nations-Unies sur le climat à Durban – COP17 – constituent un crime contre l’humanité, selon Climate Justice Now ! coalition de mouvements sociaux et de la société civile. Ici en Afrique du Sud, qui a inspiré le monde entier par les luttes de libération menée par la majorité noire du pays, les nations les plus riches ont créé avec cynisme un nouveau régime d’apartheid climatique.

« Retarder toute action réelle après 2020 est un crime aux proportions mondiales », selon Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International. « Une augmentation de 4°C de la température mondiale, permise par ce plan, est une condamnation à mort pour l’Afrique, les petits États insulaires, et les pauvres et les personnes vulnérables de l’ensemble de la planète. Ce sommet a amplifié l’apartheid climatique, les 1 % les plus riches de la planète ayant décidé qu’il était acceptable d’en sacrifier les 99 % ».

Selon Pablo Solon, ancien négociateur en chef de l’Etat plurinational de Bolivie, « il est faux d’affirmer qu’une deuxième période d’engagements du protocole de Kyoto a été adoptée à Durban. La décision actuelle a seulement été reportée à la prochaine COP, sans engagement de réduction d’émissions de la part des pays riches. Cela signifie que le protocole de Kyoto restera en vie jusqu’à ce qu’il soit remplacé par un nouvel accord encore plus faible ».

Les pollueurs de la planète ont bloqué toute réelle action et ont une fois de plus choisi de renflouer les banques et les investisseurs en décidant d’étendre les marchés du carbone pourtant en train de s’effondrer, ce qui comme toutes les activités des marchés financiers de nos jours permettent surtout d’enrichir quelques privilégiés.

« Ce que certains considèrent comme de l’inaction est en fait une démonstration de l’échec, palpable, de notre système économique actuel pour répondre aux crises économiques, sociales et environnementales » selon Janet Redman, de l’Institute for Policy Studies, basé à Washington. « Les banques qui ont provoqué la crise financière sont en train de faire d’importants profits en spéculant sur le futur de notre planète. Le secteur financier, acculé, cherche un moyen de s’en sortir à nouveau en développant de nouveaux produits pour soutenir un système défaillant ».

Bien que l’on parle d’une « feuille de route » proposée par l’Union Européenne, l’échec de Durban montre que c’est un cul-de-sac, une route pour nulle part. Les porte-paroles de Climate Justice Now ! appellent la communauté internationale à se rappeler qu’un véritable plan pour le climat, basé sur les besoins planétaires identifiés par les scientifiques et issu du mandat de mouvements populaires, a vu le jour lors du Sommet des Peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère en Bolivie en 2010. L’accord des peuples de Cochabamba, porté devant les Nations-Unies, a été supprimé des textes de négociations, alors qu’il proposait un moyen juste et efficace pour avancer, ce qui est terriblement nécessaire.

ELEMENTS SUPPLEMENTAIRES

Sur la technologie
« Les discussions sur les technologies ont été détournées par les pays industrialisés s’exprimant pour le
compte de leurs entreprises multinationales », selon Silvia Ribeiro de l’organisation internationale ETC
Group.

« La critique des monopoles sur les brevets technologiques, et les évaluations environnementales, sociales et
culturelles des technologies n’ont pas été prises en compte dans les résultats de Durban. Sans répondre à ces
questions fondamentales, les nouveaux mécanismes concernant les technologies vont seulement être une arme
marketing mondiale pour accroître les profits des entreprises transnationales en vendant des technologies
dangereuses aux pays du Sud, comme les nanotechnologies, la biologie synthétique et la géo-ingénierie. »

Sur l’agriculture
« La seule façon d’avancer pour l’agriculture est de soutenir des solutions agro-écologiques, et de
maintenir l’agriculture hors des marchés carbone », selon Alberto Gomez, coordinateur nord-américain de
la Via Campesina, le plus grand mouvement de paysans de la planète.

« Les entreprises agroalimentaires, à travers leur modèle social, économique et culturel de production, sont l’une
des principales causes des dérèglements climatiques et de l’accroissement de la faim. C’est pourquoi nous rejetons
les accords de libre-échange et d’association, et toutes les formes d’application des droits de propriété intellectuelle
sur le vivant, les paquets technologiques (produits agrochimiques, modifications génétiques) et toutes les autres
fausses solutions (agrocarburants, nanotechnologies, le programme « climate smart agriculture ») qui ne font
qu’aggraver la crise actuelle ».

Sur REDD+ et les projets de forêts-carbone
« REDD+ menace la survie des populations indigènes et des populations tributaires des forêts. De très
nombreuses preuves montrent que les Peuples indigènes sont l’objet de violations de leurs droits en raison
de la mise en œuvre des programmes et politiques de type REDD+ » a déclaré la Global Alliance of
Indigenous Peoples and Local Communities against REDD and for Life.

Leur déclaration, rendue publique la première semaine de la COP17, établit que « REDD+ et les Mécanismes de
Développement Propres (MDP) promeuvent la privatisation et la marchandisation des forêts, des arbres et de l’air
à travers les marchés carbone et les compensations provenant des forêts, des sols, de l’agriculture et même des
océans. Nous dénonçons les marchés carbone comme une hypocrisie qui ne va pas stopper les dérèglements
climatiques ».

Sur la Banque Mondiale et le Fonds Vert pour le Climat.
« La Banque Mondiale est un bandit de l’économie néolibérale », selon Teresa Almaguer de Grassroots
Global Justice Alliance aux Etats-Unis.

« Nous avons besoin d’un fonds climat géré à travers une gouvernance participative, non par une institution non
démocratique qui est en plus responsable pour une bonne part des dérèglements climatiques et de la pauvreté dans
le monde. Le Fonds Vert pour le Climat a été transformé en Greedy Corporate Fund , selon Lidy Nacpil, de Jubilee
Sud. Le Fonds a été détourné par les pays riches, selon leurs conditions, et mis en place pour fournir plus de profits
au secteur privé. »

Sur l’économie verte
« Nous avons besoin d’un fonds climat qui fournisse des financements aux populations des pays développés
qui soit totalement indépendant des institutions anti-démocratiques comme la Banque Mondiale. La
Banque Mondiale a une longue expérience de financements de projets qui exacerbent les dérèglements
climatiques et la pauvreté, selon Lidy Nacpil, de Jubilee Sud. Le fonds est détourné par les pays riches,
positionnant la Banque Mondiale comme administrateur provisoire et donnant un accès direct à l’argent
prévu pour les pays en développement au secteur privé. Il devrait être appelé le Greedy Corporate Fund ! »

Les politiques climat sont en train de prendre un changement radical vers ce qui est appelée « l’économie
verte », réduisant dangereusement les engagements éthiques et la responsabilité historique à un calcul
économique coût-avantage, à des opportunités commerciales et d’investissements. L’atténuation et l’adaptation
ne devraient pas être considérées comme du Business, ni avoir des financements conditionnés par les logiques
du secteur privé et visant à faire des profits. La vie ne se vend pas.

« Les pays industrialisés du Nord sont moralement et légalement contraints de rembourser leur dette
climatique, affirme Janet Redman, co-directrice du Sustainable Energy & Economy Network à l’Institute
for Policy Studies. Les pays développés sont devenus riches au détriment de la planète et du futur des
populations en exploitant du pétrole et charbon peu chers. Ils doivent payer pour les pertes et dommages
en résultant, ils doivent réduire drastiquement leurs émissions, et ils doivent soutenir financièrement les
pays en développement pour aller vers des scénarios d’énergies propres. »

Les pays développés, assumant leurs responsabilités historiques, doivent honorer leur dette climatique dans
toutes les dimensions pour que ce soit la base d’une solution juste, efficace et scientifique. Il ne faut pas se
concentrer uniquement sur la compensation financière, mais aussi sur la justice réparatrice comprise comme la
reconstitution de l’intégrité de la Terre-Mère et de tous les êtres. Nous appelons les pays développés à s’engager
à agir. Cela pourrait peut-être reconstruire la confiance qui a été cassée et permettre au processus d’avancer.

Sur les véritables solutions
« L’unique solution au changement climatique est de laisser le pétrole, le charbon et les sables bitumineux
dans le sol » selon Ivonne Yanez d’Acción Ecologica, Equateur.


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La Via Campesina à la conférence COP17 de Durban: L’agriculture industrielle met la planète en surchauffe! Les paysans la refroidissent!

(Maputo, 21 novembre, 2011) – Le mouvement paysan international La Via Campesina sera présent à la 17è Conférence des Parties, le sommet de l’ONU sur le changement climatique, qui se déroulera à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011.

Plus de 200 paysannes et paysans venus de l’Afrique, de l’Europe, d’Amérique latine et des Caraïbes participeront à cette conférence afin de faire entendre les voix des millions de petits paysans et producteurs d’aliments à travers le monde qui, à travers leurs pratiques agroé-cologiques, contribuent de manière significative à la lutte contre les changements climatiques.

A Durban, les membres de La Via Campesina entendent  dénoncer le modèle agricole industriel comme étant l’une des principales causes du changement climatique. Nous y dénoncerons également les stratégies agressives de l’agrobusiness en matière d’accaparement des terres, qui provoque des exodes ruraux massifs afin de dégager les terrains pour des monocultures industrielles.

Partout à travers le monde les paysans s’opposent aux fausses solutions mises en avant pour remédier au changement climatique, comme par exemple les plantations en monoculture, les mécanismes de compensation REDD, les marchés des puits de carbone et la soi-disant “Agriculture intelligente adaptée au changement climatique”. Ces solutions ne contribuent en rien à lutter contre le changement climatique et ne font qu’aggraver les effets en réchauffant encore plus la planète.

A Durban, LVC participera à la Journée d’Action Mondiale du 3 décembre, afin d’exiger la justice sociale et climatique.  Le 5 décembre, tous les mouvements paysans d’Afrique célèbreront le “Jour de l’Agroécologie et de la Souveraineté alimentaire pour refroidir la planète”, une manifestation symbolique pour exiger le respect de la cause paysanne à travers le monde..

Rencontres avec la presse

3 décembre

Journée d’Action Mondiale, rencontres possibles lors des manifestations, au début de la manifestation principale.

05 décembre, 09h30

Conférence de presse des parties présentes à la conférence officielle –ICC (International Convention Center) de Durban, salle de presse

06 décembre, 15h

Conférence de presse à l’extérieur de la conférence officielle avec les mouvements alliés de la Via Campesina (lieu à confirmer)

Contacts presse

Boaventura Monjane, boa.monjane@viacampesina.org

Téléphone sur place (à compter du 28 novembre) : 0027 – (0)736509229

Cassia Bechara, cassia@mst.org.br


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Du 28 novembre au 9 décembre 2011 se tiendra à Durban la 17è conférence internationale des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 17). Déjà les mouvements sociaux et environnementaux de l’Afrique du Sud, ont annoncé qu’ils en profiteront pour organiser de larges mobilisations afin de dénoncer cette « conférence de pollueurs » et mettre de l’avant l’absolue nécessité d’arriver à un accord réellement contraignant sur l’émission de gaz à effet de serre (GES). Ils invitent les mouvements sociaux de l’Afrique et du monde entier à se joindre à eux dans ce qui pourrait s’avérer « un moment crucial dans l’histoire socio-environnementale ».

La mort de Kyoto ?

C’est à la Conférence de Durban que doit revenir sur le tapis la question épineuse du Protocole de Kyoto. Les consultations préliminaires démontrent que les États-Unis, le Japon, le Canada et la Russie restent campés sur le refus de toute mesure de réduction contraignante des émissions de gaz à effet de serre et que donc il n’y aura pas de reconduction de cette partie cruciale de Kyoto au-delà de 2012. La diplomatie sud-africaine et plusieurs pays européens redoutent que Durban ne devienne associé à la mort du Protocole de Kyoto et pourraient être tentés par une reconduction toute factice, faite d’engagements volontaires des pays développés et une promesse creuse d’envisager à l’avenir des engagements contraignants. À leurs yeux, cette maneuvre aurait aussi l’avantage de permettre la reconduction de la partie beaucoup moins intéressante de Kyoto, soit celle qui touche les marchés de carbone, marchés auxquels les grandes banques et firmes multinationales sont très attachées. S’il y a « reconduction » à Durban, ce sera sur un Protocole de Kyoto considérablement affaibli et donc incapable de contenir le réchauffement climatique à moins de 2 C tel que le recommande les rapports scientifiques de l’ONU (GIEC).

Pire, selon le rapport que vient de publier la très conservatrice Agence internationale de l’énergie de l’OCDE, les émissions de GES auraient augmentés de 6% en 2010 (1). Au rythme actuel, la planète n’aurait plus que 5 ans avant que ces changements deviennent irréversibles et que le réchauffement climatique atteigne le niveau catastrophique de 4 C d’ici la fin du siècle. Selon le mouvement pour la justice climatique, pour conjurer l’écocatastrophe annoncée, il faudrait non seulement un Kyoto contraignant, considérablement renforcé et épuré de sa prédilection pour les marchés du carbone, mais aussi un ensemble de mesures énergiques pour réduire les émissions de GES d’au moins 50% d’ici 2020.

Le financement du Fonds vert pour le climat

À la conférence de Cancun en 2010, la décision fut prise de mettre sur pied un Fonds vert pour le climat censé venir en aide aux pays en développement. Mais les modalités de financement sont restées vagues, laissant la porte ouverte à la primauté de financements privés possiblement issus des marchés de carbone. En plus, la gestion de ce fonds a été confiée à la Banque mondiale, haut lieu de la finance internationale, très impliquée dans le financement des grands projets d’exploitation pétrolière. La riposte est venue dès le mois de juin dernier lors d’une conférence préliminaire tenue à Bonn. Sur proposition de la délégation bolivienne, les pays en développement du groupe des 77 ont adopté la position de la Confédération syndicale internationale (CSI) exigeant que le financement de ce fonds vert soit fait par l’entremise d’une taxe prélevée sur les transactions financières, la taxe Tobin, et que sa gestion soit ôtée à la Banque mondiale.

Le débat sur cette question s’annonce difficile à Durban car les Etats-Unis, le Canada et le Royaume Uni, avec l’appui des grandes banques internationales, sont farouchement contre la Taxe Tobin et veulent confinés le financement du fonds vert aux sources privées provenant des marchés de carbone. L’enjeu est énorme. Selon les chiffres avancés par la CSI, une taxe de seulement 2centième d’un pourcent (0.02%) sur les transactions financières mondiales pourrait générer jusqu’à 650 milliards par année, dont 100 milliards pourraient être alloués au Fonds vert (2).

L’accaparement des terres agricoles et la souveraineté alimentaire

La grande confédération syndicale paysanne, Via Campesina ainsi que plusieurs mouvements de petits paysans africains se mobilisent massivement pour Durban (3). Des caravanes de paysans s’organisent dans plusieurs pays d’Afrique avec comme objectif de dénoncer la prise de contrôle de vastes terres agricoles par des grandes firmes multinationales ou de riches investisseurs locaux et internationaux. Ceux-ci cherchent à implanter une agriculture industrielle tournée vers l’exportation au détriment de l’agriculture vivrière et de subsistance pratiquée par les petits paysans.

En plus de défendre ces millions de petits agriculteurs acculés à la famine, Via Campesina et les organisations paysannes africaines revendiquent des mesures de promotion d’une agroécologie gérée par les organisations paysannes. Clouant au pilori l’agriculture industrielle, polluante et toxique, ainsi que les marchés du carbone ou autres stratagèmes financiers du même acabit, elles affirment qu’une souveraineté alimentaire construite à partir de la base fait partie intégrante de la lutte contre les changements climatiques.

Les enjeux de Durban sont donc énormes et la mobilisation citoyenne sera au rendez-vous. Plusieurs organisations du Québec, du Canada anglais et des Premières Nations enverront des déléguéEs se joindre aux activités alternatives et aux mobilisations sociales prévues par les mouvements sud-africains et internationaux. La critique serrée du gouvernement Harper et de sa politique environnementale bancale sera à l’une des priorités des délégués provenant du Canada. Certains projettent de tenir sur place des conférences sur des thèmes comme la critique des compagnies minières canadiennes ou la dénonciation de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. D’autres se donnent comme mission de manifester contre la délégation officielle canadienne et délégitimer les prises de position du gouvernement fédéral.

Alternatives sera présente à Durban et participera de plein pied aux activités de la société civile et aux mobilisations citoyennes. Nous tiendrons nos lecteurs informés de tous les événements marquants de cette conférence internationale sur les changements climatiques.

Roger Rashi, Coordonnateur des campagnes à Alternatives (Canada)

Notes :

1. « World headed for irreversible climate change in five years, IEA warns », The Guardian, 9 novembre 2011. http://www.guardian.co.uk/environme… 2. « Workers & Climate Change », International Trade Union Confederation (ITUC) contribution to the 17th Conference of the Parties to the UNFCCC, Pg 5. 3. « Appel pour Durban », Via Campesina, 9 septembre 2011. http://www.viacampesina.org/fr/inde…

 


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Au lendemain de la conférence sur le climat de Cancun (29 nov – 10 déc), un unanimisme trompeur s’est répandu dans la presse de nos pays : les principales ONG et éditorialistes en saluaient le résultat. Bien que les engagements tangibles soient loin d’être à la hauteur des exigences posées par la science, Cancun aurait sauvé le processus de négociations de l’ONU. Pourtant, un processus qui n’obtient pas les résultats escomptés s’affaiblit de l’intérieur et perd peu à peu sa légitimité (voir l’article de Sophie Chapelle Cancun un accord à tout prix).

Au lendemain de 15 jours de négociations sans saveur (voir nos reportages ici), Alter-Echos (www.alter-echos.org) a interrogé plusieurs représentants d’associations et ONG, notamment des pays du Sud, afin d’y voir plus clair. Le constat est clair : aucun engagement réellement contraignant, abandon du protocole de Kyoto, extension des logiques de marché, rôle donné à la Banque Mondiale, dangers sur les forêts, etc… Les textes issus de Cancun ne sont pas à la hauteur des exigences de la science et démontrent une fois de plus l’incapacité des Etats à dépasser les intérêts économiques et financiers qu’ils représentent pour mener des politiques efficaces face à la crise climatique et environnementale.

Preuve également que seule une véritable pression de la société civile, à l’échelon local, national, continental et international permettra de changer la donne. Au niveau international, des rendez-vous sont pris lors du prochain Forum Social Mondial de Dakar (février 2011), lors du G8-G20 en France (mai et juin 2011), lors de la prochaine conférence de Durban (décembre 2011), ou celle de Rio + 20 en 2012 (mai 2012).

Après Cancun : FSM à Dakar, G8 – G20, Durban, comment construire le mouvement de la justice climatique ? from Alter-Echos on Vimeo.


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Forum mondial pour la Vie et la Justice sociale et environnementale (du 4 au 10 décembre 2010)
Mieux vaut aucun accord qu’un mauvais accord

Nous, membres de La Via Campesina de plus de 30 pays du monde entier, nous sommes unis dans nos milliers de luttes à Cancún pour exiger de la part du Sommet sur le Changement climatique (COP 16), la justice environnementale et le respect de notre Mère Terre, tout en dénonçant les essais ambitieux des gouvernements, en particulier de ceux du Nord, de commercialiser tous les éléments essentiels à la vie au bénéfice des transnationales et en faisant connaître les milles solutions visant à refroidir la planète et à freiner la dévastation environnementale qui aujourd’hui menace très sérieusement l’humanité.

Dans le principal espace de mobilisation, le Forum alternatif mondial pour la Vie, la Justice sociale et environnementale, nous avons organisé des ateliers, des assemblées, des réunions avec nos alliés et une action globale que nous avons dénommée « Mille Cancúns ». Cette action a eu une répercussion sur toute la planète et jusqu’aux salles même du Moon Palace de la COP 16. Le 7 décembre, notre lutte s’est exprimée lors d’une marche de milliers de membres de La Via Campesina accompagnés du peuple Maya de la péninsule mexicaine et de milliers d’alliés appartenant à des organisations nationales et internationales.

La mobilisation vers Cancún avait démarré le 28 novembre avec trois caravanes qui partirent de San Luis Potosí, Guadalajara et Acapulco, pour parcourir les territoires les plus symboliques de la dévastation environnementale et faire connaître les autres résistances et luttes des communautés affectées. L’effort mené par les caravanes l’a été grâce au travail conjoint de l’Assemblée nationale des Victimes environnementales, du Mouvement de Libération national, du Syndicat mexicain des Electriciens et des centaines de communautés et de personnes qui ont ouvert la porte de leur générosité et de leur solidarité. Le 30 novembre, les caravanes arrivèrent à la capitale Mexico, où nous avons organisé un Forum international et une marche en compagnie de milliers de personnes et de centaines d’organisations qui luttent également pour la justice sociale et environnementale.

Lors de notre trajet vers Cancún, d’autres caravanes, l’une de Chiapas, les autres d’Oaxaca et du Guatemala, après de longues heures de voyage, se sont jointes à nous à Merida pour une cérémonie à Chichen Itza et arriver finalement à Cancún le 3 décembre  où nous avons installé notre campement pour la Vie, la Justice sociale et environnementale. Le lendemain, 4 décembre, nous avons ouvert notre forum et débuté ainsi notre lutte à Cancún même.

Pourquoi sommes-nous venus à Cancún ?

Les modèles actuels de consommation, de production et de commercialisation ont entraîné la destruction de l’environnement. Les peuples autochtones, les paysans et les paysannes en sont les principales victimes. Nous nous sommes mobilisés vers Cancún et à Cancún pour dire aux peuples du monde que nous avons besoin d’un changement de paradigme de développement et d’économie.

Il nous faut transcender la pensée anthropocentrique. Il faut réactiver la cosmovision de nos peuples fondée sur la conception holistique de la relation avec le cosmos, la mère terre, l’air, l’eau et tous les êtres vivants.  L’être humain n’est pas le maître de la nature, il n’est qu’une partie de tout ce qui est vivant.

Du fait de cette nécessité de  régénérer le système, le climat, la mère terre, nous dénonçons :

1. Que les gouvernements continuent à être indifférents au réchauffement de la planète et au lieu de débattre des changements de politiques nécessaires au refroidissement, ils spéculent et discutent affaires avec la nouvelle économie verte et la privatisation des biens communs.
2. Les Solutions fausses et dangereuses que le système capitaliste néolibéral met en place comme l’initiative REDD+ (Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation); le MDP (Mécanisme de Développement propre) ; la géo-ingénierie ; la commercialisation des biens naturels ; l’achat de permis pour polluer ou les crédits carbone avec la promesse de ne pas couper les arbres et les plantations dans le Sud.
3. Le fait d’imposer une agriculture industrielle par le biais de l’utilisation de produits OGMs et de l’accaparement des terres, portant atteinte ainsi à la Souveraineté alimentaire.
4. L’énergie nucléaire, très dangereuse et en aucun cas une vraie solution.
5. La Banque mondiale, le Fonds monétaire International, l’Organisation mondiale du Commerce qui facilitent l’intervention des grandes transnationales dans nos pays.
6. Les impacts occasionnés par les traités de libre échange avec les pays du Nord et l’Union européenne, qui ne sont rien d’autre que des accords commerciaux ouvrant encore plus les portes de nos pays aux transnationales pour qu’elles mettent la main sur nos biens naturels.
7. L’exclusion des paysans et des peuples autochtones des discussions sur les thèmes qui sont essentiels pour la vie humaine et notre terre nourricière.
8. L’expulsion de nos camaradas de l’espace officiel de la COP 16 pour être opposés aux points de vue des gouvernements qui proposent un système prédateur menant à l’extermination de la mère terre et de l’humanité.

Nous ne sommes pas d’accord avec la simple idée “d’atténuer” ou “de nous adapter” au changement climatique. Nous avons besoin d’une justice sociale, écologique et climatique, c’est pourquoi nous exigeons:

1. De reprendre les principes des accords de Cochabamba du 22 avril 2010 comme étant un processus qui nous conduit réellement à une véritable réduction des émissions de gaz à effet de serre et permet d’obtenir la justice sociale et environnementale.
2. La Souveraineté alimentaire sur la base d’une agriculture paysanne durable et agro-écologique car la crise alimentaire et la crise climatique sont une seule et même chose, les deux étant dues au système capitaliste.
3. La nécessité de modifier les styles de vie et les relations destructive avec notre environnement. Il faut retrouver la cosmovision de nos peuples natifs, fondée sur le principe holistique de la relation avec le cosmos, la mère terre, l’air, l’eau et tous les êtres vivants.

La Via Campesina en tant qu’organisation représentant des millions de familles de paysans dans le monde préoccupées par la récupération de l’équilibre climatique appelle à:

1. Assumer notre responsabilité collective avec la mère terre, en modifiant les modèles de développement des structures économiques et en supprimant les transnationales.
2. Reconnaître l’action de gouvernements comme celui de la Bolivie, de Tuvalu et de quelques autres qui ont eu le courage de résister aux exigences des gouvernements du Nord et des transnationales et nous lançons un appel à d’autres gouvernements pour qu’ils se joignent à la résistance des peuples face à la crise climatique.
3. Signer des accords contraignants pour que tous ceux qui polluent l’environnement soient tenus pour responsables des catastrophes et des délits commis à l’encontre de la Nature. Rendre également obligatoire la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source. Le pollueur doit arrêter de polluer.
4. Alerter les mouvements sociaux du monde sur ce qui se passe au niveau de la planète pour la défense de la vie, de la mère terre, parce que nous défendons ce qui sera le modèle pour les futures générations.
5. L’action et à la mobilisation sociale des organisations urbaines et paysannes, à l’innovation, à la récupération des formes ancestrales de vie,  à nous unir dans une grande lutte pour sauver notre mère terre qui est notre maison à tous et à toutes contre le grand capital et les mauvais gouvernants. Il s’agit de notre responsabilité historique.
6. Elaborer des politiques de protection de la biodiversité, de souveraineté alimentaire, de gestion de l’eau, fondées sur les expériences et la participation des communautés.
7. Lancer une consultation mondiale auprès des peuples afin de décider des politiques et des actions globales en vue de résoudre la crise climatique.

Dès aujourd’hui, nous lançons un appel à l’humanité afin qu’elle agisse immédiatement pour la reconstruction de la vie de toute la nature nourricière, en appliquant le principe du  “cosmovivre”.

C’est pourquoi, des quatre coins de la planète nous nous sommes levés pour proclamer haut et fort : Arrêtons les dommages causés à notre Terre Mère! Arrêtons la destruction de la planète! Arrêtons les expulsions des nos territoires! Arrêtons la mort frappant les fils et les filles de la Mère Terre! Arrêtons la criminalisation de nos luttes!

Non à l’accord de Copenhague.  Oui, aux principes de Cochabamba.

NON à la Redd! OUI à Cochabamba !

LA TERRE NE SE VEND PAS, ELLE SE RECUPÈRE ET ELLE SE DÉFEND!

GLOBALISONS LA LUTTE, GLOBALISONS L’ESPÉRANCE!

Délégation de la Via Campesina à Cancún, 9 décembre 2010


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Communiqué des Amis de la Terre International.

CANCUN, MEXIQUE, 11 décembre 2010 – L’accord adopté à la Conférence des Nations Unies sur le climat à Cancun a échoué à faire des progrès sur le point le plus essentiel : Des réductions fortes et contraignantes pour les pays développés. Les Amis de la Terre International mettent en garde contre cet accord qui fournit une plateforme pour l’abandon du protocole de Kyoto, le remplaçant par un faible système de promesses et de révision hérité de l’Accord de Copenhague, qui conduirait à un réchauffement climatique dévastateur de 5 degrés celsius. 

Nnnimmo Bassey, président des Amis de la Terre International, a affirmé : “L’accord atteint ici est complètement inadapté et pourrait conduire à un changement climatique catastrophique”. Il faut attribuer l’absence de l’ambition plus grande dont nous avions besoin aux pays riches qui sont les premiers responsables du changement climatique, conduits par les Etats-Unis, la Russie et le Japon. C’est une claque dans la figure de ceux qui souffrent déjà du changement climatique. Mais au final nous serons tous affectés par le manque d’ambition et de volonté politique d’un petit groupe de pays”. 
Pour empêcher un réchauffement climatique catastrophique, nous avons besoin d’un accord qui soit basé sur la science, regroupe les cibles pour les pays développés sous le Protocole de Kyoto, qui prévoit que les pays riches réduisent leurs émissions d’au moins 40% sans accorder de rôle aux marchés carbone, aux systèmes de compensation, aux exemptions. Les marchés carbone ne sont pas la solution au changement climatique mais juste un moyen pour les pays riches de poursuivre le “business of usual”. 
En dépit de l’absence d’avancées sur les questions-clés, des progrès ont été faits dans d’autres champs. L’établissement d’un Fonds Mondial Climat est un pas en avant sur lequel construire. Les 100 milliards de dollars mis sur la table pour ce fonds, cependant, ne sont pas à la mesure des besoins et du principe d’équité. Les pays riches doivent être à la hauteur de leurs obligations et fournir suffisamment de fonds publics aux pays en développement afin qu’ils puissent se développer proprement et s’adapter aux impacts du changement climatique dont ils souffrent déjà. 

On note un progrès sur la question de l’adaptation pour aider les pays pauvres à s’adapter à ces impacts, mais le rôle de la Banque mondiale dans le financement de la lutte contre le changement climatique n’est pas acceptable. 
Pour Lucia Ortiz, des Amis de la Terre Brésil : “Les mécanismes pour stopper la déforestation ne sont pas supposés permettre aux pays riches de continuer à émettre du carbone. Les forêts ne sont pas seulement des stocks de carbone, et ne devraient pas être marchandisées. L’argent pour protéger les forêts doit venir des pays développés.”

Pour Nnimmo Bassey, “Les Nations unies restent indispensables pour construire la réponse collective de l’humanité à la crise, et nous constatons que le processus multilatéral avance. Cependant les Nations unies ont la force des pays qui les composent, et nous n’avons pas pu réussir les progrès nécessaires à Cancun parce que les pays riches qui sont les premiers responsables de la pollution climatique l’ont empêché. Les pays riches ont tenté d’assassiner le protocole de Kyoto et il est maintenant en coma artificiel, nous allons devoir redoubler d’efforts pour le sauver dans l’année qui vient.”

D’après Lucia Ortiz, “nous applaudissons la position courageuse de la Bolivie, fondée sur des principes, et qui a constamment appelé et travaillé à des actes ambitieux. La Bolivie est venue ici avec un mandat de l’Accord de Cochabamba et a écouté les milliers de personnes rassemblées à Cancun. A travers le monde des gens manifestent et demandent de vraies solutions à la crise climatique. Le mouvement prend de l’ampleur, comme nous l’avons vu ici à Cancun, et les Amis de la Terre International continueront à faire pression sur les gouvernements pour atteindre l’année prochaine à Durban un accord global dont le monde a besoin”. 

Pour plus d’informations
 

 

-Meena Raman,    +52 (1) 9982036601   +52 (1) 9982036601 (Mexican mobile), meenaco@pd.jaring.my
-Nnimmo Bassey    +52 (1) 998 137 74 93 (Mexican mobile), nimmo@eraction.org


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Communiqué de presse d’ATTAC-France

L’accord de Cancun entérine l’ « accord » de Copenhague, qui n‘était légalement qu’un texte parmi d’autres même s’il avait été proposé par les Etats-Unis et la Chine et soutenu par les grands pays. Il est désormais un texte des Nations-Unies et un pas de plus vers la fin du protocole de Kyoto. Si, comme le prévoit le protocole, une seconde période d’engagements contraignants pour des réductions d’émissions de gaz à effet de serre est notée, aucune date n’est retenue. Les pays seraient libres de choisir l’année de référence pour les calculs de leurs engagements et, pour tous ceux qui ne choisiraient pas l’année 1990 fixée à Kyoto, ils ne seraient pas soumis au cadre contraignant du protocole. En ce sens, l’accord de Cancun est le prolongement juridique du texte de Copenhague qui avait déjà ouvert cette possibilité.

Le texte adopté est même en deçà : même si les travaux du GIEC sont évoqués, aucun objectif chiffré en matière de réduction des émissions n’y figure. La demande de nombre de pays africains, des états des petites îles, de nombreux pays du Sud, en accord avec les travaux scientifiques récents, de fixer l’objectif à 1,5°C n’a pas été retenue. Le fonds vert est certes créé, mais sans aucune garantie que les financements soient apportés et avec la Banque mondiale comme acteur essentiel. Quels financements pour l’adaptation, mise en avant par les pays les plus pauvres, alors que les capitaux s’orientent prioritairement vers les activités lucratives de l’économie verte ? Aucun financement public nouveau n’étant retenu, ni par le biais de la taxation du transport maritime, ni par le biais du transport aérien, ni bien sûr par le biais de taxes globales. Seuls 15% des financements seraient publics, le reste étant fourni par les marchés du carbone et la contribution propre des pays du Sud.  En revanche, le texte ouvre la porte à l’extension des marchés du carbone : c’est la carbonisation de la terre, des forêts, un «CO2lonialisme», selon l’expression des mouvements sociaux, le carbone devenant une sorte de monnaie d’échange universelle, gérée par la banque mondiale. Tout y est !

Autant dire que cette «victoire» est un recul par rapport à la conférence de Bali, qui, en 2007, avait fixé une feuille de route devant conduire à une nouvelle phase d’engagements contraignants ! Et on ne pourra pas ici invoquer l’attitude de la Chine, qui a clairement annoncé qu’elle était prête, comme pays émergent, à accepter des engagements contraignants.

Nous apportons notre soutien à notre soutien à la position exprimée par la délégation bolivienne, qui s’est battue jusqu’au bout pour faire valoir les droits des humains et des peuples et les propositions  des mouvements sociaux ; elle a donné à cette conférence une tenue politique contre l’affairement des lobbies et la démission des États.  La Bolivie a rappelé son refus sans appel du contenu de l’accord, qu’elle a souhaité voir notifier. Elle a montré son attachement au processus onusien et affirmé que le multilatéralisme, tant vanté par les puissants, ne saurait signifier alignement, chantage et soumission.

D’ici la prochaine étape à Durban, en Afrique du Sud, nous avons à construire, avec des coalitions comme CJN ! (Climate Justice Now !) à laquelle appartient ATTAC avec le fédération internationale des Amis de la Terre et l’internationale paysanne Via Campesina, les mobilisations et le rapport de force nécessaires pour sortir de l’impasse un processus qui, en l’état, ne répond pas aux défis de la crise climatique et de ses conséquences, sociales, écologiques, politiques.


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Lettre ouverte aux gouvernements réunis à la COP16 de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) à Cancun

28 novembre 2010

Les peuples et communautés de tous les pays du Sud ont besoin de centaines de milliards de dollars chaque année pour faire face aux impacts des changements climatiques, s’adapter et construire des voies de développement alternatives. Le prix à payer pour compenser les dommages passés, présents et futurs causés par les changements climatiques ne fera qu’augmenter, et cela d’autant plus si les pays industriels n’adoptent pas les mesures nécessaires pour amorcer une transition juste vers des économies équitables, non basées sur les énergies fossiles.

Nous appelons les gouvernements du monde entier à tenir leurs obligations pour garantir que les ressources publiques nouvelles et additionnelles soient disponibles dès à présent et de manière à ce que celles-ci respectent le principe de la responsabilité historique, n’augmentent pas la charge de la dette, et soient libres de toute politique de conditionnalité.

Nous demandons à ce que soit créé un Fonds Mondial pour le Climat sous l’autorité de la CCNUCC, institution qui fonctionne sur une structure de gouvernance équitable, qui accorde la priorité à la participation des communautés affectées, qui opère en toute transparence de façon démocratique, participative et responsable, sans demander de contrepartie, et qui garantit un accès direct au financement.

La Banque mondiale et autres banques multilatérales de développement ne doivent pas se voir attribuer un quelconque rôle dans l’élaboration ou la gouvernance du nouveau Fonds Mondial pour le Climat, ni dans la gestion des financements pour le climat. Sa nature, structure, ses expériences, et ses politiques sont en totale contradiction avec ce que devraient être les principes de financements justes et effectifs pour le climat, et la structure et le fonctionnement de ce nouveau fonds.

- La Banque Mondiale est une institution de crédit qui impose depuis longtemps des politiques et programmes de conditionnalité aux pays du Sud et leur population à travers ses prêts. Accorder une place à la Banque mondiale dans les financements pour le climat induirait qu’une large part de ces financements se fassent sous forme de prêts, et très probablement s’accompagne de conditionnalités.

- Les structures de gouvernance de la Banque mondiale ne sont pas démocratiques, avec une sur-représentation des pays riches et industrialisés. Le Fonds Mondial pour le Climat devrait avoir une majorité de représentation des pays du Sud au sein de sa structure de gouvernance puisqu’ils représentent la majorité du monde et sont les plus affectés par les changements climatiques.

- La Banque mondiale a une longue expérience de sape en matière de droits humains et d’intégrité écologique. Par exemple, en 2010, la Banque mondiale a financé à hauteur de 6,3 milliards de dollars -chiffre record- des projets d’énergies fossiles, soit une augmentation de 138% par rapport aux années passées. Une institution qui a activement encouragé les politiques à l’origine du réchauffement climatique ne doit pas se voir confier un quelconque rôle dans le financement mondial pour le climat. Au contraire, il est temps de pousser à l’arrêt de telles politiques et pratiques, dont notamment toutes les fausses solutions promues activement par la Banque mondiale actuellement.

- La Banque mondiale promeut activement les intérêts du secteur privé et des marchés de capitaux privés sur les intérêts publics. Les financements pour le climat doivent être utilisés au service de l’intérêt public et non pour promouvoir les profits des acteurs privés et la marchandisation de la nature. Ces fonds doivent provenir de ressources publiques et ne doivent pas dépendre de programmes basés sur le marché que ce soit pour la création ou le fonctionnement de ce fonds. Des instruments innovants sont déjà à notre portée pour lever des ressources publiques, tels que réorienter les subventions sur les énergies fossiles et les dépenses militaires, et ponctionner les transactions financières.

Nous vous appelons, gouvernements du monde entier, à laisser la Banque mondiale et autres banques multilatérales de développement en dehors du nouveau Fonds Mondial pour le Climat, et des financements pour lutter contre les changements climatiques.

Signataires :

Organisations et réseaux internationaux :

350.org

ActionAid

Friends of the Earth International

Global Anti-Incinerator Alliance (GAIA)

Grassroots International

International Federation of Hawkers and Urban Poor

International Trade Union Confederation (ITUC)

International Youth and Student Movement for the United Nations (ISMUN)

Jubilee South

LDC Watch

Marianists International

NGO Jeunes Volontaires pour l’ Environnement-International

Oil Change International

People’s Health Movement

Society for Threatened Peoples International

Transnational Institute

Organisations et réseaux régionaux :

Alternatives Asia

Amigos de la Tierra – América Latina y el Caribe (Friends of the Earth Latin America / Caribbean)

Campaña Mesoamericana para la Justicia Climática – Mesoamerican Campaign for Climate Justice

Charter of Human Responsibilities – Asia

Corporate Europe Observatory

European Network on Debt and Development (EURODAD)

Federación de Amigos de la Tierra (Friends of the Earth Federation)

Focus on the Global South

Iniciativa contra los Agronegocios – America Latina

JS-Asia/Pacific Movement on Debt and Development

Jubileu Sul / Américas – Jubilee South / Americas

Pan African Climate Justice Alliance (PACJA)

South Asian Alliance for Poverty Eradication (SAAPE)

South Asian Dialogues on Ecological Democracy (SADED)

Organisations et réseaux nationaux :

ASIA

BANGLADESH

Bangladesh Jatiyo Sramik Jote

Bangladesh Krishok Federation

Coastal Association for Social Transformation Trust (CoasTRUST) – Bangladesh

Coastal Development Partnership (CDP) – Bangladesh

Community Development Friend (CDF) – Bangladesh

Community Development Library – Bangladesh

EquityBD – Bangladesh

HumanityWatch – Bangladesh

ISDE- Bangladesh

Participatory Reserach and Development Initiative (PRDI) – Bangladesh

SUPRO – Bangladesh

VOICE – Bangladesh

HONGKONG

Justice, Peace and Integrity of Creation of the Missionary Society of St Columban – Hongkong

INDIA

Abasan Jeebika Raksha Sangram Committee- India

All India Bank’s Deposit Collector’s Federation

Bharat Jan Vigyan Jatha – India

Calcutta Hawker’s Men’s Union – India

Environics Trust – India

EQUATIONS – India

Himalaya Niti Abhiyan – India

Humanity Watch – India

Indian Social Action Forum – India

Intercultural Resources Delhi – India

Janapriya Bazar Hawker Sangram Committee- India

mines, minerals and People (mmP) – India

National Forum of Forest People & Forest Workers – India

National Hawkers Federation – India

Sanitary, Pipe & Painting Workers Union – India

Pannya Paribahan Sangram Samity – India

United Investors Forum – India

INDONESIA

Institute for Essential Services Reform

Koalisi Anti Utang – Indonesia

KruHA (People’s Coalition on Rights to Water) – Indonesia

Sari – Solo Indonesia

Serikat Buruh Indonesia (Indonesia Labour Union-SBI)

Serikat Nelayan Indonesia (Indonesia Fisherfolk Union-SNI)

Serikat Tani Merdeka (SETAM)- Indonesia

Solidaritas Perempuan – Indonesia

Suluh Muda Indonesia (SMI)– North Sumatra

JAPAN

ATTAC – Japan

Jubilee Kanasai Network – Japan

KOREA

Energy and Climate Policy Institute for Just Transition (ECPI) – Korea

KYRGYZSTAN

Citizens against Corruption – Kyrgyztan

MALAYSIA

Monitoring Sustainability of Globalisation (MSN) – Malaysia

NEPAL

All-Nepal Peasant Federation (ANPFa)

National Alliance for Human Rights and Social Justice – Nepal

Rural Reconstruction Nepal

GEFONT – Nepal

Jagaran – Nepal

PAKISTAN

AWAMI Party Pakistan

CADTM – Pakistan

Labour Party Pakistan

Pakistan Fisherfolk Forum

Pakistan Kissan Rabita Committee

PHILIPPINES

Aksyon Klima – Pilipinas (Climate Action – Philippines)

Aniban ng mga Manggagawa sa Agrikultura (Union of Agricultural Workers –AMA) –Philippines

Bukluran ng Manggagawang Pilipino (Solidarity of Filipino Workers-BMP)-Philippines

Bukluran Student Alliance – PLM -Philippines

Ecological Society of the Philippines

Envi-Watchers and Movers – Philippines

Faith-based Congress against Immoral Debts (FCAID)-PhilippinesFreedom from Debt Coalition (FDC) – Philippines

Institute for Climate and Sustainable Cities (ICSC) – Philippines

KAISA – Nagkakaisang Iskolar para sa Pamantasan at Sambayanan (United Scholars for the University and the People) – UP Diliman -Philippines

KAISA KA (Unity of Women for Freedom) – Philippines

Kilusan para sa Pambansang Demokrasya (Movement for Nationalism and Democracy-KPD) – Philippines

Koalisyon ng Pabahay sa Pilipinas (KPP)-(Coalition for Housing Rights-Philippines)

MAKABAYAN-Pilipinas

Manggagawa para sa Kalayaan ng Bayan (Workers for National Democracy- MAKABAYAN) – Philippines

Philippine Movement for Climate Justice (PMCJ)

Sagip Sierra Madre Environmental Society, Inc. (SSMESI) – Philippines

SANLAKAS – Philippines

Sarilaya –Philippines

Sibuyan Island Sentinels League for Environment Inc. (Sibuyan ISLE) – Philippines

Xaverian Missionaries- Philippines

Youth for Nationalism and Democracy (YND) – Philippines

SINGAPORE

Environmental Challenge Organisation –Singapore

THAILAND

Tourism Investigation & Monitoring Team (TIM-Team) – Thailand

LATIN AMERICA and the CARIBBEAN

ARGENTINA

ATTAC – Argentina

Diálogo 2000 – Argentina (Dialogue 2000 – Argentina)

BRAZIL

Amigos da Terra Brasil (Friends of the Earth Brazil)

FASE – Solidarity and Education – Brazil

Fórum Mudanças Climáticas e Justiça Social – Brasil (Brazil Forum on Climate Change and Social Justice)

Instituto Políticas Alternativas para o Cone Sul – PACS (Institute of Alternative Policies for the Southern Cone PACS) – Brazil

Jubileu Sul Brasil – Jubilee South Brazil

Rede Brasil sobre Instituições Financeiras Multilaterais – Brazil Network on Multilateral Financial InstitutionsSindicato dos Professores de Nova Friburgo e Região (Union of Professors, Nova Friburgo and Region, Rio de Janeiro, Brasil)

COSTA RICA

Red Costarricense de Agendas Locales de Mujeres RED CALM ACAMUDE (Costa Rican Network of Local Women´s Agendas)

COLOMBIA

Reta Tu Lado Verde! – Colombia

EL SALVADOR

Unidad Ecológica Salvadoreña UNES – Salvadoran Ecological Unit UNES – El Salvador

HAITI

Batay Ouvriye – Haití

HONDURAS

Bloque Popular Honduras (Popular Block Honduras)

MEXICO

Red Mexicana de Accion frente al Libre Comercio (RMALC) – Mexico

Otros Mundos AC/Amigos de la Tierra México (Other Worlds / Friends of the Earth Mexico)

PANAMA

FRENADESO – Panamá (National Front on Economic and Social Rights – Panama)

VOCES ECOLÓGICAS (Ecological Voices) – Panama

AFRICA

GHANA

Abimbimman Foundation – GhanaAfrican Youth Initiative on Climate Change (AYICC )- Ghana

Centre for Youth Development Advocacy (CYDA) – GhanaGhana National Youth Coalition on Climate Change (GNYCCC)

KENYA

Daughters of Mumbi Global Resource Center – Kenya

Jesuit Hakimani Centre – Kenya

Kenya Debt Relief Network – KENDREN

MOROCCO

Moroccan Youth Climate Coalition (MYCC)

SENEGAL

Third World Forum – Senegal

SOUTH AFRICA

Centre for Civil Society Environmental Justice Project – South Africa

Climate Justice Now! – South Africa

Cooperative and Policy Alternative Center (COPAC) – South Africa

Earthlife Africa Cape Town – South Africa

Economic Justice Network of the Fellowship of Christian Councils – South Africa

Institute for Zero Waste – South Africa

Jubilee South Africa

Renewable Energy Centre– South Africa

South Durban Community Environmental Alliance – South Africa

Southern Africa’s People’s Solidaritary Network (SAPSN)

Surplus People Project – South Africa

Timberwatch Coalition – South Africa

Trade Strategy Group – South Africa

Zwartkops Conservancy – South Africa

ZIMBABWE

Zimbabwe Coalition on Debt and Development (ZIMCODD)

EUROPE

AUSTRIA

Begegnungszentrum fuer aktive Gewaltlosigkeit (Center for Encounter and Active Non-Violence) – Austria

ECA Watch – Austria

BELGIUM

11.11.11 – BelgiumCADTM – Belgium

FRANCE

Action Consommation –France

AITEC-IPAM – France

Alter Ekolo –France

ATTAC – France

CADTM -France

Friends of the Earth – France

World Forum for Alternatives – France

GERMANY

ATTAC – Germany

FDCL – Berlin – Germany

NaturFreunde Deutschlands

ROBIN WOOD– Germany

URGEWALD – Germany

Zukunftskonvent – Germany

World Economy, Ecology and Development – Germany

HUNGARY

ATTAC – Hungary

IRELAND

East Cork For a Safe Environment – Ireland

ITALY

A Sud – Italy

Campagna per la Riforma della Banca Mondiale (CRBM) – Italy

Comitato Italiano per il Contratto Mondiale per l’Acqua (CICMA) – Italy

Fair – Italy

Forum Italiano dei Movimenti per l’Acqua – Italy

Mani Tese – Italy

Servizio Civile Internazionale – Italy

NORWAY

The Development Fund – Norway

RUSSIA

Russian Far East NGO BROC

SPAIN

ATTAC – Spain

Ecologistas en accion

Verdegaia – Spain

SLOVENIA

Sissi Siko – Slovenia

SWEDEN

Forum Syd

SWITZERLAND

Aktion Finanzplatz Schweiz – Switzerland

La Coordination Climat et Justice Sociale de Genève Suisse – Switzerland

Le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde de Suisse – Switzerland

UNITED KINGDOM

Jubilee Debt Campaign – UK

People & Planet – UK

Platform – UK

Share The World’s Resources (STWR) – UK

The Corner House – UK

World Development Movement – UK

NORTH AMERICA

CANADA

Council of Canadians

KAIROS: Canadian Ecumenical Justice Initiatives

Polaris Institute – Canada

UNITED STATES

Advocates for Environmental Human Rights – USA

Amazon Watch – USA

Cascade Climate Network – USA

Crude Accountability – USA

EcoEquity – USA

Green Delaware – USA

Holy Spirit Missionary Sisters – JPIC – USA

Institute for Agriculture and Trade Policy

Institute for Policy Studies – Sustainable Energy and Economy Network – USA

Jubilee San Diego – USA

Jubilee USA Network

Labor/Community Strategy Center and Bus Riders Union – USA

Leadership Conference of Women Religious – USA

Little Village Environmental Justice Organization – USA

Maryknoll Office for Global Concerns– USA

New York Climate Action Group – USA

Rainforest Action Network – USA


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Ce vendredi à 13h des militants de la justice climatique ont organisé une action devant l’entrée de la plénière pour exprimer la voix des exclus de la conférence


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Cancun: La colère montre contre le rôle de la Banque Mondiale dans les financements climat


CANCUN, MEXIQUE – Alors que les discussions sur les financements climat de long-terme chauffent aujourd’hui à Cancun, des activistes du monde entier condamnent les tentatives des pays riches de tailler un rôle spécial pour la Banque Mondiale dans la gestion de ces fonds.

Les activistes sont furieux de voir que la Banque Mondiale est promue comme canalisateur des financements climat. Ils insistent sur le fait que cette institution continue de financer des projets d’industries fossiles désastreux pour l’environnement pour un montant de $6.6 milliards sur l’année dernière seulement, il ne s’agit donc pas des bonnes mains à qui confier les fonds de la lutte contre le changement climatique. Ils se réfèrent aussi à l’histoire récente de la Banque imposant des prêts pour les financements climat, créant de nouvelles dettes pour les pays déjà appauvris, accroissant le rôle du secteur privé et imposant des conditions concernant les politiques économiques qui conduiront à une augmentation des inégalités.

La coalition de divers groupes de pays développés et en développement a lancé aujourd’hui une nouvelle campagne “La Banque Mondiale, hors des financements climat” appelant les gouvernements à faire résistance à tout rôle de l’institution dans les financements climat. Ils sont particulièrement en colère contre la version initiale du texte de négociations, dans laquelle la Banque Mondiale a été invitée à servir de garant intérimaire d’un nouveau Fonds mondial climat – et potentiellement de secrétariat.

En guise de réponse, 200 organisations du monde entier, dont Jubilee South, Friends of the Earth International et la Pan African Climate Justice Alliance ont signé une lettre ouverte aux gouvernemements qui participent aux négociations de Cancun, affirmant que la nature, la structure, le bilan et les politiques de la Banque Mondiale et d’autres banques de développement étaient en contradiction avec ce que devrait être les principes de financements climat justes et efficaces.

Ian Rivera, de la Freedom from Debt Coalition (FDC) – Philippines, a dit: “Il est scandaleux que la Banque Mondiale soit imposée aux pays en développement. Les populations des pays en développement ne veulent pas travailler avec la Banque Mondiale pour accéder aux fonds nécessaires pour le climat. Compte tenu de leur amère expérience, ils savent que la Banque Mondiale augmentera leurs dettes et la pauvreté, et sapera les droits humains et leur indépendance. C’est pourquoi nous avons lancé une nouvelle campagne pour empêcher la Banque Mondiale d’être imposée aux pays en développement qui ont besoin de financements climat pour faire face au changement climatique”.

Les activistes sont également en colère de ne pas pouvoir faire campagne contre la Banque Mondiale à l’intérieur des négociations onusiennes. On leur a dit qu’aucune autorisation ne serait accordée pour toute manifestation mentionnant la Banque Mondiale, ils sont donc obligés de marcher et de protester en dehors du centre de conférence.

Muhammad Reza, de KRUHA (People’s Coalition for the Right to Water)-Indonésie, a dit: “Nous ne sommes pas même autorisés à murmurer le nom de la Banque mondiale de manière négative à l’intérieur des Nations Unies. Cela revient à réduire au silence la société civile dans un espace où la voix de la société civile doit être entendue et écoutée”.

On pense que le gouvernement du Royaume-Uni joue un rôle clé dans la pression pour que la Banque Mondiale prenne le rôle de gestionnaire des financements climat, et fournit 80% de ses financements climat au travers de la Banque Mondiale, dont 60% sous forme de prêts à des pays en développement.
Kirsty Wright, du World Development Movement, dit: “Les pays donateurs, en particulier le Royaume-Uni, poussent de manière injuste pour que les financements climat soient canalisés sous forme de prêts par la Banque Mondiale. Les pays riches imposent de manière anti-démocratique la Banque Mondiale dans ces négociations. Le texte des négociation en cours va plus loin que l’Accord de Copenhague en invitant spécifiquement la Banque Mondiale à devenir la gestionnaire des financements climat. On ne peut pas faire confiance à la Banque Mondiale sur les financements climat car elle est un leader concernant les investissements dans les énergies fossiles, comme les centrales énergétiques à charbon. C’est absolument scandaleux, et nous nous y opposerons fortement avec nos alliés du monde entier”.

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 DATE: Mercredi 8 décembre – HEURE: rassemblement 9h30, marche à 10h – LIEU: A partir du Palais Municipal (Cancun, Mexico)

Avec Ricardo Navarro – Friends of the Earth El Salvador, Beverly Keene – Jubilee South Americas, Primo Rivera-Freedom From Debt Coalition et des intervenants de communautés affectées à travers le monde par la Banque Mondiale.
Marche jusqu’au Km 0 et retour à la mairie à 11h30 où une pinata géante en forme de cochon représentant la Banque Mondiale sera battue.


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Des manifestations à l’intérieur et à l’extérieur du sommet de la COP-16 révèlent les défaillances du processus des COP 

Faisons respecter l’Accord des Peuples de Cochabamba comme un chemin vers de vraies solutions.Le Réseau environnemental indigène (Indigenous Environmental Network) et l’Alliance des mouvements de base pour la justice globale (Grassroots Global Justice Alliance) ont marché avec des milliers de personnes dans les rues de Cancun pour exiger le respect des droits des populations indigènes et le rejet de REDD.

Cancún, Q. Roo, Mexique, le 7 décembre 2010 –

Alors que des milliers de personnes ont manifesté aujourd’hui en parallèle du sommet de la COP 16 pour condamner les fausses solutions et les accords secrets qui sont poussés dans les négociations, des actions de solidarité se sont déployées dans plus de 100 villes à travers le monde. La marche était organisée par La Via Campesina, la plus grande fédération mondiale de paysans et de petits agriculteurs, et était l’action phare de la journée mondiale d’action des 1000 Cancuns pour la Justice Climatique.

Une grande diversité d’organisations, mouvements sociaux, représentants de populations indigènes, paysans, jeunes, communautés affectées par le changement climatique ont appelé à des mobilisations à travers le monde en faveur de solutions au réchauffement climatique qui soient basées sur les connaissances traditionnelles des populations indigènes, des pratiques fondées sur les savoirs des communautés, sur les droits humains et les droits de la nature.

Simultanément, la conférence de presse accueillie par le Global Justice Ecology Project et organisée par La Via Campesina, le Indigenous Environmental Network et Friends of the Earth International s’est transformée en action spontanée alors que les intervenants exprimaient leur colère sur la direction prise par les négociations climatiques à Cancun. A l’issue de la conférence de presse, des militants de Youth 4 Climate Justice et de Grassroots Global Justice ont mené la manifestation hors des négociations climatiques.

Anne Petermann du Global Justice Ecology Project a ouvert la conférence de presse en évoquant le nom de Lee Kyung Hae, le paysan Sud Coréen et membre de La Via Campesina qui s’est donné la mort lors des mobilisations contre l’Organisation Mondiale du Commerce ici en 2003 en portant une pancarte “L’OMC tue les paysans”. “Nous combattions alors l’OMC”, a dit A. Petermann. “Aujourd’hui nous devons combattre l’Organisation Mondiale du Commerce du Carbone”.

Tom Goldtooth, le directeur exécutid du Indigenous Environmental Network, a expliqué pourquoi tant de personnes à travers le monde s’engageaint dans des actions. “Il est clair que les fausses solutions proposées à cette COP-16 et lors des COP précedentes sont utilisées pour créer des marchés et générer des capitaux, dans aucune considération pour la préoccupation fondamentale de réduire les émissions. L’Accord des Peuples de Cochabamba demeure une déclaration des peuples du monde contre la marchandisation de notre climat, de notre air, de nos forêts, de notre eau et de notre existence même en tant qu’Humanité, mais il a été effacé unilatéralement dans le texte actuel de négociations. En tant que peuples indigènes, mouvements sociaux et populations affectées, nous rejetons les mécanismes de marché carbone de REDD”.

Mari Rose Taruc, du Asia Pacific Environmental Network et de la Grassroots Global Justice Alliance, a décrit la situation à laquelle fait face sa communauté de Richmond, Californie, vivant à l’ombre d’une raffinerie géante de Chevron. “Nos communautés sont déjà en train de mourir à cause de la pollution. Malheureusement, le processus de l’ONU se concentre sur les mécanismes basés sur le marché, qui permettront à des firmes telles que Chevron d’acheter des compensations au lieu de réduire leurs émissions à la source, créant encore davantage de points toxiques dans les pays en développement”.

Des représentants des pays de l’ALBA, Miguel Lovera, Conseiller en chef du Paraguay, et Paul Oquin du Nicaragua, ont également exprimé leur solidarité avec les populations et condamné la dynamique des pays développés d’éviter leurs responsabilités et la reconnaissance de leur dette climatique.

“Nous sommes ici en tant que jeunes de communautés affectées pour s’assurer que nos voix soient entendues et respectées” a dit Kari Fulton, membre fondatrice de Youth 4 Climate Justice. Fulton a poursuivi: “Que vous viviez dans une forêt ou que vous viviez dans un quartier, vous serez affectés par les fausses solutions. Et REDD, REDD+, REDD++, sont de fausses solutions qui créeront un marché des forêts aux dépens des droits humains et de l’environnement. Nous sommes ici pour dire que nous voulons protéger les droits de la Terre Mère et la voix des populations”.

A l’issue de la conférence de presse, des activistes de Youth for Climate Justice et de la Grassroots Global Justice Alliance ont mené la protestation en dehors de la conférence de presse vers l’entrée du bâtiment, où sur les marches l’ambassadeur bolivien Pablo Solon a parlé à la foule et aux médias rassemblés.

Solon a affirmé, “Ce qui est le plus important c’est la lutte des populations et leurs revendications de vraies solutions au changement climatique…. Chaque année, 300 000 personnes meurent à cause de catastrophes naturelles dues au changement climatique. Cela ira jusqu’à des millions si nous n’arrivons pas, ici, à un vrai accord au lieu d’un Cancun-hague”.

Les jeunes activistes sont sortis pour dénoncer haut et fort l’inaccessibilité et la nature injuste des négociations, et exprimé leur colère face de s’être vus refuser constamment l’autorisation de mener une manifestation de la délégation de jeunes sur le sol de l’ONU. Alors que les jeunes s’éloignaient, ils ont été abordés par la sécurité de l’ONU, démunis de leurs badges, mis dans des bus et expulsés de la conférence sur le climat.

Tom Goldtooth, Pablo Solon et d’autres délégués ont réussi plus tard à rejoindre l’Assemblée des peuples pour la justice écologique et environnementale, forte des 1000 autres initiatives, qui s’est tenue dans la rue à moins de 4 kilomètres de la conférence officielle sur le climat.

Notes:

Indigenous Environmental Network (IEN) is a network of Indigenous Peoples empowering Indigenous Nations and communities towards sustainable livelihoods, demanding environmental justice and maintaining the Sacred Fire of our traditions.

IEN has brought 17 indigenous leaders to Cancun as part of the Grassroots Solutions for Climate Justice — North America Delegation uniting representatives from fossil fuel impacted communities who are on the frontlines of solving the climate crisis. To book interviews or get further background information on North American climate justice organizing contact the IEN Media Hotline:

Photos available atby Orin Langelle, Global Justice Ecology Project, and the Indigenous Environmental Network Media Team.

 

 

 

 

 

http://redroadcancun.org http://grassrootsclimatesolutions.org


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 Résumé de la première semaine

La première semaine de négociations s’est terminée, c’est donc un bon moment pour faire le bilan des nouveaux développement dans les négociations concernant les Mécanismes de Développement Propre (MDP) et les nouveaux mécanismes de marché. 

Source: Par Payal Parekh, International Rivers

Samedi, les présidents des deux pistes de négociation ont sorti de nouveaux textes. Une piste couvre le Protocole de Kyoto, qui se concentre sur des cibles de réduction des émissions pour les pays développés dans la période post-2012, alors que la première période d’engagements du Protocole de Kyoto prendra fin. L’autre piste vise à assurer que les Etats-Unis poursuivent un effort comparable, puisqu’ils n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto, et cherche aussi à étendre la portée du Protocole. En outre, la branche technique du bureau des Nations Unies sur le Climat fait également des recommantions. Comme vous pouvez l’imaginer, il y a beaucoup de réunions qui se déroulent en parallèle!

 

Un développement très alarmant est qu’il semble que les pays se mettent d’accord pour inclure la capture et le stockage du carbone comme un type de projets éligible dans les MDP, à condition que les problèmes techniques en suspens soient réglés. Les MDP peuvent seulement inclure des types de projets qui sont sûrs et ne nuisent pas à l’environnement. Ce n’est ni l’un ni l’autre, mais le corps technique des Nations Unies sera mis sous une intense pression pour “résoudre” ces questions.

Sur une note plus joyeuse, il semble que le transfert du surplus d’unités de réduction d’émissions (voir Time to Get Rid of All that Hot Air) des pays d’Europe de l’Est sera limité. Compte tenu de l’effondrement de ces économies, leurs émissions ont considérablement diminué après la chute du mur. La somme des surplus équivaut à environ un tiers des promesses actuelles de réduction d’ici 2020 faites par les pays développés. Bien sûr les ONG voudraient qu’aucune de ces unités de surplus ne soit transférée, mais c’est un avancement prometteur qu’une limite soit fixée au montant des transferts.

 

Le bureau exécutif du MDP sera probablement mandaté pour développer des lignes de conduite pour des bases standardisées. Ce n’est pas clair si cela sera meilleur que le système actuel. Heureusement la société civile, de même que les Parties, a l’opportunité de soumettre des commentaires jusqu’à fin mars. International Rivers regardera de près ce que cette option signifie concernant les prjets hydroélectriques.

Les nouveaux textes ne fixent pas de grosses limites à la quantité de compensation que les pays développés peuvent utiliser pour atteindre leurs objectifs de réduction des émissions. Comme auparavant, il y a le concept imprécis de supplémentarité, qui laisse aux pays le soin de décider quel pourcentage d’effort est “supplémentaire” aux réductions d’émissions domestiques. Un pays comme les Pays-Bas a interprété cela comme siginifiant que la compensation pouvait être utilisée pour 49% de son effort!

Concernant les nouveaux mécanismes, le texte demande à ce qu’une décision soit prise à la fin 2011 lors de la prochaine réunion à Durban, Afrique du Sud. Dans une dynamique positive, la société civile a l’opportunité de soumettre des commentaires sur le marché ainsi que sur les mécanismes non basés sur le marché.

Les solutions innovantes non basées sur le marché incluent un fonds pour traiter du HFC-23, un puissant gaz nocif émis lots de la fabrication de réfrigérants. Cela ressemble à la façon dont la communauté mondiale s’est occupée des CFCs dans le cadre du Protocole de Montréal. Une autre bonne idée est de soutenir les prix préférentiels garantis, qui aident à rendre les énergies renouvelables telles que le solaire capables de concurrencer les technologies conventionnelles de génération d’énergie comme le charbon.

Restez connectés pour suivre les prochains développements à Cancun. International Rivers suit les négotiations de près et poussent avec nos partenaires pour des réformes majeures.


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Les négociations ne peuvent continuer si les pays développés ne remplissent pas leurs engagements sur la prochaine période du PK (Protocole de Kyoto) / Conférence de presse du 3 décembre 2010.

Pablo Solon: conférence de presse convoquée pour partager notre vision et évaluation de la première semaine de la COP 16. Nous allons faire un bref résumé à la fois sur le fond et sur le processus.

Contenu : malheureusement au 5ème jour, peu de questions importantes traitées, c’est-à-dire les questions clés concernant la réduction des GES (gaz à effet de serre). Nous avons une incertitude totale sur la poursuite d’une seconde période du PK. Ce n’est pas acceptable. Nous ne pouvons pas nous distraire avec des questions secondaires, qui bien qu’importantes ne sont pas au centre de ces négociations.

Des pays ont affirmé ouvertement qu’ils ne soutiendront pas une seconde période du PK. D’autres, moins transparents, disent qu’ils le feront si l’on commence également un autre protocole. C’est comme dire « si tu veux continuer à être marié avec moi, tu dois être d’accord pour que j’ai une seconde femme ». Il n’est pas possible de conditionner l’existence du PK à l’acceptation par les autres parties de l’ouverture d’un autre protocole. Une fois que la seconde femme existe, évidemment la première relation se termine. Le sujet de cette négociation est le PK, c’est pourquoi nous sommes ici avec la Dominique, le Nicaragua, l’ALBA pour exprimer ensemble notre position.

Claudia Salerno, Venezuela: Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’échouer ici à Cancun.

Nous avons un engagement plus grand et profond, celui de sauver notre planète et nos populations. Nos pays continuent de souffrir des effets du changement climatique. Il est nécessaire de remercier les durs efforts du Mexique pour rassembler les Parties après cette terrible nuit à Copenhague. Nous sommes venus avec espoir grâce à leurs efforts. Mais nous avons l’obligation de dire ce qui se déroule ici. Ce n’est pas la faute de la Présidence mexicaine.

Je sors juste d’une réunion informelle, lors de laquelle nous devions discuter des engagements des pays concernant Kyoto. Plusieurs pays ont dit qu’il n’y avait absolument aucune possibilité de seconde période du PK. Ils ont dit que le seul moyen d’aller vers l’avant était qu’ils puissent envoyer un signal de ce qu’ils vont faire. Nous n’avons pas besoin de signaux, nous avons besoin d’engagements. Ils sont en train de répéter, de façons extrêmes, ce que nous avons vu lors de cette nuit horrible à Copenhague. Nous sommes venus ici de manière constructive, pour trouver des pistes, regardant ce que nous pouvions faire nous-mêmes sur l’atténuation, la transparence, mais l’autre côté a choisi d’aller à la plage, parce qu’ils ne sont prêts à prendre aucun engagement.

Ces pays nous menacent de ne pas remplir le PK si nous ne prenons pas d’engagements. Nous ne négocions pas des lois ici, nous les mettons en œuvre. Nous ne les y avons pas forcés, ils ont prix eux-mêmes ces engagements. Dans notre position nous n’y arriverons pas. Nous voulons des résultats qui soient bons pour tous, mais nous nous sentons très frustrés et voulons dire maintenant avant que nous ne produisions le texte demain, que nous devons utiliser les heures restantes pour avancer et changer la position de ces pays.

Nous ne nous vendrons pas, il n’y a pas d’argent qui puisse acheter la mort de quiconque dans le monde. C’est un engagement vis-à-vis de nos populations. Nous espérons que ces heures soient décisives. L’ALBA est venue avec un engagement à travailler, mais ne voit aucun engagement de leur côté. Ils veulent donner des signaux, des signaux de fumée, à peine assez forts pour faire autant de fumée qu’une cigarette. Il n’y a aucun droit qui permette à une poignée de pays de détruire la planète. Nous voulons travailler avec eux mais pas de cette façon où l’on attend de nous que l’on plie sur tout. Un accord positif à Cancun doit continuer avec le protocole de Kyoto, peut construire à partir de lui, mais ne peut pas le détruire. Il y a des pays qui ont montré leur souhait de poursuivre, et d’autres qui font reculer tout le monde. Nous n’accepterons pas de signaux, car cela signifie la fin de la planète.

Nicaragua : Cette position a été soutenue par l’Afrique, les pays Arabes, certains BASIC et le G77 que s’il doit y avoir quelques avancées c’est une seconde période du PK qui doit rester.
Alex Morales, Bloomberg: Sans second engagement, c’est très difficile d’avoir un accord équilibré selon le G77 et la Chine.

Michael McArthy, Independent: Vous avez suggéré que cela n’atteignait pas les 5 pays, mais lesquels? Russie, Canada et Australie?

Pablo Solon: Le nouveau texte doit avoir une seconde période d’engagement du PK. Le document qui paraîtra demain devra être clair là-dessus. Ne donnera pas de noms.

Eric Lineman, Washington media: Si cela n’est pas dans le document demain, que ferez-vous?

* *

Pablo Solon: Ne peux pas dire quelles mesures. Tout ce que je peux dire est que refuser une seconde période d’engagements est inacceptable.

* *

Pablo Solon: Il est temps de chercher une voix constructive donc ne va pas commencer ici un “jeu de blâmes”. Cela sera su bien assez vite, mais il y a encore une chance pour ces pays d’êtres plus constructifs.

Gerard Win, Reuters: Est-ce qu’il y a une chance que vous quittiez la conférence?

Claudia Salerno : Nous n’avons jamais quitté la conférence même aux pires heures de Copenhague. Nous voulons un document de 192 pays. Nous devons être tous ensemble.

John Vidal, Guardian: Soutien des LDCs et des AOSIS, dites-nous qui sont vos amis?

L’Equateur croit en des changements profonds, besoin d’avancer multilatéralement.

La Présidence a mis en avant des propositions pour atteindre un résultat positif.

Nicaragua : Toute l’Afrique a soutenu la position du Vénézuéla de nécessité de continuation de Kyoto seconde période, ainsi que les pays arabes, et ça a été la position du G77.

Angelica, La Jornada: Accusation que l’ALBA est plus idéologique qu’autre chose

Pablo Solon: Nous avons une position qui est légale et juridique cad que nous exigeons que les pays qui ont ratifié le PK s’engagent à une seconde période. Nous avons retardé cette décision pendant longtemps. Cette négotiation a commencé en 2005 et devrait avoir été approuvée l’année dernière pour permettre l’adoption par les Parlements. Si nous la retardons encore, cela n’arrivera pas. Donc l’ALBA n’est pas idéologique, mais veut juste que les pays développés se mettent en conformité avec la loi et leurs engagements internationaux contraignants liés au traité international.


—————————————————–
PLURINATIONAL GOVERNMENT OF BOLIVIA IN CANCUN

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La société civile appelle à un processus démocratique et transparent , 4 decembre 2010
Alors que cette année a vu des millions de personnes affectées par les impacts négatifs du changement climatique à travers le monde, la tâche de la CNUCC de réduire immédiatement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre n’a jamais été aussi urgente. Les scientifiques constatent de manière constante la réduction rapide des opportunités qui permettraient encore d’agir afin d’affronter ce problème global de manière efficace.

Pour cette raison, nous, les organisations signataires ci-dessous, appelons à un processus démocratique, transparent et participatif lors des négociations de l’ONU sur le changement climatique, conduisant à des résultats à l’issue de Cancun qui soient équilibrés, équitables et basés sur la science pour mettre en œuvre la Convention des Nations Unies sur le Climat et les engagements juridiquement contraignants des pays industrialisés à réduire leurs émissions sous le Protocole de Kyoto.

Cancun doit atteindre un résultat ayant une légitimité à travers un processus juste et démocratique, mais nous voyons déjà des nuages noirs se former à l’horizon.

Le processus doit éviter la conduite excluante, non-transparente et anti-démocratique de la Conférence sur le Climat de décembre 2009 à Copenhague, qui a fini dans l‘acrimonie, a sapé la confiance et a mené à l’Accord controversé de Copenhague.

L’Accord, produit par un groupe exclusif de 28 pays sélectionnés par le Gouvernement danois, et présenté sur un mode « à prendre ou à laisser » dans les dernières heures de la conférence, est illégitime et, selon le secrétariat de l’ONU sur le Climat lui-même, n’a pas de statut [1]. Les scientifiques ont confirmé que ses promesses pourraient conduire à un réchauffement allant jusqu’à 4 degrés, conduisant à des impacts catastrophiques sur les populations et les écosystèmes du monde entier, ainsi qu’à un changement climatique irréversible [2 ].

Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles le gouvernement mexicain aurait invité un nombre limité de chefs d’Etat à Cancun. Nous dénoncerons toute tentative de recourir à un processus en groupe réduit avec des chefs d’Etat sélectionnés pour avancer les intérêts d’une poignée de pays aux dépens de tous les autres.

Nous sommes préoccupés par les indications selon lesquelles la Présidence mexicaine a déjà convié de petits groupes de pays en parallèle des négociations officielles, sans aucune transparence, et essaiera peut-être de relier les deux pistes de négociations, au risque d’un exode hors du Protocole de Kyoto et d’abaisser les ambitions d’autres Parties.

Les pays développés doivent honorer, et non abandonner, leur obligation juridiquement contraignante de réduire leurs émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto après 2012.

Nous sommes également préoccupés par la nouvelle proposition de la Présidence d’obtenir à Cancun un résultat dans le cadre du Plan d’Action de Bali, qui reflète l’Accord fortement biaisé de Copenhague et élimine les demandes clés des pays en développement. Entre autres choses:

- Le retrait des références au maintien du réchauffement climatique sous 1 à 1,5 degrés, soutenues par plus de 100 pays dans les négociations;

- Le retrait des références à un financement d’au moins 1,5% du PNB des pays de l’Annexe 1, soutenues par le G77 et la Chine ce qui représente plus de 130 pays;

- La désignation de la Banque Mondiale comme fonds fiduciaire sur le climat, alors même que les pays en développement ont unanimement appelé à ce qu’un tel fonds mondial climat soit placé sous l’égide de la CNUCC ; et

- L’établissement de nouveaux «marchés carbone»  qui permettront aux pays développés de continuer à polluer, tout en leur permettant d’esquiver leurs engagements financiers et de transférer le fardeau de l’atténuation aux pays en développement.

Le texte a retiré pratiquement toutes les propositions de la Bolivie basé sur l’Accord Mondial des Peuples, reflétant la volonté de plus de 35 000 représentants de mouvements sociaux et organisations ayant participé à la Conférence Mondiale des Peuples en Bolivie en Avril 2010.

Nous appelons les Parties à travailler sur le texte qu’elles ont conduit (texte du 13 août), qui reflète les opinions des Parties, et à ce que les négociations demeurent conduites par les Parties et soient participatives.

Enfin, nous sommes préoccupés par les limites posées par le Gouvernement mexicain et le Secrétariat des Nations Unies sur le Climat à l’entière participation de la société civile. Nous ne tolérerons aucune tentative de faire taire les gens ou de limiter leurs voix.

Nous croyons que Cancun peut apporter un résultat couronné de succès, qui mette en œuvre la Convention et les obligations juridiquement contraignantes des pays développés à réduire leurs émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto. La clé pour qu’il en soit ainsi est de s’assurer que les pays développés honorent leurs engagements et que les voix de ceux qui sont le plus affectés par le changement climatique soient entendues.

Notes :

[1] : Secrétariat de la CNUCC, Notification aux Parties, 25 janvier 2010

[2]: Sustainability Institute, MIT Sloan School of Management and Ventana Systems, 19 décembre 2009, (www.climateinteractive.org)

SIGNATAIRES :

Asociacion Globalizate, Spain
Asociación Nacional de Empresas Comercializadoras de Productores del Campo (ANEC), Mexico
Bangladesh Krishok Federation, Bangladesh
CEICOM, Mexico
Center for Food Safety, US
Centro Operacional de Vivienda y Poblamiento A.C. (COPEVI), Mexico
Científicos por el Medio Ambiente (CIMA), Spain
Civic Response, Ghana
Confederación Española de Consumidores y Usuarios (CECU), Spain
Dimpos Manalu KSPPM, Indonesia
Dimpos Manalu, KSPPM, Indonesia
Ecologistas en Acción, Spain
Equity and Justice Working Group, Bangladesh
FAIR, Italy
FASE, Brazil
FERN, UK
Focus on the Global South
Freedom from Debt Coalition, Philippines
Friends of the Earth International
Fronteras Comunes, Mexico
Fundación IPADE, Spain
Fundación Pachamama, Ecuador
GAIA, Global Alliance for Incineration Alternatives
Gayo Forest Foundation, Indonesia
Grassroots International
Green Camp, China
Green Zhejiang, China
Hangzhou Eco-culture Association, China
HELIO International
Institute for Agricultural and Trade Policy, US
Institute for Essential Services Reform, Indonesia
International Center for Technology Assessment, US
International Forum on Globalization, US
International Rivers, United States
International Youth and Student Movement for the United Nations
International.Lawyers.org
Izquierda Unida, Spain
Jagaran, Nepal
JS-Asia/Pacific Movement on Debt and Development
Jubilee South
Jubilee USA Network, US
Kenya Young Greens, Kenya
Koalisi Anti-Utang (KAU), Indonesia
Kruha Water Coalition, Indonesia
LDC Watch
Mines Minerals People, India
National Forum For Advocacy, Nepal
New York Climate Action Group, US
North-South XXI
Pachamamma Foundation, Ecuador
Perkumpulan Elang-Riau, Indonesia
Philippine Movement for Climate Justice (PMCJ), Philippines
Rainforest Foundation US
Rainforest Foundation, UK
Red Mexicana Frente el Libre Comercio (RMALC), Mexico
Rural Reconstruction, Nepal
SEO/Birdlife, Spain
Serikat Nelayan Indonesia(SNI), Indonesia
SONIA, Italy
South Asian Alliance for Poverty Eradication (SAAPE)
Suluh Muda Indonesai, Indonesia
SUPRO, Bangladesh
Sustainable Energy & Economy Network, US
Third World Network
Transnational Institute (TNI)
USO, Spain
World Development Movement, UK
Wuhu Ecology Center, China
Yaxche’, Árbol de la Vida, A.C., Mexico
YEL-SOCP, Indonesia


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3 décembre 2010

Le Canada se range dans un groupe de 3 pays oeuvrant à tuer le Protocole de Kyoto

Le Conseil des Canadiens est alarmé par des rapports selon lesquels un petit groupe de trois pays bloque la deuxième période d’engagements de réduction des émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto. Lors d’une conférence de presse juste tenue par plusieurs pays latino-américains, de fortes préoccupations ont été exprimées concernant un retrait du Protocole de Kyoto et des engagements contraignants en faveur du faible Accord de Copenhague. Le Canada a été désigné par le Secrétaire Exécutif de la Conférence des Parties (COP 16) Figueres comme l’un de ces trois pays, avec la Russie et le Japon.

« Nous voulons savoir : Pourquoi est-ce que le Canada porte le couteau qui va tuer Kyoto? » a demandé Maude Barlow, Présidente nationale du Conseil des Canadiens. « Nous avons le droit de savoir ».

Dans le cadre du Protocole de Kyoto, les pays développés sont chacun tenus de faire des réductions d’émissions légalement contraignantes et d’atteindre collectivement un objectif basé sur ce que la science exige. Les demandes des pays en développement de réductions de 40 à 50% d’ici 2020 (comparé aux niveaux de 1990) sont réalistes compte tenu de l’expertise scientifique récente qui affirme que le changement climatique s’accélère plus rapidement que prévu.

« Les négociations menacent de revenir en arrière » dit Andrea Harden-Donahue, en charge des campagnes sur l’Energie et la Justice Climatique au Conseil des Canadiens. « Nous devons être attentifs à demander des progrès et actions significatifs sur la crise climatique, il y a trop d’enjeux pour qu’il en soit autrement ».

Pour organiser une interview avec les porte-paroles du Conseil des Canadiens à Cancun :

Andrea Harden-Donahue, Energy and Climate Justice Campaigner, Council of
Canadians, 613-218-5800 613-218-5800,  aharden@canadians.org

Dylan Penner, Media Officer, Council of Canadians, Cell: 613-795-8685 613-795-8685,
dpenner@canadians.org

www.canadians.org/cancun


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A Mexico, des caravanes pour “changer le système, pas le climat” from Alter-Echos on Vimeo.

Alors que se sont ouvertes les négociations sur le climat à Cancun depuis le 29 novembre 2010, des milliers de manifestants ont envahi les rues de Mexico le 30 novembre. Une jonction s’est faite à cette occasion avec les caravanes parties 2 jours plus tôt de San Louis Potosi, Guadalajara et Ocapulco dont l’objectif était de rendre visible des lieux et des communautés fortement affectés sur le plan environnemental au Mexique. Alberto Gomez de l’UNORCA-Via Campesina et Graciela Gonzales de l’Assemblée nationale des affectés environnementaux (ANAA), reviennent dans cette vidéo de 2 minutes sur les raisons de cette marche.


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Ce nouveau bulletin d’information cherche à apporter des informations diverses et pratiques sur tout ce qui à voir avec les activités pendant la COP 16 de Cancun sur le changement climatique. En ce sens ce bulletin répond aux demandes qui sont arrivées aux différentes organisations et mouvements sociaux qui font partie du comité international.

Nous avons un grand nombre de demandes d’information venant de différentes région du monde et de regroupements qui préparent leur voyage à Cancun et nécessitent des informations préalables à ce voyage.

Nous cherchons dans ce bulletin à apporter un résumé de tout ce qui circule dans nos réseaux, essayant de regrouper en un seul bulletin les informations essentielles. C’est pourquoi nous avons intégré des informations logistiques, des informations sur les activités, au Mexique et ailleurs, qui se sont passées ou qui sont en préparation ainsi que les différentes propositions d’action pour le continent nord américain comme dans le reste du monde pendant la conférence de l’ONU. Nous espérons que cela vous sera utile.

Amitiés fraternelle de l’équipe de communication du comité international

SECTION LOGISTIQUE

Les organisations mexicaines travaillent à finaliser les détails logistiques pour faciliter l’envoi d’informations aux différentes régions du monde. Nous vous donnons des informations confirmées au fur et à mesure que nous les recevons des organisateurs des évènements parallèle à la COP.

Le calendrier d’activité du « Dialogue Climatique – Espace Mexicain » est rassemblé pour l’essentiel dans le « Super Manzana 21 », dans une espace nommé « MUP Palas ». En l’état actuel des informations disponibles, le centre des média libres sera dans la « Casa de la Cultura »dans le même quartier. Y sera également le camp dans lequel pourront rester beaucoup de militants des mouvements et organisations sociales (nous joignons une carte et nous espérons avoir des informations plus précises)

Comme cela a déjà été dit, les caravanes internationales et internes au Mexique sont en phase de croissance, un camp est en préparation dans lequel les mouvements sociaux de Cancun assureront de la nourriture faite en cuisine collective à un coût très modeste.


Informations sur les activités au Mexique

Déclaration de la société civile du Chiapas sur la crise climatique

5 novembre 2010

« La question du Changement climatique à San Cristobal, Chiapas

Que se passe-t-il au Chiapas et à San Cristobal ? »

Cette année il y a eu les températures les plus élevées de ces 60 dernières années et des inondations dans tout l’Etat du Chiapas….

Pour plus d’informations : http://espacioclimaticochiapas.blogspot.com/


Festival pour le « Buen Vivir » à San Cristóbal de Las Casas

San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, 13 et 14 de novembre 2010.

Explanada del Salón de Bellas Artes, frente al Arco del Carmen, Corredor turístico.

Pour plus d’informations : http://espacioclimaticochiapas.blogspot.com/


Forum International sur la Justice Climatique – Dialogue des Peuples à Cancún, du 5 au 10 décembre 2010

Un ensemble d’organisation de la société civile et des mouvements sociaux mexicains, regroupés dans le « Diálogo Climático–Espacio Mexicano », en coordination avec des organisations internationales, appellent à des journées de discussion, mobilisation dans le cadre des activités liées au COP 16 de Cancun du 3 au 11 décembre 2010. Ces journées seront accompagnées d’un grand nombre d’activités au Mexique et dans le reste du monde, inclus des caravanes nationales et internationales que ont comme objectif d’être présentes à Cancun.

La proposition de réaliser un Forum International sur la Justice Climatique – Dialogue des Peuples, fait partie de ces journées et doit être enrichie par les organisations nationales et internationales. L’objectif général du forum est de créer un espace d’information, de discussion, d’analyse, de propositions et de construction stratégique pour la société civile et les mouvements sociaux sur le terrain de la justice climatique.

Organisations responsables : Comité Organisateur du Forum International de CJN et Comité International.

Des informations seront bientôt disponibles : http://www.dialogoclimatico.org


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* Members of some of the larger networks and federations are listed in italics, however please note that many of these member groups are, themselves, national networks or federations.

350.org

Action Aid Asia

Action pour un Développement Équitable, Intégré et Durable (ADEID), Cameroon

Africa Jubilee South

AAWORD, Senegal

ABEFDD, Mauritania

Africa Network for Environment and Economic Justice (ANEEJ), Nigeria

Africa Women´s Economic Policy Network, Africa

Africaine de Recherche & de Cooperation pour l’Appui au Developpement Endogene, Sénegal

African Forum & Network on Debt and Development, Africa

APROFES, Senegal

Cadtm-Niger, Niger

Catholic Economic Justice, Kenya

CECIDE, Guinea

Centre for Promotion of Economic and Social Alternatives, Cameroon

Chemchemi Ya Ukweli, Kenya

CNTS (Trade Union), Senegal

Daughters of Mumbi Global Resource Center, Kenya

Ecomic Justice Network, South Africa

EcoNews Africa, Kenya

Economic Justice Coallition , Mozambique

FORAM & CAHBA, Mali

Forum Africain Alternatives, Sénegal

FORUM DETTE ET PAUVRETE / Debt and Poverty Forum, Ivory Coast

Forum on Development, Ivory Coast

Forum sur la Dette Exterieure et le Developpement, Dem. Rep. Congo

Foundation for Human Rights & Democracy, Liberia

Genesis Community Development Assistance, Kenya

GRAPAD, Benin

GrassRootsAfrica, Ghana

Jesuit Hakimani Center, Kenya

JUBILE MALI / CAD, Mali

Jubilee 2000, Angola

Jubilee South Africa, South Africa

Jubilee Zambia/JCTR, Zambia

Jubileu Mozambique, Mozambique

KENDREN (Kenya Debt Relief Network), Kenya

KETAM (Kenya Treatment Action Movement), Kenya

Malawi Economic Justice Network (MEJN), Malawi

NAD/GRAPR (Via Campesina), Dem. Rep. Congo

ORCADE, Burkina Faso

Pan Africanist Youth & SSF, Senegal

Peace Humanus, Cameroon

ROPPA (Peasants Network), Senegal

SAPSN Southern African Peoples’ Solidarity Network, Africa

SEATINI, Kenya

Senegal Social Forum (SSF), Senegal

Tamwa (Tanzania Media Women’s Association), Tanzania

Tanzania Coalition Debt and Develpment, Tanzania

Tanzania Gender Network, Tanzania

Third World Network, Ghana

Togo Social Forum & GARED, Togo

Umzabalazo we Jubilee, South Africa

UNSAS (Trade Union), Senegal

USE, Senegal

USTG  & ADDEF, Guinea

Worldview-Gambia, Gambia

Zimbabwe Coalition on Debt and Development, Zimbabwe

African Biodiversity Network

Biowatch, South Africa

Grabe, Benin

GRAIN, Spain

Institute for Culture and Ecology, Kenya

Institute for Sustainable Development, Ethiopia

JVE, Togo

Kenya Biodiversity Coalition

Melca Mahiber, Ethiopia

NAPE Uganda

Nature Tropicale, Benin, Kenya

PELUM, Kenya

RAINS, Ghana

RIDEP, Kenya

SACDEP, Kenya

African Journalists On Trade and Development

Aitec-Ipam, France

Alianza Social Continental/Hemispheric Social Alliance

Alliance for Responsible Trade (ART), USA

ASC Chile, Chile

ASC Cuba, Cuba

ASC Uruguay, Uruguay

ASC-Perú, Peru

Asciación Nacional de Mujeres Rurales e Indígenas, Chile

Bloque Popular, Honduras

Central de los Trabajadores de la Argentina, Argentina

CLC, Canada

Common Frontiers, Canada

CONACAMI, Peru

Confederación General de Trabajadores de Perú (CGTP), Peru

Confederación Nacional Agraria, Peru

Ecuador Decide, Ecuador

Ecuarunari, Ecuador

Encuentro Popular, Costa Rica

Fundación Solón, Bolivia

Iniciativa Paraguaya para la Integración de los Pueblos, Paraguay

Mesa Global, Guatemala

Movimiento Boliviano, Bolivia

Movimiento Sí de los Pueblos (MOSIP), Argentina

Movimiento Social Nicaraguense, Nicaragua

Mujeres y Economía, Peru

PAPDA, Haiti

Plataforma Rural por la Tierra, Chile

REBRIP, Brasil

Recalca, Colombia

Red Sinti Techan, El Salvador

RMALC, Mexico

RQIC (Quebec), Canada

Networks/Redes

ATTAC

CADA

COMPA

Confederación Sindical de Trabajadores y Trabajadoras de las Américas (CSA)

Consejo Latinoamericano de Ciencias Sociales (CLACSO)

Coordinadora Andina de Organizaciones Indígenas (CAOI)

Coordinadora de Centrales Sindicales del Cono Sur

Coordinadora Latinoamericana de Organizaciones del Campo (CLOC)

CSSustentable

Grito de los Excluidos

Grupo de Trabajo en Agricultura y Comercio (GTAgriCom)

Jubileo Sur

OCLAE

PIDHDD

Red Internacional de Género y Comercio (IGTN)

Red Latinoamericana de Mujeres Trasformando la Economía (REMTE)

Alliance of Community Trainers, USA

Alter Ekolo, France

Alternative Energy Project for Sustainability

AMAN, Indonesia

Amici della Terra, Italy

Amigos de la Tierra, Argentina

Amigos de la Tierra, Spain

Amigu di Tera, Curacao

Anade, Spain

Aniban ng Manggagawa sa Agrikultura (Union of Agricultural Workers), Philippines

ARCI, Italy

Asia Indigenous Peoples Pact Foundation (AIPP)

Asia Pacific Forum on Women, Law and Development (APWLD)

Asia Pacific Research Network

Asociacion Comunidades Ecologistas la Ceiba – Amigos de la Tierra – COECOCEIBA, Costa Rica

Association Tunisienne pour la Protection de la Nature et de l’Environnement/ATPNE, Tunisia

ATTAC, Austria

ATTAC, France

ATTAC, Germany

ATTAC, Togo

Bank Information Centre, US

BELA, Bangladesh

Bharat Jan Vigyan Jatha, India

Biofuelwatch, UK

BIOTHAI Foundation, Thailand

Borok Peoples Human Rights Organisation, India

Brazilian Environmental Justice Network, Brazil

British-Russian Eco-Cultural Network, Russia/UK

BUND, Germany

CAIN/Oil Watch, Southeast Asia

Camp For Climate Action Aotearoa, New Zealand

Campagna per la Riforma della Banca Mondiale (CRBM), Italy

Campaign Against Climate Change Trade Union Group, UK

Campaign Against Climate Change/ Global Climate Campaign, UK

Canadians for Action on Climate Change, Canada

Carbon Trade Watch, Netherlands

CDM Watch, Germany

CEIBA, Guatemala

CENSAT Agua Viva, Colombia

Center for Development Programs in the Cordillera, Philippines

Center for Environmental Concerns, Philippines

Center for Environmental Law and Community Rights/CELCOR, Papua New Guinea

Center for Food Safety, US

Centre for Civil Society, South Africa

Centre for Environment and Development, Cameroon

Centre For Environmental Justice, Sri Lanka

Centro de Estudios Internacionales (CEI), Nicaragua

Centro Salvadoreo de Tecnologa Apropiada, El Salvador

CERDET, Bolivia

CESTA , El Salvador

CeVI – Centro di Volontariato Internazionale, Italy

Christian Aid, UK

Citizens For Justice, Malawi

Civic Response, Ghana

CLAES/Latin American Center Social Ecology, Uruguay

Climate Camp, Aotearoa/New Zealand

Climate Justice Action Milano, Italy

Climate Justice Infoshop ‘Without your walls’, Aotearoa/New Zealand

Climate SOS, US and Canada

Coalition for Nuclear Disarmament and Peace, India

CODEFF, Chile

Community Forest Network, Ghana

Computer Professionals’ Union, Philippines

CORE, India

Corporate Europe Observatory (CEO), Netherlands

Corporate Watch, UK

Council of Canadians, Canada

Dartmouth College, Climate Justice Research Project/Environmental Studies, US

Delhi Platform on Climate Change, India

Diakonia Council of Churches, South Africa

Dvizenje na Ekologistite na Makedonija/DEM, Macedonia

Eco Pax Mundi Network

Ecological Alert and Recovery (EARTH), Thailand

Ecologistas en Acción, Spain

Ecomunidades, Red Ecologista Autónoma de la Cuenca de México, Mexico

EcoNexus, UK

Ecopeace Party, South Africa

Ecumenical Coalition on Tourism (ECOT)

Eesti Roheline Liikumine, Estonia

Energy and Climate Policy Institute for Just Transition (ECPI), South Korea

Environmental Justice Climate Change Initiative, US

Environmental Rights Action, Nigeria

EQUATIONS, India

ETC Group

European Youth for Action

FairWatch, Italy

FASE, Brazil

Fédération pour une Alternative Social et Écologiste (FASE), France

FERN, UK

Focus on the Global South, India

Focus on the Global South, Philippines

Focus on the Global South, Thailand

For Mother Earth/Voor Moeder, Flanders and Brussels

Forest People’s Partnership, UK

Foundation for Consumers, Thailand

Foundation for Ecological Recovery (FER), Thailand

Foundation of Reclaiming Rural Agriculture and Food Sovereignty Action (RRAFA), Thailand

Freedom from Debt Coalition, Philippines

Friends of the Earth International

Friends of the Earth, Australia

Friends of the Earth, Cyprus

Friends of the Earth, England, Wales and Northern Ireland

Friends of the Earth, Flanders & Brussels

Friends of the Earth, Ghana

Friends of the Earth, Grenada

Friends of the Earth, Ireland

Friends of the Earth, Japan

Friends of the Earth, New Zealand

Friends of the Earth, Scotland

Friends of the Earth, Sierra Leone

Friends of the Earth, Slovakia

Friends of the Earth, Sweden

Friends of the Earth, United States

Friends of the Earth/Les Amis de la Terre, Canada

Funders Network on Trade & Globalization, US

Gegenstrom Berlin, Germany

GenderCC – Women for Climate Justice, Germany

Global 2000, Austria

Global Anti-Incinerator Alliance (GAIA)

Global Exchange, US

Global Forest Coalition

Alter Vida, Paraguay

ARA Arbeitsgemeinschaft Regenwald und Artenschutz, Germany

Atree, India, Nepal

Biofuelwatch, United Kingdom

BIOM, Kyrgystan

BROC, Russia

Bulgarian Society for the Protection of Birds/BirdLife, Bulgaria

CENDAH, Panama

Centre for Grassroots Development (CGD), India

CESTA, El Salvador

CICA, Central American Indigenous Council

CIMA, Mesoamerican Indigenous Council

CITI, Foundation for Traditional Knowledge

CODEFF, Chile

Cordillera’s Peoples’ Alliance, Philippines

Dzelkova, Georgia

Eco la Paz Argentina

ENVIROCARE, Tanzania

Foundation Kritisch Bosbeheer, Netherlands

Friends of the Earth, Argentina

Friends of the Siberian Forests – Russia

Fundación para el Conocimiento Tradicional, Panama

Fundaexpresión, Colombia

Global Justice Ecology Project, US

Green Cross, Ukraine

ICTI – Tanimbar, Indonesia

IIN, Kenya

Impac, Thailand

Indigenous Peoples of Africa Coordinating Committee

Indigenous Women’s Network on Biodiversity

Iniciativa Amotocodie, Paraguay

Institute for Cultural Affairs, Ghana

Justica Ambiental, Mozambique

Lokayan, Indonesia

NAT, Brasil

Nefan, Nepal

Network for the Indigenous Peoples, Solomons (NIPS)

Noosfera: Republican Scientific-Ecological Association, Tajikistan

PIPEC, New Zealand

Protect the Forest, Sweden

RMI – The Institute for Forest and the Environment, Indonesia

Sobrevivencia, Paraguay

Society for Wetland Biodiversity Conservation (SWBC), Nepal

Tarun Bharat Sangh, India

The Asociación Indigena de Limoncocha, Ecuador

The Centre for Environment and Development, Cameroon

The Himalaya Resources Foundation, Nepal

The National Association of Professional Environmentalists, Uganda

The Ole Siosiomaga Society, Samoa

The Wildlife Trust, Bangladesh

The Woodland League, Ireland

Timberwatch Coalition, South Africa

TWOE, Aotearoa

Viola, Russia

Global Justice Ecology Project, US

Global Witness, UK

Globalization Monitor, Hong Kong

Grassroots International, US

Grassroots Solutions for Climate Justice, North America

Green Formosa Front, Taiwan Rural Front, Taiwan

GroundWork, South Africa

GUAMINA, Mali

Haburas Foundation, Timor-Lest

Haiti Survie, Haiti

IBASE – Instituto Brasileiro de Análises Sociais e Econômicas, Brazil

IBON Europe

İklim İçin Gençlik (Turkish Youth Initiative on Climate Change), Turkey

Indigenous Environmental Network, US and Canada

Indonesia Fisherfolk Union/ Serikat Nelayan Indonesia (SNI), Indonesia

Indonesian Peasant’s Union, Indonesia

InspirAction, Spain

Institute for Agriculture and Trade Policy, US

Institute for Amazonian Research and Development, Brazil

Institute for Global Justice (IGJ), Indonesia

Institute for Security Studies, South Africa

Institute for Social Ecology, US

International Center for Technology Assessment, US

International Forum on Globalization, US

International Gender and Trade Network

International NGO Forum on Indonesia Development (INFID), Indonesia

International Rivers Network, US

Jubilee Debt Campaign

Jubilee South – Asia/Pacific Movement on Debt and Development

EquityBD, Bangladesh

VOICE, Bangladesh

Unnayan Onneshan, Bangladesh

SUPRO, Bangladesh

CDL, Bangladesh

Bangladesh Krishok Federation, Bangladesh

Bangladesh Jatiyo Sramik Jote, Bangladesh

INSAF, India

HNA, India

Nadi Gati Morcha, India

National Hawkers’ Federation, India

mines, minerals and People (mmP), India

Adivasi Mulvasi Astitva, India

Koalisi Anti Utang (KAU), Indonesia

KRUHA, Indonesia

Solidaritas Perempuan, Indonesia

WALHI, Indonesia

Serikat Petani Indonesia (SPI), Indonesia

IESR, Indonesia

MSN, Malaysia

Rural Reconstruction Nepal (RRN), Nepal

ANWA, Nepal

All-Nepal Peasants’ Federation (ANPFa), Nepal

Jagaran Nepal, Nepal

Human Rights Alliance – Nepal, Nepal

GEFONT, Nepal

Pakistan Fisherfolk Forum (PFF), Pakistan

Pakistan Kissan Rabita Committee, Pakistam

Freedom from Debt Coalition (FDC), Philippines

Center for Environmental Justice, Sri Lanka

PSI-Thailand, Thailand

ARENA, Asia

Asian Migrant Forum, Asia

Focus on the Global South, Asia

Migrant Forum in Asia, Asia

SAAPE, Asia

Jubileo Sur/Américas (JS/A)

Acción Ecologica, Ecuador

Afec Roga, Paraguay

Bloque Popular, Honduras

CEI Centro de Estudios Internacionales , Nicaragua

Centro de Estudios Escuela Para el Desarrollo , Colombia

Centro Martin Luther King, Jr., Cuba

CIEM, Cuba

Colectivo Eco Voces, Panamá

COMPA / Coordinador de Tendencias Clasistas , Venezuela

Coord. Nac. por la Integración y la Soberanía Energética , Paraguay

COPINH, Honduras

Dialogo 2000, Argentina

Federation of Independent Trade Unions FITUN, Trinidad & Tobago

FOBOMADE, Bolivia

FRENADESO, Panamá

Frente Social y Político, Paraguay

Grito de los Excluidos, Puerto Rico

Grito de los Excluidos, Venezuela

Jubileu Sul Brasil , Brasil

Jubileu Sul Brasil/Auditoria Cidada , Brasil

Lutheran World Federation Program on Illegitimate Debt, América latina – global

Marea Creciente Sonora, Mexico

Mesa de Mujeres y Economía, Colombia

Movimiento Social Nicaragüense, Nicaragua

Otros Mundos Chiapas, Mexico

PAPDA, Haití

Plataforma DESCAm, Uruguay

Proyecto Caribeño de Justicia y Paz, Puerto Rico

Red Sinti Techan, El Salvador

Rede Brasil sobre Instituições Financeiras Multilaterais, Brasil

Unión Nacional Ecologistas Salvadoreños UNES, El Salvador

Justica Ambiental, Mozambique

Kairos, Canada

Kalikasan Peoples Network for the Environment, Philippines

KIARA (Fishery Justice Coalition), Indonesia

Klima Kollektivet, Denmark

Klima! Bewegungs Netzwerk, Germany

Klimaforum Mexico AC, Mexico

KlimaForum09, Denmark

Korea Federation for Environmental Movements, South Korea

KRuHA – People’s Coalition for The Right to Water, Indonesia

La Via Campesina

ACALEN – Asociacion Central de Agricultores Luz y Esperanza de Nagua, Dominican Rep.

All Nepal Peasants’ Federation (ANPFA) Nepal

Arbeitsgemeinschaft Bäuerliche Landwirtschaft (ABL), Germany

Asociación Agropecuaria “Monte Ararat” El Salvador

Asociación de Pequeños productores del Noreste de Córdoba (APENOC), Argentina

Asociación de Pequeños y Medianos Productores de Panamá (APEMEP) Panama

Asociación de Trabajadores del Campo (ATC) Nicaragua

Asociación de Veteranos de la Guerrilla Salvadoreña: AVEGSAL El Salvador

Asociación Nacional de Agricultores Pequeños (ANAP) Cuba

Asociacion Nacional de Empresas Comercializadoras de Productores del Campo (ANEC), Mexico

Asociación Nacional de Mujeres Rurales e Indígenas (ANAMURI), Chile

Asociación Nacional de Trabajadores Agropecuarios (ANTA) El Salvador

Assembly of the Poor (AOP) Thailand

Associazione Italiana per l’Agricoltura Biologica (AIAB) Italy

Associazione Rurale Italiana (ARI), Italy

Assocjazzjoni Tal-Bdiewa-ATB Malta

Bangladesh Adivasi Samithy (BAS) Bangladesh

Bangladesh Kishani Sabha (BKS) Bangladesh

Bangladesh Krishok Federation (BKF) Bangladesh

Belize Association of Producer Organizations (BAPO) Belize

Bharatiya Kisan Union (BKU), Haryana India

Bharatiya Kisan Union (BKU), Madhya Pradesh India

Bharatiya Kisan Union (BKU), Maharshtra India

Bharatiya Kisan Union (BKU), New Delhi India

Bharatiya Kisan Union (BKU), Punjab India

Bharatiya Kisan Union (BKU), Rajasthan India

Bharatiya Kisan Union (BKU), Uttar Pradesh India

Bharatiya Kisan Union (BKU), Uttaranchal India

Border Farm Workers Project – Proyecto de Trabajadores Agricolas Fronterizos, USA

Central Independiente de Obreros Agricolas y Campesinos (CIOAC), Mexico

Coalicion de Organizaciones Democraticas de Uniones Campesinas (CODUC), Mexico

Coalition Paysanne de Madagaskar (CPM)Madagascar

COMITÉ DE UNIDAD CAMPESINA-CUC Guatemala

Concertation Nationale des Organsations Paysannes en Producteurs Agricoles du Congo (CNOP-Congo) Congo Brazzaville

Confederação das Associações de Camponeses e Cooperativas Agro-pecuárias de Angola (UNACA), Angola

Confederaçao Nacional da Agricultura (CNA) Portugal

Confederación Campesina del Perú (CCP) Peru

Confederación Hondureña de Mujeres Campesina -CHMC Honduras

Confederación Nacional Agraria (CNA) Peru

Confederación Nacional de Mujeres Campesinas-CONAMUCA Dominican Rep.

Confederación Nacional de Organizaciones Campesinas, Indígenas y Negras del Ecuador -FENACLE Ecuador

Confederacion Ranquil, Chile

Confederación Sindical Unica de Trabajadores Campesinos de Bolivia (CSUTCB), Bolivia

Confederación Única Nacional de Afiliados Al Seguro Social Campesino (CONFEUNASSC) Ecuador

Confédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Familiaux (MODEF) France

Confederation of Farmers’ Unions (ÇIFÇTI-SEN), Turkey

Confederation Paysanne du Congo (COPACO/PRP), RD Congo

Confederation Paysanne France

CONFENACA. Confederación Nacional Campesina, Dominican Rep.

Conseil National de Concertation et de Cooperation des Ruraux (CNCR), Senegal

Consejo Andino de productores de Coca, Bolivia

Consejo Asesor Indígena (CAI) Argentina

Consejo Coordinador de Organizaciones Campesinas de Honduras (COCOCH) Honduras

Coordinador Nacional Agrario (CNA), Colombia

Coordinadora Agraria Nacional Ezequiel Zamora (CANEZ), Venezuela

Coordinadora de campesinos, indígenas y trabajadores rurales (COCITRA), Argentina

Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos (COAG), Spain

Coordinadora Nacional de Organizaciones Campesinas (CNOC) Guatemala

Coordinadora Nacional de Organizaciones de Mujeres Trabajadoras Rurales e Indígenas-CONAMURI, Paraguay

Coordinadora Nacional de Viudas de Guatemala: CONAVIGUA, Guatemala

Coordinadora Nacional Indígena y Campesina: CONIC, Guatemala

Coordinadora Nacional Plan de Ayala (CNPA), Mexico

Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP), Mali

Coordination Togolese des Organisations Paysannes (CTOP), Togo

Euskal Herriko nekazarien Elkartasuna (EHNE), Bask Country/Spain

Farmer and Nature Network (FNN), Cambodia

FECAIMAT – Federacion de Campesinos Independientes Mamá Tingó, Dominican Rep.

FEDECARES – Federacion de Caficultores del Sur, Dominican Rep.

Federación de Asociaciones Cooperativas de Producción Agropecuaria deR.L.: FEDECOPADES, El Salvador

Federación de Cooperativas de la Reforma Agraria Región Central: FECORACEN de R.L. El Salvador

Federación Nacional de Asociaciones de Cooperativas de Producción Agropecuarias: FENACOPAZ, El Salvador

Federación Nacional de Cooperativas Agropecuarias (FENACOA), Colombia

Federación Nacional de Mujeres Campesinas de Bolivia “Bartolina Sisa” (FNMCB), Bolivia

Federación Nacional de Organizaciones Campesino-Indígenas (FENOCIN), Ecuador

Federación Nacional Sindical Unitaria Agropecuaria (FENSUAGRO-CUT), Colombia

Federation Unie de Groupements d’Eleveurs et d’Agriculteurs (FUGEA), Belgium

Florida Association of Farmworkers, USA

FNCEZ – Frente Nacional Campesina Ezequiel Zamora, Venezuela

Frente Democratico Campesino de Chihuahua (FDCC), Mexico

Frie Boender, Denmark

Fundación de Promotora de Cooperativas: FUNPROCOP, El Salvador

Hametin Agrikultura Sustantavel Timor Lorosa’e (HASATIL), Timor Leste

Indonesia Peasant Union/ SPI, Indonesia

Karnataka Rajya Ryota Sangha (KRRS), India

Kerala Coconut Farmers Association, India

Kilusang Magbubukid ng Pilipinas (KMP), Philippines

Korea Women Peasant Association –KWPA, South Korea

Korean Peasant League (KPL), South Korea

L’Autre Syndicat, Switzerland

Landless Peoples Movement (LPM), South Africa

MCCU – Movimiento de Campesinos Trabajadores Las Comunidades Unidas, Dominican Rep.

Mesa Agropecuaria y Forestal –MAF, Nicaragua

Mesa Coordinadora de Organizaciones Campesinas (MCNOC), Paraguay

Mesa Nacional Campesina de Costa Rica (MNC-CR),Costa Rica

Mesa Permanente de Mujeres Rurales: MPMR, El Salvador

Monlar -(Movement for National Land and Agricultural Reform), Sri Lanka

Mouvement d’Action Paysanne-MAP, Belgium

Mouvement International de Jeunesse Agricole Rurale Catholique- (MIJARC-Europe), Belgium

Mouvement Paysan de Papaye (MPP), Haiti

Mouvman Peyizan Nasyonal Kongre Papay (MPNKP), Haiti

Movimento de Atingidos por Barragens (MAB), Brazil

Movimento de Mulheres Camponesas (MMC), Brazil

Movimento dos Pequenos Agricultores (MPA), Brazil

Movimento dos Trabalhadores sem Terra (MST), Brazil

Movimiento Campesino de Santiago del Estero (MOCASE), Argentina

Movimiento Campesino Paraguayo (MCP), Paraguay

Movimiento de Trabajadores sin Tierra (MST), Bolivia

Movimiento Nacional Campesino e Indígena – MNCI Argentina

Mtandao wa Vikundi vya Wakulima Tanzania (MVIWATA) – Tanzanian Network of Farmers’Groups, Tanzania

Nandya Raita Samakya, Andra Pradesh, India

National Association of Latino Farmers and Ranchers Trade Association, USA

National Family Farm Coalition (NFFC), USA

National Farmers Association, St. Lucia

National Farmers Union (NFU), Canada

National Farmers Union, St. Vincent

NEAK: New Agricultural Movement of Greece, Greece

Nederlandse Akkerbouw Vakbond (NAV), Netherland

Nepal Agricultural Labor Association, Nepal

Nepal National Fish Farmers Association, Nepal

Nepal National Peasants Women’s Association, Nepal

Nordbruk, Sweden

Norsk Bonde – Og Smabrukarlag (NBS), Norway

Northern Peasant Federation (NPF), Thailand

Nouminren (Japan Family Farmers Movement), Japan

Organizacion de Lucha por la Tierra (OLT), Paraguay

Österreichische Bergbauernvereinigung (ÖBV), Austria

Pagkakaisa para sa Tunay na Repormang Agraryo at Kaunlarang Pangkanayunan (PARAGOS), Philippines

Pastoral da Juventude Rural –PJR, Brazil

Persatuan Kebajikan Melayu Pesisir Kampung Tambirat (Panggau), Malaysia

Plateforme Paysanne du Niger (PFPN), Niger

Red de Mujeres Rurales de Uruguay – RMRU, Uruguay

RETOÑO – Confederacion de Organisaciones Campesinas y Barriales del Sur, Dominican Rep.

Rural Coalition, USA

Scottish Crofting Federation, Scotland/UK

Sindicato de Obreros del Campo de Andalucía (SOC), Spain

Sindicato Labrego Galego (SLG), Spain

Tamil Nadu Farmers Association, India

Tet Kole ti Peyizan Ayisyen – TK, Haiti

União Nacional de Camponeses (UNAC), Mozambique

Union Nacional de Organizaciones Regionales Campesinas Autonomas (UNORCA), Mexico

Unión Nacional de Productores Agropecuarios Costarricense: UNAG, Costa Rica

Unión Nacional de Trabajadores Agropecuarios: UNATA, El Salvador

Union Paysanne – Quebec, Canada

Uniterre, Switzerland

UPA NACIONAL, Costa Rica

Vietnamese National Farmers Union (VNFU), Vietnam

WINFA – Association of Caribbean Farmers, Windward Islands

LABOR, Peru

Land For Peace, South Africa

Latvijas Zemes draugi, Latvia

Lawyer’s Environmental Action Team (LEAT), Tanzania

Legal Rights and Natural Resources Center, Philippines

Legambiente, Italy

Les Amis de la Terre, Belgium

Les Amis de la Terre, France

Les Amis de la Terre, Togo

Liberazioni 3E, Italy

Lietuvos Zaliuju Judejimas, Lithuania

Little Village Environmental Justice Organization (LVEJO), US

Magyar Termeszetvedok Szovetsege, Hungary

Malaysian Youth Climate Justice Network, Malaysia

Mani Tese, Italy

Maudesco, Mauritius

Memoire des luttes, France

Milieudefensie, Netherlands

Miljoforbundet, Sweden

MOC: Mouvement des Objecteurs de Croissance, France

Montreal Quaker Meeting, Canada

Mouvement Ecologique, Luxembourg

Moviment ghall-Ambjent, Malta

Movimiento Ciudadano Frente Al Cambio Climatico, Peru

Movimiento Madre Tierra, Honduras

Nadi, Indonesia

National Assciation of Professional Environmentalists (NAPE), Uganda

National Fisheries Solidarity Movement, Sri Lanka

National Forum for Advocacy, Nepal

NET Foundation, Thailand

Network for Political and Social Rights, Greece

New Internationalist

NOAH, Denmark

Norges Naturvernforbund, Norway

North East Peoples Alliance, India

NOUMINREN (Japan Family Farmers’ Movement), Japan

Nucleo Amigos da Terra, Brazil

Oakland Institute/Red VIDA, US

Oilwatch South America/ Accion Ecologica

Otros Mundos, Mexico

Oxfam Solidarity, Belgium

Pakistan Fisherfolk Forum, Pakistan

Pan African Climate Justice Alliance

PENGON, Palestine

Peoples’ Movement on Climate Change

AGHAM, Philippines

Asia Pacific Forum for Women, Law and Development (APWLD)

Asia Pacific Indigenous Youth Network

Asia Pacific Mission for Migrants

Asia Pacific Research Network

Asian Rural Women’s Coalition

Bagong Alyansang Makabayan, Philippines

Coastal Development Partnership, Bangladesh

Cordillera Peoples Alliance, Philippines

COURAGE, Philippines

GABRIELA, Philippines

IBON Europe

IBON Foundation, Inc., Philippines

Indigenous Peoples Movement for Self Determination and Liberation, Philippines

Institute for National and Democratic Studies (INDIES), Indonesia

INTAL, Belgium

International Migrants Alliance

International NGO Forum for Indonesian Development (INFID), Indonesia

Kalikasan- Peoples Environment Network, Philippines

Kilusang Magbubukid ng Pilipinas, Philippines

Kilusang Mayo Uno, Philippines

Peoples Coalition for Food Sovereignty, Philippines

Pesticide Action Network, Asia

Religious of the Good Shepherd, Philippines

RESIST!, Philippines

Philippine Climate Watch Alliance (PCWA), Philippines

Philippine Movement for Climate Justice (PMCJ), Philippines

Alliance of Progressive Labor (APL)

Alyansa Tigil Mina (ATM)

Aniban ng Manggagawa sa Agrkultura (AMA)

Bukluran ng Manggagawang Pilipino (BMP)

Bukluran sa Ikauunlad ng Sosyalistang Isip at Gawa (BISIG)

Care for the Earth

Center for Empowerment and Resource Development (CERD)

Faith-based Congress Against Immoral Debts (FCAID)

FDC Women’s Commitee

Focus on the Global South-Philippines

Freedom from Debt Coalition (FDC)

FDC, Cebu City

FDC,  Iloilo City

FDC, Negros

FDC, Eastern Visayas

FDC, Socsksargen,

FDC, Western Mindanao,

FDC, Davao City,

GCAP, Philippines

ODA-Watch

Great Work Movement

Integrated Rural Development Foundation – Task Force Food Sovereignty (IRDF)

Samahan ng Demokratikong Kabataan (SDK)

Kabataan Kontra Kahirapan (KKK)

Katipunanpara sa Pagpapalaya ng Sambayanan (KALAYAAN!)

Kilusan ng Pagkakaisa ng Maralitang Taga-Lungsod (KPML)

Kilusan Para sa Pambansang Demokrasya (KPD)

Kilusang Mangingisda (KM)

Koalisyong Pabahay ng Pilipinas(KPP)

La Liga Policy Institute

Legal Rights and Natural Resources Center – FOE Pilipinas (LRC-KsK)

Makabayan

Makabayan Pilipinas

Pagkakaisa ng Kababaihan para sa Kalayaan (Kaisa-Ka)

Pambansang Kilusan ng mga Kababaihan sa Kanayunan (PKKK)

Pandayan

Pandayan para sa Sosyalistang Pilipinas (PANDAYAN)

Partido ng Manggagawa (PM)

Philippine Legislators Committee on Population and Development Foundation (PLCPD)

Philippine Rural and Reconstruction Movement (PRRM)

Sagip-Sierra Madre Network

Sibuyan Island Sentinels League for Environment

SARILAYA

Tambuyog Development Center

Task Force Food Sovereignty (TFFS)

Youth Against Debt (YAD)

Youth for Nationalism and Democracy (YND)

PIPEC, Aotearoa/New Zealand

PLATFORM, UK

Polski Klub Ekologiczny/PKE, Poland

Pro Natura, Switzerland

Pro-Public, Nepal

Project for Ecological Awareness Building, Thailand

Quaker Earthcare Witness, Canada

Rainforest Action Network, USA

REBRIP – Brazilian Network for the Integration of Peoples, Brazil

Red Ambiental Loretana, Italy

REDES, Uruguay

Relocalisons, France

Renewable Energy Centre of Port Elizabeth, South Africa

Republic Hnutí Duha, Czech Republic

Réseau Oecuménique Justice et Paix, Canada

Rising Tide North America

Sahabat Alam Malaysia/SAM, Malaysia

Salva le Foreste, Italy

Sisters of Notre Dame and Conselho Indigenista Missionário, US/Brazil

Sobrevivencia, Paraguay

Sobreviviencia, Paraguay

SoCCSKSarGenDS – Alliance for Genuine Development, Inc, Philippines

Society for Threatened Peoples International (STPI)

Solidarity Workshop, Bangladesh

South Durban Community Environmental Alliance, Durban, South Africa

Suluh Muda Indonesia (SMI), Indonesia

Suomen Maan ystävät ry, Finland

Sustainable Agriculture Foundation, Thailand

Sustainable Development Institute (SDI), Liberia

Sustainable Energy & Economy Network/ IPS, USA

Syinc, Singapore

Tanzanian Forest Conservation Group, Tanzania

Terra! onlus, Italy

Texas Climate Emergency Campaign, US

Thai Working Group for Climate Justice, Thailand

The Coconut Free Press Trust, Aotearoa/New Zealand

The Gaia Foundation, UK

The Greens Movement of Georgia, Georgia

Third World Network

Tibet Justice Centre, US

Tibet Third Pole

Timberwatch Coalition, South Africa

Transnational Institute, Netherlands

UK Youth Climate Coalition, UK

UNANIMA International

Union Syndicale Solidaires, France

Walhi/ FOE, Indonesia

Watch Indonesia!, Indonesia

What Next, Sweden

World Development Movement, UK

World Rainforest Movement, Uruguay

X minus Y Solidarityfund

Yarra Climate Action Network, Australia

Yonge Nawe Environmental Action Group/ Friends Of the Earth, Swaziland

Youth for Climate Justice, US

Zelena Akcija /Green Action, Croatia

Zelenyi Svit, Ukraine

Zero Carbon World Concert, UK

Zwartkops Conservancy (previously Trust), South Africa


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Au cours de la dernière rencontre intermédiaire sur le climat à Bonn en août dernier, des propositions concrètes ont été intégrées à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) afin de faire avancer les négociations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’une manière nouvelle et positive. Les principales demandes de la Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques et les droits de la Terre-Mère (Cochabamba, avril 2010) ont été intégrées dans le texte de négociation du Groupe de travail ad-hoc sur la coopération à long terme (AWG-LCA) dans le cadre de la CCNUCC.

Lors de la conférence de Cochabamba, plus de 35.000 personnes de la société civile et de gouvernements représentant 140 pays ont discuté des domaines de négociations de la CCNUCC ainsi que des questions posées par les organisations sociales et les peuples autochtones. L’accord de Cochabamba issu de ce processus, intégrant des thèmes tels que les causes structurelles de la crise climatique, l’agriculture et la souveraineté alimentaire, la rupture de l’harmonie avec la nature, l’importance de créer un cadre contraignant pour identifier et juger les crimes climatiques, et le développement d’une démocratie mondiale permettant aux peuples de se prononcer sur une question qui touche toute l’humanité et la planète.

Les propositions spécifiques de l’Accord de Cochabamba incluses dans le texte de négociation qui sera examiné à Tianjin sont les suivantes:

  • 50% de réduction domestique des émissions de gaz à effet de serre par les pays de l’annexe 1 dans le cadre d’une deuxième période d’engagements du Protocole de Kyoto pour les années 2013 à 2017.
  • Stabiliser la hausse de la température à 1ºC et à 300 parties par million de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
  • Garantir une répartition équitable de l’espace atmosphérique, en tenant compte de la dette climatique provenant des émissions passées des pays développés.
  • Le plein respect des droits de l’homme et des droits intrinsèques des peuples autochtones, des femmes, des enfants, des migrants, et des paysans et autres petits producteurs.
  • La pleine reconnaissance de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
  • La reconnaissance et la défense des droits de la Terre-Mère pour assurer l’harmonie avec la nature.
  • Garantir la réalisation des engagements des pays développés à travers la mise en place d’une Cour internationale de justice climatique.
  • Le rejet des mécanismes des marchés du carbone qui transfèrent la responsabilité de la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés vers les pays en développement.
  • Promouvoir des mesures qui changent les habitudes de consommation des pays développés.
  • Promouvoir des politiques nationales susceptibles d’améliorer les marchés locaux et la souveraineté alimentaire au lieu de soutenir les marchés mondiaux et l’exportation.
  • Adopter dans toute les instances pertinentes les mesures nécessaires afin d’exclure de la protection des droits de propriété intellectuelle les technologies qui permettent d’atténuer les changements climatiques.
  • Le transfert par les pays développés de 6% de leur produit national brut aux actions faisant face au changement climatique afin de rembourser la dette écologique du Nord et utiliser ces sommes pour des mesures d’adaptation et d’atténuation dans les pays du Sud.
  • La gestion intégrée des forêts pour l’atténuation et l’adaptation, sans appliquer les mécanismes du marché et avec la pleine participation des peuples autochtones et des communautés locales.
  • L’interdiction de la conversion des forêts naturelles et d’autres écosystèmes précieux en plantations, car les plantations de monoculture ne sont pas des forêts, alors qu’il faut encourager la protection et la conservation des forêts naturelles.
  • La gestion des fonds et des politiques liées au changement climatique doivent l’être sous la responsabilité de la CCNUCC.

Nous vous invitons à soutenir ces propositions et faire en sorte qu’elles restent dans le texte de négociation en vue du prochain sommet de Cancun, au Mexique. En outre, nous exigeons que vous rejetiez l’adoption du soi-disant «accord de Copenhague», qui n’était pas un accord de la COP15. Il a été rédigé d’une manière non transparente et non démocratique, en séances privées et par un petit groupe de gouvernements puissants, et il fut par la suite imposé à l’ensemble du processus afin de déstabiliser et de faire dérailler la CCNUCC où tous les pays ont les mêmes droits.

Enfin, nous demandons au gouvernement américain de ne pas bloquer les négociations ou de se tenir à l’écart, et nous demandons au reste du monde d’aller de l’avant, l’Union européenne doit être plus ambitieuse en ce qui concerne les objectifs du Protocole de Kyoto.

Il est maintenant temps pour la CCNUCC de se lancer dans de véritables politiques pour résoudre la crise climatique. Les gouvernements doivent prendre des dispositions vigoureuses et des engagements juridiquement contraignants pour réduire radicalement leurs émissions de gaz à effet de serre et entamer une transition visant à s’éloigner des modes de production et de consommation non soutenables.
Nous vous exhortons à rejeter les fausses solutions, à adopter des politiques cohérentes et des solutions concrètes fondées sur les principes de la justice climatique en vue d’éliminer les politiques et les causes profondes du changement climatique.

Cordialement,

Membres de Climate Justice Now ! (http://www.climate-justice-now.org/)

AITEC-IPAM – France, Amis de la Terre – France, ATTAC – France, Brazilian Network for Integration of Peoples – Brazil, Campania per la Riforma della Banca Mondiale (CRBM) – Italy, Canadians for Action on Climate Change – Canada, Carbon Trade Watch, Centre for Civil Society, University of KwaZulu-Natal – South Africa, Climate SOS – US, Corporate Europe Observatory – Belgium, Council of Canadians – Canada, EarthPeoples, Ecologistas en Acción, – Spain, ETC Group, Fair – Italy, FASE, Solidarity and Education – Brazil, FERN, Focus on the Global South, Fundación por el Futuro – Spain, Friends of the Siberian Forests – Russia, Fundación Solón – Bolivia, Global Exchange – US, Global Forest Coalition, Global Justice Ecology Project – US, Grassroots International, Hemispheric Social Alliance – Americas, Human Nature, IBON – Philippines, Jubilee South, Jubilee South – Americas, Jubilee South – Asia/Pacific Movement on Debt and Development (JSAPMDD), La Via Campesina, Legambiente – Italy, Movement Generation: Justice and Ecology Project – US, North East Peoples Alliance – India, Peoples Movement on Climate Change, Platform – UK, Society for Threatened Peoples International, Solidarity Workshop – Bangladesh, Sustainable Energy & Economy Network, IPS – US, Transnational Institute, World Rainforest Movement


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La société civile crée mille solutions pour résoudre le changement  climatique!

Mille Cancuns pour une justice climatique!

Les mouvements sociaux du monde entier se mobilisent en vue de la 16ème Conférence des Parties (COP16) de la Convention-cadre des Nations unies sur les Changements climatiques (UNFCCC en anglais) qui se tiendra à Cancun du 29 novembre au 10 décembre 2010.

La COP 15 à Copenhague a démontré l’incapacité des gouvernements à s’attaquer aux réelles causes du chaos climatique actuel. A la dernière minute, les Etas Unis ont cherché, d’une manière peu démocratique,  à faire passer le dénommé “ Accord de Copenhague ”, en essayant de sortir le débat du cadre des Nations unies et des engagements pris à Kyoto tout en favorisant encore plus les solutions du libre marché.

Les négociations sur le climat ressemblent de plus en plus à un énorme marché. Les pays développés, historiquement responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre, inventent toutes sortes d’artifices pour éviter d’avoir à réduire leurs propres émissions. Par exemple, le “Mécanisme pour un développement propre” (CDM en anglais) établi par le protocole de Kyoto permet aux pays industrialisés de continuer à polluer et à consommer comme toujours, payant en contre partie un faible montant pour que les pays en développement réduisent leurs émissions.

Monsanto essaye de nous convaincre que les monocultures de son soja OGM Roundup Ready peut bénéficier des crédits carbone parce qu’elles contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui réchauffent la planète par l’accumulation de matière organique dans le sol. Les communautés vivant près de ces grandes plantations de soja sont un exemple vivant des effets mortels et dévastateurs de ces monocultures. D’autres arguments erronés de ce type sont utilisés pour vendre des crédits carbones basés sur les monocultures forestières, les plantations pour la production d’agrocarburants et la production animale industrielle.

Finalement, de nombreux gouvernements en développement, attirés par ces nouvelles opportunités de financement, tendent à appliquer ces fausses solutions plutôt que de mettre en œuvre des solutions traitant réellement le changement climatique avec des solutions comme soutenir une agriculture paysanne durable, orienter la production vers les marchés locaux, mettre en place des politiques d’économie d’énergie efficaces pour l’industrie, etc.

Nous exigeons l’application de mille solutions de la société civile en vue du changement climatique!

Il est temps maintenant pour l’UNFCCC/CCNUCC de s’engager à mettre en place des politiques fermes afin de résoudre de chaos climatique. Les pays ont besoin de prendre des engagements clairs et contraignants pour réduire drastiquement les émissions de gaz et changer radicalement leurs modes de production et de consommation.

Le changement climatique aggrave également la crise des migrations. La sécheresse, les terribles inondations causées par de fortes tempêtes, la pollution des eaux, l’érosion et la dégradation des sols, ainsi que d’autres impacts destructeurs du désastre environnemental causé par les mesures néolibérales, entraînent le déplacement de milliers de personnes, surtout des femmes et des paysans ruinés. Ils se voient forcés de quitter leurs communautés rurales pour se rendre dans les villes ou dans les pays du Nord dans une recherche désespérée de moyens de subsistance pour eux et leurs familles.

Il est estimé que 50 millions de personnes ont été obligées d’immigrer au motif des changements climatiques. Selon l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), ces « déplacés climatiques » sont venus gonfler les rangs de plus de 200 millions d’êtres humains migrants, ce qui représente aujourd’hui la crise de migration la plus forte qu’ait connue l’humanité.

Or des solutions existent. Plus de 35.000 personnes se sont réunies à Cochabamba en Bolivie pour la Conférence des Peuples sur le Changement climatique et pour les Droits de notre Mère Terre dans le but d’élargir de nouvelles conceptions et propositions en vue de sauver la planète. Les mille 1000 solutions proposées par les peuples permettent de faire face à la crise climatique.

Nous demandons à la CCNUCC/ UNFCCC de reprendre à son compte les propositions de la Conférence des Peuples de Cochabamba et de rejeter toutes solutions fausses mitonnées pour le moment. Entre autres:

  • Défense des droits de la terre et de la forêt: La REDD + initiative (Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts dans les pays en développement) devrait être rejetée. Protéger les forêts et replanter les forêts dégradées est une obligation de tous les gouvernements sans pour autant limiter l’autonomie, les droits et le contrôle des peuples autochtones et des paysans sur leurs terres et leurs territoires et sans que cela serve d’excuse pour que d’autres pays et entreprises puissent continuer à polluer et à planter des monocultures. C’est pourquoi, les droits territoriaux et culturels des peuples autochtones et des paysans devraient être explicitement reconnus dans tout accord sur le climat.
  • Rejeter la géo- ingénierie : les propositions à grande échelle pour altérer délibérément le climat, telles que le biochar (charbon de bois) et les plantes OGM supposées augmenter la réflectivité et la résistance à la sécheresse, la chaleur et au sel ; la fertilisation des océans ou la création de nuages ne sont pas des solutions et entrainent uniquement de nouveaux problèmes ingérables. La géo-ingénierie n’est qu’un exemple parmi d’autres de la façon dont les transnationales cherchent à jouer avec l’avenir de la planète et de l’humanité afin de générer de nouvelles sources de profit.
  • Rejeter tous Systèmes d’échange de quotas d’émission de dioxyde de carbone et les Mécanismes pour un Développement propre (CDM en anglais): Le marché du carbone s’est avéré extrêmement lucratif en termes de création de dividendes pour les investisseurs mais a complètement échoué à l’heure de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans le “marché du carbone” nouvellement inventé, le prix du carbone continue à baisser drastiquement ce qui encourage encore plus de pollution. Tous ceux qui émettent du carbone devraient localement réduire leurs émissions plutôt que négocier leurs droits à polluer.
  • Rejeter toute participation de la Banque mondiale à la gestion des fonds et des politiques ayant trait au changement climatique.

Nous avons besoin de millions et millions de communautés paysannes et de peuples autochtones pour nourrir l’humanité et refroidir la planète.

Des recherches ont démontré que les paysans et les peuples autochtones peuvent réduire de 75% les émissions globales actuelles en récupérant les matières organiques du sol, en remplaçant la production industrielle de la viande par une production alimentaire diversifiée à petite échelle, en développant les marchés locaux, en stoppant le déboisement et en pratiquant une gestion intégrée de la forêt.

L’agriculture familiale et paysanne, non seulement contribue positivement à l’équilibre du carbone de la planète, mais elle permet également de créer de l’emploi pour 2 milliards 800 millions de personnes – femmes et hommes-  à travers le monde et elle reste le meilleur moyen de combattre la faim, la malnutrition et la crise alimentaire actuelle.

Le droit  à la terre, la récupération des territoires, la souveraineté alimentaire, l’accès à l’eau comme étant un bien commun et un droit humain, le droit d’utiliser, conserver et échanger les semences, la déconcentration et la promotion des marchés locaux, constituent les conditions indispensables pour que les paysans, les paysannes et les peuples indigènes puissent continuer à alimenter le monde et à refroidir la planète.

Rejoignez-nous pour organiser les mille Cancuns!

En collaboration avec d’autres organisations, durant la réunion de la COP 15, nous allons mettre en place Forum Alternatif Global « Pour la vie et la justice environnementale et sociale », qui rassemblera les forces de résistance des paysans et paysannes du monde qui refroidissent la planète (voir programme ci dessous).

un campement à Cancun, en vue de réunir les forces et la

Nous invitons également tous les mouvements sociaux, les organisations populaires et tous les peuples du monde à organiser le 7  décembre 2010 un millier de manifestations ou actions es fausses solutions et les solutions marchandes. Nous nous déclarons en mobilisation permanente jusqu’à ce que nous puissions faire échouer les négociations du marché à Cancun en décembre.

L’agriculture paysanne refroidit la planète !

Globalisons la lutte !

Globalisons l’espoir !

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Par Ana Filippini, point focal pour l’Amérique latine du réseau Femmes pour la justice climatique, GenderCC, mujeresporjusticiaclimatica@gmail.com.

L’analyse de la Déclaration des Peuples [1] issue de la Conférence des peuples sur le changement climatique et les droits de la Mère-Terre, qui a eu lieu du 20 au 22 avril à Cochabamba, Bolivie, peut nous faire penser que le thème de l’égalité entre les sexes n’y a pas été abordé.

Si, en termes généraux, il est possible de dire que la perspective de genre n’a pas été incorporée en substance dans les conclusions des groupes de travail, certains textes n’en comportent pas moins des références à la question. Cependant, les femmes sont mentionnés dans les conclusions du groupe de travail essentiellement comme un groupe vulnérable. (Par exemple : dans le groupe 6 sur les migrations, on précise que ce sont les femmes qui souffrent des situations les plus graves provoquées par la migration ; dans le groupe 7 sur les peuples indigènes, on réclame la participation pleine et entière des groupes vulnérables, en incluant les femmes ; le groupe 8 sur la dette climatique mentionne deux fois les femmes dans les groupes vulnérables ; le groupe 12 sur le financement, réclame une représentation des femmes dans le nouveau mécanisme de financement qui devra être créé afin de prendre en charge les coûts du changement climatique, et le groupe 14 sur les forêts demande que l’on reconnaisse le rôle des femmes dans la préservation des cultures et la conservation des forêts indigènes et des jungles, et demande la création d’un groupe d’experts composé d’au-moins 50 % de femmes). [1]

Cependant, il ne serait pas juste d’évaluer l’influence des groupes féministes et des groupes de femmes uniquement sur la base des textes produits par la conférence, et de ne pas considérer les importantes contributions qui ont vu le jour parallèlement aux groupes qui ont élaboré le document final. Voyons-en quelques exemples.

Le Groupe de Travail Féministe de l’Appel mondial à l’action contre la pauvreté (de sigle GCAP en anglais) a présenté en atelier les conclusions des tribunaux sur le genre et le changement climatique qui se sont tenus dans sept pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. La présentation a inclus une analyse des impacts du changement climatique différenciés selon le sexe, entre autres le manque d’accès à l’eau potable et à l’eau pour l’agriculture, l’impact sur la souveraineté alimentaire et la plus grande dépendance économique et dans le marché, les sècheresses prolongées et les pluies hors-saison, et la perte de la faculté de produire des médicaments naturels due à la réduction de la quantité disponible de plantes adéquates. Cette activité a été positivement évaluée par les participants des deux sexes qui ont introduit ainsi un thème important, peu abordé dans la conférence. Mais l’apport le plus important de ce groupe a peut-être été lié au rôle de l’éducation dans la production de changements dans les modes de production et de surconsommation, qui sont les vraies causes du changement climatique. [2]

La réunion organisée par le Réseau Latino-Américain de femmes agents de transformation de l’économie (REMTE) a produit d’importants apports sur « les causes structurelles du changement climatique et les défis d’une économie pour la vie », perspective vers laquelle convergent les propositions du Bien Vivre, les visions et les pratiques de l’économie communautaire ancestrale, de l’économie féministe et de l’économie écologiste. Dans une très brève synthèse, on exprime qu’« il s’agit d’aller vers une économie qui favorise la reproduction amplifiée de la vie, et non pas celle du capital ».

Dans le même sens, lors de l’Assemblée des mouvements sociaux qui s’est tenue pendant la conférence, les luttes des femmes ne sont pas passées inaperçues. Dans la lettre qui a été publiée, on affirme que « les résistances [à la crise climatique évaluée comme une partie de la crise globale] sont construites à partir de l’interrelation de diverses perspectives : anticapitalistes, antipatriarcales, anticolonialistes et antiracistes »… et que, dans « le processus d’articulation en construction permanente », un des « moments-clés » sera la Troisième action internationale de la Marche Mondiale des Femmes, au Congo, au mois d’octobre. [3]

Pour leur part, les représentantes latino-américaines de l’organisation Genre et changement climatique, Femmes pour la Justice Climatique (en anglais Gender CC), ont réalisé une analyse des impacts du changement climatique selon les genres dans des communautés de Colombie et de Bolivie. Mais leur apport le plus important a été sans doute l’analyse de l’impact qu’ont sur les femmes les fausses solutions au changement climatique préconisées jusqu’à aujourd’hui. Celles-ci comprennent, entre autres, l’augmentation des plantations d’arbres pour la fabrication d’agrocarburants et le piégeage du carbone, et les barrages hydroélectriques géants, présentés comme sources d’énergie supposée propre. Il s’agit de fausses solutions car, du point de vue climatique, elles ne s’attaquent pas aux véritables causes et, ce qui est pire, elles aggravent les injustices qui frappent les communautés les plus pauvres. En particulier, comme il a été abondamment démontré, elles pèsent spécialement sur la vie des femmes. [4]

Le groupe Féminisme communautaire latino-américain, qui parle au nom des mouvements et organisations sociales féministes, a aussi fait un apport substantiel. Il a publié une Déclaration née du document présenté par l’un des ateliers. Ce document avait été discuté en atelier, puis la discussion s’est poursuivie dans un espace ouvert, avec les apports de camarades indigènes et de camarades d’autres pays. On y analyse en détail les concepts de Pachamama, de communauté, de réciprocité, d’autonomie et de changement climatique. Comme il s’agit d’un document long, nous ferons seulement référence à certains points qui concernent le changement climatique, et qui nous semblent particulièrement importants. [5]

À ce sujet, le document explique que le changement climatique « est la conséquence de l’activité humaine, de ses excès conçus dans le cadre d’un modèle de développement déprédateur, qui se sustente par la consommation de combustibles fossiles et par la déforestation, violentant la nature pour élargir les villes de béton. Un système capitaliste et patriarcal où tout est marchandise, où tout peut être de propriété privée et avoir un prix, et où toute conséquence néfaste de l’activité humaine peut être arrangée ou modifiée par la science et la technologie. Il est la conséquence d’un système qui, au faîte de son pouvoir, se prend pour le Créateur et qui, en réalité, a miné les conditions minimales de perpétuation de la vie dans un cosmos harmonieux qui, pour nous, est la Pachamama ».

Le patriarcat pour nous, explique une des participantes indigènes du mouvement, c’est un système d’oppressions qui a enfanté, entre autres choses, le colonialisme et le néolibéralisme, deux formes différentes de déprédation de la vie, dont la dernière est celle qui détruit la Pachamama avec le plus de cynisme. C’est pour cela, ajoute-t-elle, que ce ne sont pas les peuples indigènes qui vont sauver la planète car, hommes et femmes, les indigènes sont aussi de culture patriarcale, et que c’est le patriarcat qui détruit la vie. D´où la nécessité de cette déclaration du Féminisme communautaire, parce qu’il s’agit d’une lutte pour les rêves.

Sur les effets du changement climatique, elle ratifie l’analyse faite par d’autres groupes qui affirment que ces effets « sont différents pour les femmes, et sont plus intenses, à cause du rôle que la société leur a assigné, au centre duquel se trouvent la production, l’alimentation et les soins de la famille, élever les enfants et travailler hors du foyer, ce qui n’implique pas que la femme cesse de s’occuper du travail dit domestique. Tout ceci fait que les changements du climat aient sur elle des effets plus intenses ».

La déclaration récuse le fait que la même logique qui assigne de façon non équitable les rôles et les tâches nécessaires au maintien de la société soit utilisée pour faire face au changement climatique. Les responsables, ces pays qui se disent développés et qui ont détruit, pollué et violenté la Pachamama, leurs industries, leurs élites et leurs grandes entreprises prétendent compenser et fixer le prix de la destruction. Sur ce sujet, le document conclut avec emphase : « depuis notre regard féministe communautaire, nous réitérons que nous ne voulons pas d’argent en compensation des dégâts causés à la Pachamama ou aux femmes. Accepter de l’argent serait une bombe à retardement qui leur permettrait de continuer à exploiter en payant pour le faire. Nous voulons une restitution de nos droits. Il n’est maintenant plus possible de réparer le mal causé, mais on peut rendre ses droits à la Pachamama, et pour cela démanteler le patriarcat avec ses états, ses armées, ses sociétés transnationales, sa logique hiérarchique et toute la violence que cela implique envers les femmes et la Pachamama. Nous n’accepterons pas non plus, nous les femmes, qu’on nous rende responsables de la déprédation, car ce à quoi nous sommes confrontés est une tâche communautaire. C’est-à-dire de toutes et de tous ».

Les femmes ont parlé clairement à Cochabamba. Il reste l´énorme tâche de la diffusion de ces apports et de leur inclusion réelle dans le programme des mouvements sociaux qui luttent pour le changement.

[1] On peut voir les textes complets sur la page Web de la conférence : http://cmpcc.org/.

[2] Voir les détails sur la conférence et la présentation dans le texte distribué par Ana Agostino, disponible sur : http://www.icae2.org/files/349c.pdf.

[3] Le texte complet de la lettre est disponible en espagnol sur : http://www.wrm.org.uy/actores/CCC/CMPCC/Movimientos_Sociales.html.

[4] Textes complets et power points en espagnol disponibles sur la page Web de Gendercc : http://www.gendercc.net/.

[5] Le document complet est disponible en espagnol sur : http://www.kaosenlared.net/noticia/pronunciamiento-feminismo-comunitario-latinoamericano-conferencia-pueb.

Publié dans l’édition française duBulletin du WRM Nº 154, Mai 2010.

Pour s’abonner gratuitement au bulletin envoyez un message a wrm@wrm.org.uy

Mouvement Mondial pour les Forets Tropicales – http://www.wrm.org.uy


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Vers une plate-forme de Jubilé Sud sur le Changement Climatique, la Dette Écologique et la Souveraineté Financière
Nous partageons la publication électronique du document publié par Jubilé Sud sur la relation entre la dette écologiques et financiers et de fausses propositions de changement climatique. Nous invitons une réflexion plus approfondie et de contribuer à ce débat. http://www.jubileesouth.org/files/publication_climate_debt_4-1_frances.pdf


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La nouvelle version du site CJN! a été ouverte mi-avril et la page d’accueil a été consacrée à la conférence de Cochabamba (vous trouverez tous ces articles dans la rubrique “évènements”.

Nous ouvrons maintenant une nouvelle page d’accueil avec une colonne pour les “news” et l’autre pour les textes et analyses issus des mouvements et réseaux. Nous commençons par une vidéo (en anglais) sur les marchés du carbone.

Story on Cape & Trade


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Du 1er au 7 mai de nombreuses réunions se sont tenues à Mexico pour discuter des projets de mobilisation au Mexique et à Cancun pour la COP 16. Ces réunions se sont tenues à l’occasion du Forum Social thématique (sur les crises) de Mexico du 2 au 4 mai et de la session, dans la même ville, du Conseil International du Forum Social Mondial du 3 au 7 mai dans un climat marqué par le succès du sommet des peuples de Cochabamba sur le changement climatique et la défense de la “terre-mère”.

Dans la capitale, Mexico DF (Districto Federal), un rassemblement très large, à l’invitation de la fondation Henrich Boell et comprenant des ONG et mouvements liés à des organisations internationales, comme GreenPeace, des coalitions déjà existantes, comme le RMALC, qui lutte contre les accords de libre-échange et de nombreux groupes et organisations nationales et locales, le plus souvent actives sur le terrain environnemental. Ce rassemblement n’a pas encore the plate-forme ni de définition très précise. C’est – à cette étape – un espace ouvert qui ne prétend pas évidemment représenter la totalité de ce qui se prépare pour le COP16, mais déjà des initiatives sont en chantier, comme une caravane centrée sur l’économie solidaire qui devrait partir d’Aguascalientes, dans le centre du Mexique, mi-octobre, passer par Mexico et San Cristobal de las Casas, au Chiapas, avant de rejoindre Cancun à la fin novembre. Un groupe de militants essaie de mettre un place un “Klimaforum10″, à l’image de ce qu’on fait les mouvements danois qui avaient mis en place le klimaforum à Copenhague, avec une plate-forme plus précise, ces militants discutent avec la coalition plus large sans que le type de collaboration entre eux soit encore défini.

Etaient également présents des militants de l’UNORCA et de la Via Campesian North America, qui font partie de Via Campesina et ont une importante base sociale dans le pays et en particulier au sud, dans la région de Cancun. Ces mouvements se sont donnés comme premier objectif de mobiliser leur base, avant de rejoindre de manière plus active une coalition plus large.

Des militants de Cancun et de la région étaient également présents. A l’origine le gouvernement mexicain avait annoncé que le COP16 aurait lieu à Mexico DF, pensant qu’un accord aurait été conclu à Copenhague et que le COP16 se passerait sans problème…. Devant l’échec de Copenhague et étant inquiet des mobilisations autour de la conférence, le gouvernement mexicain a changé d’avis et décidé d’organiser la conférence à Cancun, à plus de 2000km de Mexico DF, et dans une zone touristique très facilement isolable du reste de l’agglomération. Les militants locaux ont décidé de relever le défi et construise une coalition large, mais ils entendent le faire dans l’esprit de la déclaration de Cochabamba.

A l’issue de ces réunions, tous les participants, dont les militants venant des Etats-Unis, d’Asie, d’Europe et d’Afrique, ont estimé utile de se revoir, avec une réunion internationale au Mexique en septembre ou début octobre, sachant que de nombreuses réunions internationales auront lieu à Bonn, début juin, pendant la session intermédiaire de l’UNFCCC, puis à Détroit, pendant le Forum social des Etats-Unis, à Istanbul début juillet pendant le Forum social européen et à Asuncion, au Paraguay, pendant le Forum social des Amérique, pendant la deuxième quinzaine d’août.

Christophe Aguiton et Nicola Bullard


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Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre-Mère / 22 avril Cochabamba, Bolivie

Aujourd’hui, notre Terre-Mère est blessée et l’avenir de l’humanité est en péril.

Si la planète se réchauffe de plus de 2º C, comme l’implique ledit « Accord de Copenhague », il y a 50 % de chances que les dommages que subirait notre Terre-Mère soient totalement irréversibles. 20 % à 30 % des espèces seraient en danger d’extinction. De vastes étendues de forêt seraient touchées, les sécheresses et les inondations toucheraient différentes régions de la planète, les déserts s’étendraient et la fonte des pôles et des glaciers dans les Andes et l’Himalaya s’aggraverait. De nombreux états insulaires disparaîtraient et l’Afrique subirait un accroissement de la température de plus de 3º C. De même, la production d’aliments réduirait à l’échelle mondiale avec des conséquences catastrophiques pour la survie des habitants de vastes régions de la planète, et le nombre de personnes souffrant de famine dans le monde, qui dépasse déjà 1,02 milliard, augmenterait de façon dramatique.

Les entreprises et les gouvernements des pays dits « les plus développés », avec la complicité d’une partie de la communauté scientifique, réduisent la question du changement climatique à une élévation de la température sans en aborder la cause qui est le système capitalisme.

Nous sommes confrontés à la crise ultime du modèle de civilisation patriarcal fondé sur la soumission et à la destruction des êtres humains et de la nature qui s’est accéléré avec la révolution industrielle.

Le système capitaliste nous a imposé une logique de concurrence, de progrès et de croissance illimitée. Ce régime de production et de consommation repose sur la recherche de gains sans limites, en séparant l’être humain de la nature et en instaurant une logique de domination sur cette dernière, transformant tout en marchandise : l’eau, la terre, le génome humain, les cultures ancestrales, la biodiversité, la justice, l’éthique, les droits des peuples, et la vie elle-même.

En régime capitaliste, la Terre-Mère est simplement la source des matières premières et les êtres humains ne sont que des moyens de production et de consommation, des personnes qui ont de la valeur en fonction de ce qu’ils possèdent et non par ce qu’ils sont.

Le capitalisme a besoin d’une puissante industrie militaire pour mener à bien son entreprise d’accumulation et pour assurer le contrôle des territoires et des ressources naturelles, en usant de répression contre la résistance des peuples. Il s’agit d’un système impérialiste qui colonise la planète.

L’humanité est aujourd’hui à la croisée des chemins : poursuivre sur la voie du capitalisme, de la mise à sac et de la mort ou emprunter le chemin de l’harmonie avec la nature et du respect de la vie.

Nous exigeons la fondation d’un nouveau système qui rétablisse l’harmonie avec la nature et entre les êtres humains. L’équilibre avec la nature n’est possible que s’il y a équité entre les êtres humains.
Nous proposons aux peuples du monde de récupérer, de revaloriser et de renforcer les connaissances, les savoirs et les pratiques ancestrales des Peuples indigènes, affirmés dans l’expérience et la proposition du « Vivre bien », en reconnaissant la Terre-Mère comme un être vivant, avec lequel nous avons une relation indivisible, interdépendante, complémentaire et spirituelle.

Pour faire face au changement climatique, nous devons reconnaître la Terre-Mère comme source de vie et fonder un nouveau système selon les principes suivants :
•    harmonie et équilibre entre tou-te-s et avec tout,
•    complémentarité, solidarité et égalité,
•    bien-être collectif et satisfaction des besoins fondamentaux de tou-te-s en harmonie avec la Terre-Mère ,
•    respect des droits de la Terre-Mère et des Droits de l’Homme,
•    reconnaissance de l’être humain pour ce qu’il est et non pour ce qu’il possède,
•    élimination de toute forme de colonialisme, d’impérialisme et d’interventionnisme,
•    paix entre les peuples et avec la Terre-Mère.

Le modèle que nous défendons n’est pas celui d’un développement destructif ou illimité. Les pays ont besoin de produire des biens et des services pour satisfaire les besoins fondamentaux de leur population, mais ils ne peuvent en aucun cas poursuivre sur cette voie de développement où les pays les plus riches ont une empreinte écologique cinq fois plus grande que ce que la planète peut supporter. Actuellement, la capacité de la planète à se régénérer a déjà été dépassée de plus de 30 %. A ce rythme de surexploitation de notre Terre-Mère , il nous faudrait deux planètes d’ici 2030.
Dans un système interdépendant dont nous, êtres humains, sommes un des composants, il n’est pas possible de reconnaître des droits uniquement à la partie humaine du système sans provoquer un déséquilibre de tout le système. Afin de garantir les droits de l’homme et de rétablir l’harmonie avec la nature, il est nécessaire de reconnaitre et d’appliquer véritablement les droits de la Terre-Mère .

Pour cela, nous proposons le projet de Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère dans lequel sont consignés :
•    le Droit de vivre et d’exister,
•    le Droit d’être respectée,
•    le Droit de poursuivre ses cycles et processus vitaux libre de toute dégradation humaine,
•    le Droit de conserver son identité et son intégrité comme êtres différenciés, autorégulés et interdépendants,
•    le Droit à l’eau comme source de vie,
•    le Droit à l’air libre,
•    le Droit à une bonne santé,
•    le Droit d’être libérée de la contamination et de la pollution, des déchets toxiques et radioactifs,
•    le Droit de ne pas être modifié génétiquement dans sa structure, menaçant son intégrité ou son système vital et sa santé,
•    le Droit à une réparation pleine et prompte pour les violations des droits reconnus dans cette Déclaration et causés par les activités humaines.

La vision partagée consiste à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre pour rendre effectif l’Article 2 de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, qui détermine « la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche les interférences anthropogéniques dangereuses pour le système climatique ». Notre but est d’exiger des pays développés, sur la base du principe des responsabilités historiques communes mais différenciées, qu’ils s’engagent à fixer des objectifs quantifiés en matière de réduction des émissions qui permettent de revenir à des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère de 300 ppm et de limiter ainsi l’augmentation de la température moyenne de la planète à un niveau maximum de 1°C.

En mettant l’accent sur la nécessité d’une action urgente pour respecter ces objectifs, et avec le soutien des peuples, des mouvements sociaux et des pays, les pays développés devront s’engager dans des objectifs ambitieux de réduction des émissions qui permettront d’atteindre des objectifs à court terme, en maintenant notre vision en faveur de l’équilibre du système de la Terre, en accord avec l’objectif ultime de la Convention.

La « vision partagée pour l’Action de Coopération à Long Terme » ne doit pas être réduite dans la négociation sur le changement climatique à la définition de la limite pour l’augmentation de la température et la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, elle doit inclure de manière complète et équilibrée un ensemble de mesures financières, technologiques, d’adaptation, de développement des capacités, de modèles de production et de consommation et d’autres éléments essentiels tels que la reconnaissance des droits de la Terre-Mère pour rétablir une harmonie avec la nature.

En assumant leur responsabilité passée et actuelle, les pays développés, principaux responsables du changement climatique, doivent reconnaitre et honorer leur dette climatique dans toutes ses dimensions, comme une base pour une solution juste, effective et scientifique au changement climatique. Dans ce cadre, nous exigeons des pays développés qu’ils :
•    rétrocèdent aux pays en développement l’espace atmosphérique qui est occupé par leurs émissions de gaz à effet de serre. Ceci implique la décolonisation de l’atmosphère par la réduction et l’absorption des émissions,
•    prennent en charge les coûts et les besoins de transfert technologique des pays en développement pour la perte d’opportunités de développement qu’ils subissent en vivant dans un espace atmosphérique réduit,
•    prennent sous leur responsabilité les centaines de milliers de personnes qui devront migrer à cause du changement climatique par leur faute et qu’ils suppriment leurs politiques de restriction de l’immigration et offrent aux personnes migrantes une vie digne ainsi que tous les droits accordés dans leurs pays,
•    assument la dette d’adaptation liée aux impacts du changement climatique dans les pays en développement en fournissant les moyens nécessaires permettant de prévenir, de minimiser et de régler les dommages causés par leurs émissions excessives,
•    honorent ces dettes comme faisant partie d’une dette plus grande encore envers la Terre-Mère, en adoptant et en mettant en application la Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère aux Nations Unies.

Il ne s’agit pas uniquement de compensation économique, mais principalement de justice réparatrice – c’est-à-dire de rendre leur intégrité aux personnes et aux membres de la communauté de vie sur Terre.

Nous déplorons la tentative faite par un groupe de pays d’annuler le Protocole de Kyoto, seul instrument légal inaliénable spécifique pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés.
Nous avertissons le monde que, malgré leur obligation légale, les émissions des pays développés, au lieu de réduire, ont augmenté de 11,2 % entre 1990 et 2007.

Aux Etats-Unis, les émissions de GES ont augmenté de 16,8 % entre 1990 et 2007 à cause de leur consommation illimitée, avec en moyenne 20 à 23 tonnes de CO2 rejetées par an et par habitant, ce qui représente plus de neuf fois les émissions moyennes d’un habitant du Tiers-monde, et plus de 20 fois les émissions d’un habitant de l’Afrique Subsaharienne.
Nous rejetons catégoriquement l’« Accord de Copenhague » que nous jugeons illégitime ; il permet aux pays développés de proposer des réductions insuffisantes d’émissions de gaz à effet de serre, sur la base d’engagements volontaires et individuels, qui violent l’intégrité environnementale de la Terre-Mère en entraînant une augmentation de la température de l’ordre de 4ºC.

La prochaine Conférence sur le Changement Climatique qui doit avoir lieu en fin d’année au Mexique doit approuver un amendement au Protocole de Kyoto, pour la seconde période d’engagement de 2013 à 2017, qui stipule que les pays développés doivent s’engager à des réductions domestiques significatives d’au moins 50 % par rapport à 1990, l’année de référence, sans prendre en compte les marchés du carbone ou autres systèmes de compensation qui masquent le fait que les objectifs de réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas remplis.

Nous exigeons que soit d’abord décidé un objectif global pour l’ensemble des pays développés qui serait ensuite décliné pour chacun des pays développés en comparant les efforts fournis par chacun, perpétuant ainsi le système du Protocole de Kyoto pour la réduction des émissions.

Les Etats-Unis d’Amérique, seul pays de la Terre de l’Annexe 1 n’ayant pas ratifié le Protocole de Kyoto, ont une grande responsabilité à l’égard de tous les peuples du monde car ils doivent ratifier le Protocole de Kyoto et s’engager à respecter et à réaliser des objectifs de réduction d’émissions à une échelle appropriée au regard de l’importance de son économie.

Nous, les peuples, avons les mêmes droits d’être protégés des impacts du changement climatique et rejetons la notion d’adaptation au changement climatique si elle est la résignation face aux impacts des émissions passées des pays développés, qui eux doivent adapter leurs modes de vie et de consommation devant cette urgence planétaire. Nous nous voyons contraints de faire face aux impacts du changement climatique, et considérons que l’adaptation est un processus, non une contrainte, qu’il est un outil permettant de les compenser, démontrant ainsi qu’il est possible de vivre en harmonie avec un modèle de vie différent.

Il est nécessaire de mettre en place un Fonds d’Adaptation, utilisé exclusivement pour faire face au changement climatique, et qui ferait partie d’un mécanisme financier géré et dirigé de manière souveraine, transparente et équitable pour nos Etats. Dans le cadre de ce fonds, il convient d’évaluer les impacts et leurs coûts dans les pays en développement et les besoins que ces impacts détournent, et enregistrer et superviser le soutien apporté par les pays développés. Ce fonds doit également gérer un mécanisme destiné à réparer-les dommages causés par des impacts passés et futurs, la perte d’opportunités et le provisionnement pour événements climatiques extrêmes et progressifs, et les coûts supplémentaires éventuels si notre planète dépasse les seuils écologiques ainsi que les impacts qui freinent le droit à Vivre Bien.

L’ « Accord de Copenhague », imposé aux pays en développement par quelques Etats, outre l’insuffisance des ressources qu’il propose, prétend en lui-même diviser et opposer les peuples et extorquer les pays en voie de développement en conditionnant l’accès aux ressources pour les efforts d’adaptation et de réduction.. De plus, il est inacceptable que dans les processus de négociation internationale, on tente de classifier les pays en développement en fonction de leur vulnérabilité au changement climatique, ce qui engendre entre eux des disputes, des inégalités et des ségrégations.

L’immense défi auquel nous devons faire face en tant qu’humanité pour contenir le réchauffement de la planète et la refroidir ne sera relevé que grâce à une profonde transformation de l’agriculture vers un modèle viable de production agricole paysan et indigène et vers d’autres modèles et pratiques qui contribueront à résoudre le problème du changement climatique et garantiront la Souveraineté Alimentaire, prise en son sens de droit des peuples à contrôler leurs propres semences, terres et eaux et la production de leurs aliments grâce à une production locale et culturellement ancrée, en harmonie avec la Terre-Mère, l’accès pour les peuples à une alimentation suffisante, variée et nourrissante en complémentarité avec la Terre-Mère et en améliorant la production autonome (participative, communautaire et partagée) de chaque nation et de chaque peuple.

Dans le monde entier, le changement climatique a maintenant un impact profond sur l’agriculture et sur les modes de vie des peuples indigènes et des paysans ; cet impact va empirer à l’avenir.

L’agro-industrie, avec son modèle social, économique et culturel de production capitaliste globalisée et sa logique qui consiste à produire des aliments pour le marché et non pas pour respecter le droit à une alimentation appropriée, est l’une des causes principales du changement climatique. Son approche technologique, commerciale et politique ne fait qu’exacerber la crise du changement climatique et augmenter la faim dans le monde. Pour cette raison, nous rejetons les Accords de libre-échange, les Accords d’associations et toutes les formes d’application des droits de la propriété intellectuelle sur la vie, les technologies actuellement à la mode (agrochimie, modifications génétiques) et celles qui proposent de fausses solutions (biocarburants, géo-ingénierie, nanotechnologies, etc..) et ne font qu’aggraver la crise en cours.

De même, nous dénonçons la façon qu’a le modèle capitaliste d’imposer des projets de méga-infrastructures et d’envahir des territoires avec des projets d’extraction, de privatisation de l’eau et de militarisation, expulsant des peuples indigènes de leurs terres, faisant obstacle à la souveraineté alimentaire et approfondissant la crise socio-environnementale.

Nous exigeons la reconnaissance du droit de tous les peuples, être vivants et Mère terre, d’avoir accès à l’eau et nous appuyons la proposition du Gouvernement bolivien de reconnaître l’eau comme un Droit humain fondamental.

La définition des forêts utilisée lors des négociations de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, qui inclut les plantations, est inacceptable. Les plantations en monoculture ne sont pas des forêts. Nous demandons donc que, lors de négociations, une définition qui reconnaisse les forêts vierges, les jungles et les différents écosystèmes de la terre soit adoptée

La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples indigènes doit être totalement reconnue et intégrée aux négociations sur le changement climatique. La meilleure stratégie et les actions les plus efficaces pour éviter la déforestation et la dégradation des forêts vierges et des jungles, et mieux les protéger, est de reconnaître et de garantir les droits collectifs aux terres et aux territoires, surtout si l’on considère que la plupart de ces forêts sont situées sur les territoires de peuples et des nations indigènes et d’autres communautés traditionnelles.

Nous condamnons les mécanismes de marché tels que REDD (réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts), ainsi que ses versions + et ++, qui violent la souveraineté des peuples et leur droit à un choix préalable librement consenti, de même que la souveraineté des Etats nationaux, les coutumes des peuples et les droits de la nature.

Les pays pollueurs ont l’obligation d’effectuer des transferts directs des ressources économiques et technologiques nécessaires pour financer la restauration et l’entretien des forêts au bénéfice des peuples et des structures organiques ancestrales, indigènes et paysannes. Ces compensations doivent être directes et en plus des sources de financement promises par les pays développés en dehors du marché du carbone, elles ne doivent jamais servir de compensations climatiques (offsets). Nous exigeons que les pays cessent dans les forêts et les bois toute action locale basée sur des mécanismes de marché, elles ne proposent que des résultats inexistants et conditionnés. Nous appelons les gouvernements à créer un programme mondial de restauration des forêts vierges et des jungles géré et administré par les peuples et faisant usage des semences de la forêt, des arbres fruitiers et de la flore autochtone. Les gouvernements devraient éliminer les concessions de forêts et appuyer le maintien des nappes de pétrole dans le sol, et mettre rapidement fin à l’exploitation des hydrocarbures dans les régions de forêts.

Nous appelons les Etats à reconnaître, respecter et garantir la mise en œuvre effective des normes internationales en matière de droits de l’homme et de droits des peuples indigènes, y compris la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes de la Convention 169 du BIT, parmi d’autres instruments appropriés pour les négociations, politiques et mesures utilisées pour affronter le défi posé par le changement climatique. Nous appelons tout particulièrement les Etats à reconnaître légalement les revendications de territoires, terres et ressources naturelles permettant et renforçant nos modes de vie traditionnels, contribuant ainsi efficacement à la résolution du problème du changement climatique.

Nous demandons l’application complète et effective du droit à la consultation, à la participation et au consentement préalable libre et informé des peuples indigènes lors de tout processus de négociation, et l’élaboration et l’application de mesures en relation avec le changement climatique.

La dégradation de l’environnement et le changement climatique atteignent actuellement des niveaux préoccupants, et les migrations internes et internationales en sont l’une des principales conséquences. Selon des évaluations, il y avait déjà en 1995 environ 25 millions de réfugiés climatiques. On en estime le nombre actuellement à environ 50 millions et on évalue à entre 200 millions et un milliard le nombre d’individus qui seront déplacés à cause de situations résultant du changement climatique d’ici à 2050.

Les pays dévelppés devraient assumer leurs responsabilités face aux réfugiés climatiques, les accueillir sur leurs territoires et reconnaître leurs droits fondamentaux en signant des conventions internationales définissant ce qu’on appelle un réfugié climatique et exigeant de tout Etat qu’il applique ces conventions.

Etablir un Tribunal international des consciences qui dénonce, matérialise, documente, juge et punisse les violations des droits des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées, que ce soit dans leur pays d’origine, en transit ou dans le pays de destination, en identifiant clairement les responsabilités des Etats, des entreprises et d’autres agents.

Les financements actuellement destinés aux pays en développement pour lutter contre le changement climatique et la proposition de l’Accord de Copenhague sont insignifiants. En plus de l’aide actuelle au développement et des fonds publics, les pays développés doivent prendre l’engagement de donner chaque année au moins 6% de leur PNB pour battre en brèche le changement climatique dans les pays en développement. Ceci est parfaitement viable si l’on considère qu’un montant similaire est dépensé pour la défense nationale et que l’on a injecté cinq fois plus d’argent pour aller au secours des banques en faillite et des spéculateurs, ce qui pose de sérieuses questions au sujet des priorités générales et de la volonté politique. Ce financement devrait être direct et inconditionnel et ne devrait pas interférer avec la souveraineté nationale ou le droit à l’auto-détermination des communautés et des groupes les plus affectés.

Au vu de l’inefficacité des dispositifs actuellement en vigueur, un nouveau mode de financement devrait être mis sur pieds lors de la Conférence sur le changement climatique de 2010 au Mexique, sous la direction de la Conférence des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations Unies pour le changement climatique (CCNUCC) et devant lui rendre des comptes, avec une représentation significative des pays en développement, pour assurer le respect des engagements de financement des pays de l’Annexe 1.

Il a été déclaré que les pays développés ont augmenté leur émissions de manière significative entre 1990 et 2007, malgré leurs allégations que la réduction serait substantiellement appuyée par les mécanismes du marché.

Le marché du carbone est devenu un commerce lucratif, faisant de notre Terre-Mère un article de commerce. Ce n’est donc pas une alternative valable pour faire face au changement climatique, puisqu’il pille et ravage la terre, l’eau et même la vie.
La crise financière récente a démontré que le marché est dans l’incapacité de réguler le système financier, qui est fragile et incertain à cause de la spéculation et de l’émergence des courtiers intermédiaires. Il serait de ce fait totalement irresponsable de laisser le soin et la protection de l’existence humaine et de notre Terre-Mère entre leurs mains.

Il est inadmissible que les négociations en cours proposent la création de nouveaux dispositifs qui étendent et font la promotion du marché du carbone, alors que les dispositifs existants n’ont ni résolu le problème du changement climatique, ni conduit à des actions réelles et directes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Il est nécessaire d’exiger des pays développés qu’ils remplissent les engagements pris dans le cadre de la CCNUCC en matière de développement et de transferts de technologies, et qu’ils renoncent à proposer des « vitrines technologiques » qui ne font que commercialiser de la technologie. Il est essentiel d’établir des directives destinées à la création d’un mécanisme multilatéral et pluridisciplinaire pour le contrôle, la gestion et l’évaluation coopératifs des échanges de technologies. Ces technologies doivent être utiles, propres et socialement irréprochables. De même, il est fondamental d’établir un fonds pour le financement et l’inventaire des technologies appropriées et libres de droits de propriété intellectuelle. Les brevets en particulier devraient passer des mains de monopoles privés au domaine public afin de garantir leur accessibilité et un coût peu élevé.

La connaissance et ses applications technologiques sont universelles et ne devraient en aucun cas faire l’objet de propriété privée ou d’usage privé. Les pays développés sont responsables du partage de leur technologie avec les pays en développement, de la construction dans ces pays de centres de recherche pour la création de technologies et d’innovations, et de la défense et de la promotion de leur développement et de leurs applications en matière de « bien-vivre ». Le monde doit redécouvrir et réapprendre les principes ancestraux et les approches des peuples indigènes pour arrêter la destruction de la planète ; il doit également promouvoir les pratiques, les connaissances et la spiritualité ancestrales afin de retrouver la capacité de « bien vivre » en harmonie avec la Terre-Mère.

Compte tenu du manque de volonté politique de la part des pays développés pour respecter effectivement leurs engagements et obligations vis-à-vis de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto, et étant donné le manque d’organisme international légal chargé de prévenir et de sanctionner les crimes envers le climat et l’environnement en violation des droits de la Terre Mère et de l’humanité, nous exigeons la création d’un Tribunal international pour la justice climatique et environnementale qui ait la capacité légale de prévenir, juger et pénaliser les Etats, l’industrie et les personnes qui volontairement ou par omission polluent ou provoquent le changement climatique.

Nous entendons soutenir les Etats qui déposent plainte auprès du Tribunal international pour la justice climatique et environnementale contre les pays développés qui ne remplissent pas leurs obligations envers la CCNUCC et le Protocole de Kyoto et ne tiennent pas leurs engagements de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Nous demandons instamment aux peuples de proposer et de promouvoir des réformes profondes au sein des Nations Unies, afin que tous les Etats membres observent les décisions du Tribunal international pour la justice climatique et environnementale.

L’avenir de l’humanité est en danger et nous ne pouvons pas permettre à un groupe de dirigeants des pays développés de décider pour tous les autres pays, comme ils ont essayé (sans succès) de le faire lors de la Conférence des Parties à Copenhague. Cette décision nous concerne tous. Il est donc essentiel de lancer un référendum mondial ou une consultation populaire sur le changement climatique par laquelle tou-te-s seront consultés en ce qui concerne les points suivants : le niveau de réduction des émissions des pays développés et des sociétés multinationales, le niveau de financement offert par les pays développés, la création d’un Tribunal international pour la justice climatique et environnemental, le besoin d’une Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère, et le besoin de changer le système capitaliste actuel. Le processus de référendum mondial ou de consultation populaire dépendra du processus de préparation garant de son succès.

Afin de coordonner notre action internationale et d’obtenir des résultats de cet « Accord des Peuples », nous appelons à la mise sur pied d’un Mouvement mondial des peuples pour la Terre-Mère, qui devrait avoir pour base les principes de complémentarité et de respect pour la diversité des origines et des visions de ses membres, établissant ainsi un espace large et démocratique pour la coordination et les actions communes dans le monde entier.

Dans ce but, nous adoptons le plan global d’action ci-joint pour qu’au Mexique les pays développés listés dans l’Annexe 1 respectent le cadre légal existant et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 50%, et que les différentes propositions contenues dans cet accord soient adoptées.

Finalement, nous décidons de tenir une Seconde conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère en 2011 comme faisant partie du processus de construction du Mouvement mondial des peuples pour la Terre-Mère et en réaction aux résultats de la Conférence sur le changement climatique qui se tiendra à la fin de cette année à Cancún au Mexique.


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Pauline Lavaud, de la Fondation France Libertés, revient sur le symbole qu’incarne Cochabamba, dont la population s’était soulevée dix ans plus tôt contre la privatisation de l’eau. Elle explique également quelles sont les attentes des mouvements qui veulent faire de l’eau un bien commun.

http://www.bastamag.net/article1001.html


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Tadzio Muller, militant actif du mouvement pour la justice climatique, organisateur des actions de blocage et de perturbation du sommet de Copenhague, participe à la conférence mondiale des peuples de Cochabamba. Il ne cache pas ses doutes, ses interrogations, mais aussi son enthousiasme. Le blocage du trafic aérien empêche de nombreux francophones de prendre part à cette rencontre. Privés de bloggeurs, Mouvements et Mediapart vous proposent donc la traduction du blog que Tadzio tient pour le Tageszeitung.

Prélude à la conférence sur le climat à Cochabamba – une excitation joyeuse et de nombreuses questions (article du 19 avril 2010)

Au petit déjeuner, pris au coin de la rue, la ville apparaît étonnamment vide. Pourtant, plus de 20 000 participants, de plus de 100 pays sont annoncé au sommet alternatif sur le climat (ou, pour être exact, la « Conférence mondiale des peuples sur le chanement climatique et les droits de la Terre-mère » – un peu lourd, mais ça a du sens en espagnol). Il est désormais plus probable que ne viennent que de 10 000 à 15 000 personnes. Conséquence de l’éruption du volcan islandais ou du fait que le gouvernement bolivien, qui a ses racines dans les mouvements sociaux de cultivateurs de coca et de peuples indigènes, ait exagéré à l’avance les chiffres, comme nous le faisons si souvent dans nos actions ? ça n’est pas clair.
L’excitation est néanmoins palpable. Pour la deuxième fois, depuis la « guerre de l’eau », lorsque que Cochabamba a lutté avec succès contre la privatisation de l’accès local à l’eau, la ville est au centre des processus politico-économiques globaux.
Retour en arrière, en décembre 2009. Après la débâcle de la conférence sur le climat manquée – une surprise pour une conférence présentée par une propagande de haut-niveau comme un « espoir pour le monde » (mot clef : « Copenhague, dernière chance ») et pour de nombreux mouvements environnementaux ; mais un échec annoncé plus d’un an à l’avance par les mouvements globaux pour la justice climatique émergents – la même question se pose partout : comment continuer la politique climatique ? Après 15 sommets sur le climat, doit-on continuer à miser sur la convention cadre sur le changement climatique, qui semble toujours un peu plus faible ? Que faire de l’expansion continue des échanges d’émissions, qui certes ouvre des perspectives massives de profits potentiels, mais que même la Deutsche Bank, connu de toute part comme écologiquement radicale, a décrit comme étant dénué de sens d’un point de vue écologique ? Et où peut-on vraiment parler des changements structurels, nécessaire pour au moins parvenir à passer la crise climatique partiellement sous contrôle, comme par exemple la suppression progressive des combustibles fossiles, de l’agriculture industreille et, pour finir, de la folie d’une croissance économique infinie dans une planète finie ?
Face à ce vide, le gouvernement bolivien a été le plus prompt à réagir, du moins à gauche. Evo Morales a appelé à organiser un sommet alternatif sur le climat, dont le but est de créer un espace où formuler une nouvelle politique climatique. Une politique qui appréhende le changement climatique comme un symptôme, au moins indirect, de l’économie capitalise, une politique qui fasse au moins autant confiance aux mouvements sociaux mondiaux qu’aux gouvernements, une politique du climat qui, pour finir, ambitionne de prendre au sérieux les transformations structurelles. Et ils sont maintenant tous là – bon, d’accord, tous ceux qui n’ont pas été bloqués en Europe, en Asie ou ailleurs par un volcan. Des délégations gouvernementales de pays de tous les continents, les autonomes qui prennent d’assaut les sommets, les bureaucrates de l’ONU, les cultivateurs andins de coca. Comment vont-ils pouvoir s’entendre ? Personne ne le sait encore vraiment. Je frémis d’avance en pensant aux problèmes de traduction, pas seulement linguistiques, mais aussi culturels. Sur quoi doivent-ils se mettre d’accord, sur quoi est-il possible de se mettre d’accord ici ? Sur des actions, sur – c’est une proposition du gouvernement bolivien – un referendum mondial sur le changement climatique, voire sur un tribunal international de l’environnement ? S’agit-il ici d’abord d’une sorte de Forum Social Mondial du climat, convoquée cette fois-ci non par les mouvements mais par un gouvernement ? Et pour moi, qui ai toujours préférer protester à l’extérieur des sommets que discuter de l’intérieur : où sont les contradictions, qu’est-ce qui est en train d’être caché sous le tapis, de sorte que de l’extérieur, tout ait l’air harmonieux et joli ? De nombreux critiques ont déjà levé la voix, Evo et son parti-mouvement/mouvement-parti (le MAS, le mouvement pour le socialisme) excluent d’autres groupes et des Indigènes de la conférence, et sont, à la maison, favorables à un « nouvel extractivisme », pour l’exploitation classique des ressources naturelles, même si internationalement ils parlent de manière intelligente de la « Pachamama », « la Terre-mère » des indigènes.
Beaucoup de questions. On verra quelles réponses les prochains jours nous apporterons. Je dois maintenant y aller, je suis déjà en retard : soit pour me rendre à une action critique contre le sommet, soit pour le discours d’ouverture d’Evo. Un sommet complètement différent, ou bien l’éternel retour du même ? Plus d’informations là-dessus dans les prochains jours…

D’un côté, de l’autre (article du 20 avril 2010)

Sommet ou Forum Social Mondial pour le climat ? Intervention concrète dans l’équilibre global des pouvoirs ou bien événement purement discursif ? Faire la fête ou bien critiquer ? Le premier jour du sommet alternatif sur le Climat de Cochabamba n’a pas vraiment apporté de réponse évidente, mais plutôt un d’un-côté/de-l’autre permanent.
Sommet : la conférence est surveillée par tant d’uniformes qu’on en viendrait à perdre à la vue d’ensemble. Ai-je été réprimandé par la police régulière, par la police militaire ou bien par un soldat ? Peu importe. Qui ses hommes au regard sombre, équipé de leurs énormes fusils de chassent protègent-ils ? et qui intimident-ils ?
Forum Social Mondial : de nombreux-ses participant-e-s ne prennent pas part aux groupes de travail organisés longtemps à l’avance mais sont allongés sous le soleil agréablement chaud, debout dans une file attendant leur nourriture gratuite issue de l’économie solidaire, ou observent les flux multicolores de gens qui s’activent sur le campus de l’université.
Comme je l’ai dit : d’un côté, de l’autre… D’un côté, la conférence est un signe politique incroyablement important. Ici, on ne parle pas seulement du changement climatique comme un problème abstrait lié à l’accumulation invisible de gaz, mais comme la conséquence de la croissance capitaliste folle. Evo Morales s’est construit, ainsi qu’aux mouvements, une scène sur laquelle il est possible de raconter une histoire (anticapitaliste) sur le monde, qui n’a ailleurs que très peu d’espace. Cela ne doit pas être sous-estimé. D’un autre côté, on ne sait pas ce qui adviendra vraiment des déclamations solennelles – entre autres parce qu’Evo Morales et sont gouvernements semblent parfois jouer un double jeu, qui ne devrait pas être inconnu des observateurs des négociations de l’ONU sur le climat : au niveau international, tenir de très beaux discours, mais au niveau national mettre en œuvre le « business as usual » courant et sale. La Bolivie n’est, par exemple, pas seulement l’avant-garde d’une nouvelle politique climatique anticapitaliste, mais aussi – aux côtés du gouvernement du camarade Hugo Chavez, celle de ce que l’intellectuel Uruguayen Eduardo Gudynas décrit comme « nouvelle extractivisme », autrement dit un modèle de développement qui s’inscrit pleinement dans la logique du capitalisme fossile prédateur de ressources. Que cela soit contrôlé étatiquement ou par le secteur privé n’est pas vraiment important. Cela sans même aborder les critiques internes sur la politique de son mouvements MAS, particulièrement la marginalisation des groupes indigènes qui ne sont pas conformes à la ligne du MAS, de son culte grandissant de la personnalité, et bien plus encore.
La question suivante se pose alors : comment exprimer la critique ? Après tout, ce ne sont pas vraiment les hommes au regard sombre avec leur fusil de chasses qui cachent les forces sceptiques vis-à-vis du MAS et d’Evo qui formulent cette critique, mais plutôt la situation interne à la Bolivie. Les gouvernements de gauche en Amérique Latine doivent toujours, comme le montre l’histoire, faire face à un ensemble puissant formé par l’élite interne réactionnaire et ses alliés internationaux (souvent, mais pas uniquement, les Etats-Unis). Quelqu’un se souvient-il encore du coup d’état manqué contre Chavez au début de la décennie passée ? Sans parler du Chili, du Guatemala ou d’autres pays. En Bolivie, cette opposition de droite, clairement contre-révolutionnaire prend la forme d’un « mouvement pour l’autonomie » des régions de plaine les plus riches du pays contre les régions pauvres des plateaux, dans lesquelles le MAS est actif. Ces demandes d’autonomie ont à plusieurs reprises amené le pays au bord de l’effondrement. Dans une telle situation, toutes les forces de gauche doivent être prudentes, pour éviter que leurs critiques éventuelles envers Evo et le MAS ne jouent pas le jeu de la droite radicale (c’est clairement une question que l’on retrouve à l’échelle internationale à propos du climat : les personnes qui critiquent l’ONY ne jouent-elles pas le jeu des USA et des climatosceptiques ?).
Le résultat concret de ce complexe d’un-côté/de-l’autre : hier soir, je devais me rendre à une rencontre avec un collectif critique du MAS, pour préparer une action qui devait permettre d’exprimer une position critique, mais pas complètement antagoniste à l’intérieur de la conférence. La réunion (très pittoresque, presque gothique/morbide : elle devait se tenir dans un cimetière) a été annulée au dernier moment. Pourquoi ? Au lieu de préparer l’action, le collectif s’est décidé à collecter les ordures sur les lieux de la conférence.
D’un côté, de l’autre : ça ne changera pas vraiment d’ici la fin de cette rencontre. À ce propos, un de mes amis m’a dit hier : une politique qui n’est pas aussi un petit peu bordélique, un peu compliquée et peu claire n’en vaut pas la peine. À cela, pas d’alternative.

Traduit de l’allemand par Nicolas Haeringer dans le cadre du projet www.m-e-dium.net
initialement publié sur http://bewegung.taz.de/aktionen/bol…


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Voici la lettre de l’écrivain urugayen Eduardo Galeano, par laquelle il a souhaité s’adresser à l’ensemble des participants :

http://www.mouvements.info/Les-droits-de-l-Homme-et-les.html


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(Cochabamba, 20 april, 2010) Ce matin, Itelvina Masioli, dirigeante Brésilienne du mouvement paysan international La Via Campesina a fait un discours lors de l’inauguration de la Conférence des Peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère. Le Président Bolivien Evo Morales était l’orateur principal devant une assemblée de plusieurs milliers de personnes.

La conférence, organisée par le gouvernement bolivien après que les négociations de Copenhague sur l’arrêt du changement climatique se soient soldées par un échec, en décembre dernier, se tient du 19 au 22 avril. Son but est d’amplifier les voix de ceux qui n’ont pas été entendus à Copenhague.

“Nous sommes ici avec le Président Evo Morales pour jouer un role actif dans cette mobilisation mondiale pour la défense de la Terre Mère,” a dit Masioli. “Notre planète est en danger, et si notre planète est en danger, alors la vie est en danger.”

“Nous discutons ici de deux grands projets. D’un côté se trouve le projet du capital, de l’impérialisme qui signifie pillage, qui signifie mort, ce sont toutes les fausses solutions au changement climatique et nous les rejetons entièrement”.

“Nous affirmons que nous devons changer le système et non le climat,” continue Masioli. “Nous voulons construire un autre projet: un projet de vie. Un projet basé sur des principes qui défendent la vie, la Terre Nourricière, basé sur un autre modèle de développement économique, politique et culturel. Voila pourquoi nous sommes ici”.

L’invitation de La Via Campesina par le gouvernement bolivien, à parler lors de l’inauguration de la conférence symbolise l’importance que le mouvement a acquis depuis sa fondation en 1993 en tant qu’expression mondiale des paysans. Masioli est l’une des 300 délégués de La Via Campesina rassemblés à la conférence pour envoyer au monde le message suivant: une agriculture diversifiée durable peut refroidir la planète.

“En tant que paysans du monde, nous voulons réaffirmer notre promesse et notre engagementde défendre la Terre Nourricière,” dit Masioli. “Nous croyons fermement que les vraies solutions à toutes les crises dans ce moment historique où nous vivons, sont des solutions basées sur une réforme agraire complète et sur la souveraineté alimentaire en tant que principe et droit des peuples.”

A la fin de son discours, Masioli a offert à Morales les drapeaux de La Via Campesina et de la Coordination latino-Américaine des organisations paysannes (CLOC). “Nous allons offrir nos drapeaux de La Via Campesina et de la CLOC – nos symboles les plus puissants – car le Président Morales est parmi les fondateurs de ces deux importantes organisations paysannes en Amérique latine et dans le monde et aussi parce que, lui seul, est assez crédible pour convoquer cette assemblée”.

Contacts pour les médias (interviews avec des représentants de La Via Campesina à Cochabamba)

Boaventura Monjane – Tél: (00591) 74815401; boa.monjane@viacampesina.org
Isabelle Delforge – Tél: (00591) 74306257; idelforge@viacampesina.org


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(Cochabamba, le 17 avril 2010) Les paysannes et les paysans des mouvements paysans du monde, membres de La Vía Campesina, célèbrent aujourd’hui, 17 avril, la Journée internationale des Luttes paysannes. A cette occasion, ils réaffirment leur engagement et l’intensification des mobilisations en faveur des droits des paysannes et des paysans du monde entier. Pour célébrer cette journée, les délégué(e)s de différents pays se retrouveront à partir de 11h00, Paza del 14 de septiembre à Cochabamba, en Bolivie, afin que ne soient pas oubliées les luttes paysannes et qu’elles se renforcent d’année en année.

Les paysannes et les paysans de La Vía Campesina Bolivia ainsi que les délégué(e)s de toutes les parties du monde commémorent aujourd’hui l’assassinat, en 1996, de 19 personnes qui luttaient pour l’accès à la terre dans l’Etat de Para au Brésil. Cete date rappelle également l’assassinat de 5 de nos camaradas des peuples autochtones, dont un enfant et une femme, assassinés le 17 avril 1997, pour avoir mené une vigile pendant 3 mois en défense de la Madre Tierra et de la culture de la feuille de coca en Bolivie.

Soulignons également, qu’en Bolivie, justement à Cochabamaba, des milliers de paysannes et de paysans  du monde entier se retrouveront actuellement pour participer à la Conférence des Peuples sur le Changement climatique et les Droits de la Mère Terre convoquée par le président Evo Morales, évènement auquel participent plus de 300 membres de La Vía Campesina international. Selon les organisateurs, il y a plus de 7.500 inscrits à ce sommet. En outre, nous avons appris que près de 3 000 paysannes et paysans de La Vía Campesina Bolivia descendront de leurs communautés pour défendre l’agriculture paysanne et la justice climatique.

Contacts pour les journalistes (interviews avec des représentants de Vía Campesina à Cochabamba)

Boaventura Monjane –  tél : (00591) 74815401, e-mail: boa.monjane@viacampesina.org

Isabelle Delforge –  tél : (00591) 74306257, e-mail: idelforge@viacampesina.org


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Non aux solutions néolibérales, oui aux réponses des peuples !

Depuis des siècles, le productivisme et le capitalisme industriel détruisent nos cultures, exploite notre travail et empoisonne notre environnement.

Aujourd’hui, avec la crise climatique, la terre dit « ça suffit », « ya basta » !

Une fois encore, ceux qui sont à l’origine des problèmes nous expliquent qu’ils ont des solutions : le marché d’émission de gaz carbonique, le soit disant « charbon propre », l’énergie nucléaire, les agro-fuels, et même un « new deal » vert. Mais ce sont des fausses solutions, des illusions néolibérales. Il nous faut aller au-delà de ces illusions.

Les solutions réelles au changement climatique sont en train de ses construire avec ceux qui ont toujours protégé la terre et ceux qui se battent tous les jours pour défendre l’environnement et leurs conditions de vie. Nous devons aujourd’hui globaliser ces solutions. Pour nous, les luttes pour la justice climatique et la justice sociale sont la même chose. C’est la lutte pour l’accès à la terre, la défense des forets, l’accès à l’eau, la réforme agraire et urbaine, la souveraineté alimentaire et énergétique, la lutte pour le droit des femmes et le droit des travailleurs. C’est le combat pour l’égalité et la justice pour les populations indigènes, pour les peuples du « Sud global », pour la répartition des richesses et la reconnaissance de la dette écologique historique que doivent les pays du Nord.

Contre les intérêts désincarnés et dominés par la logique du marché des élites et contre le modèle dominant de développement basé sur le consumérisme et la croissance sans fin, le mouvement pour la justice climatique revendique la défense des « biens communs » et met les questions sociales et économiques au cœur de notre combat contre le changement de climat.

Nous appelons les salariés, les paysans, les pêcheurs, les jeunes et les étudiants, les peuples indigènes et tous les êtres humains concernés, du Nord comme du Sud, de joindre cette bataille commune pour construire les solutions réelles à la crise climatique pour le futur de la planète, celui de nos sociétés et de nos cultures.

Ensemble, nous construirons le mouvement pour la justice climatique.

Nous soutenons les mobilisations face au G20 et la crise du 28 mars au 4 avril, ainsi que la mobilisation du 17 avril 2009 de la Via Campesina.

Nous soutenons l’appel à une journée mondiale d’action pour la défense de la « Mère Terre » et les droits des peuples indigènes du 12 octobre.

Nous appelons à nous mobiliser avec différentes formes d’action pour la conférence de l’ONU de Copenhague, en particulier pour la journée d’action du 12 décembre.

Dans tous les aspects de notre travail, nous voulons dénoncer les fausses solutions, faire entendre les voix du Sud, défendre les droits de l’homme et renforcer notre solidarité dans le combat pour la justice climatique.

Si nous faisons les bons choix, nous pouvons construire un monde meilleur pour toutes et tous.


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Nécessité d’un ordre du jour radical pour réaliser la justice dans la lutte climatique

Déclaration de Poznan publiée par l’alliance « Justice Climatique Maintenant ! »

12 décembre 2008

Des membres de « Justice Climatique maintenant ! » ­─ alliance mondiale de plus de 160 organisations ─ sont à Poznań depuis deux semaines pour suivre de près les développements des négociations des Nations Unies sur le climat.
Cette déclaration représente notre point de vue sur la Conférence des Parties n°14 et présente nos principes pour réaliser la justice en matière de climat.

L’urgence de la justice dans la lutte pour le climat

Nous ne pourrons pas stopper les changements climatiques si nous ne changeons pas l’économie néolibérale et axée sur les corporations qui nous empêche de réaliser des sociétés viables. Il faut mettre fin au processus de globalisation par les grandes entreprises.
La responsabilité historique pour la grande majorité des émissions de gaz à effet de serre incombe aux pays industrialisés du Nord. Bien que la responsabilité première du Nord à réduire ses émissions ait été reconnue par la Convention, ses habitudes en matière de production et de consommation continuent à menacer la survie de l’humanité et la biodiversité. Il est urgent que le Nord passe rapidement  à une économie de faible production de carbone. Dans le même temps, afin d’éviter de suivre ce modèle dangereux d’industrialisation à fortes émissions de carbone, le Sud a droit à des ressources et des technologies pour faire la transition.

Nous pensons que toute « vision partagée » pour faire face à la crise climatique doit commencer par la justice en matière de climat et une remise en question fondamentale du modèle de développement dominant.

Les Peuples Indigènes, les communautés de paysans et de pêcheurs, et spécialement les femmes de ces communautés, vivent en harmonie avec la Planète et sur un mode durable, depuis des millénaires. Ils ne sont pas seulement les plus affectés par le changement climatique, mais aussi par les fausses solutions proposées, comme les agro-carburants, les méga-barrages, la modification génétique, les plantations d’arbres et les systèmes de compensations de carbone. En lieu et place des programmes inspirés par les marchés, leurs pratiques durables devraient être vues comme offrant les vraies solutions au changement climatique .

L’UNFCCC EN CRISE

Les gouvernements et les institutions internationales doivent reconnaître que les mécanismes de Kyoto n’ont pas réussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les principes de la Convention structurelle des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC) – responsabilités communes mais différenciées, équité intergénérationnelle, et pollueur-payeur ─ ont été sabordés en faveurs des mécanismes du marché. Les trois principaux piliers de l’accord de Kyoto : le mécanisme de développement propre, la mise en œuvre conjointe et programmes d’échanges des émissions ─ ont été complètement inefficaces d ans la réduction des émissions et cependant restent au centre des négociations.
Kyoto est basé sur des mécanismes d’échange de carbone qui permettent aux pays du Nord de continuer comme si de rien n’était en finançant des projets de « développement propre » dans des pays en développement ou en transition. C’est un programme conçu délibérément pour permettre aux pollueurs de ne pas réduire leurs émissions chez eux. Les projets de mécanismes de développement propre, qui sont censés soutenir le « développement durable » incluent des projets d’infrastructure tels que de grands barrages, des centrales au charbon et des plantations d’arbres en monoculture. Non seulement ces projets ne réussissent pas à réduire les émissions de carbone, mais elles accélèrent la privatisation et la mainmise du monde naturel par les grandes entreprises au détriment des communautés locales et des Peuples Indigènes.

Les propositions mises sur la table à Pozna’n vont dans la même direction.
Dans les négociations actuelles, les pays industrialisés continuent à baser leurs actions sur leur propre intérêt, mettant en œuvre toutes leurs tactiques de négociation pour échapper à leur obligation de réduire les émissions de carbone, de financer les adaptations et les compromis et de transférer des technologies vers le Sud.
Dans leur poursuite de la croissance à tout prix, de nombreux gouvernements du sud participant aux pourparlers sacrifient les droits de leurs peuples et leurs ressources. Nous leur rappelons qu’un accord sur le climat n’est pas un accord commercial.
Les principaux protagonistes de la stabilité climatique ─ les Peuples Indigènes, les femmes, les familles de paysans et d’agriculteurs, les communautés de pêcheurs, les communautés vivant de la forêt, les jeunes et les communautés marginalisées et défavorisées dans le Sud et le Nord du monde, sont systématiquement exclus. Malgré des demandes répétées, les Peuples Indigènes ne sont pas reconnus comme partie officielle aux négociations . La voix des femmes et les considérations relatives à leur situation ne sont pas non plus reconnues et inclues dans le processus.
En même temps, les investisseurs privés planent au-dessus des discussions comme des vautours, fondant sur toute opportunité de créer de nouveaux profits. Les groupes de pressions industriels et financiers ont étendu leur influence et monopolisé l’espace de conférence à Pozna’n. Il y avait au moins 1500 représentants de lobbies à Pozna’n, soit comme OGN ou membres de délégations gouvernementales.
Le programme de Réduction des Émissions Provenant de la Déforestation et de la Dégradation des Forêts (REDD) pourrait créer la plus importante échappatoire jamais fournie au régime climatique, offrant aux pollueurs du Nord une opportunité de plus pour acheter des exemptions à l’obligation de réduire les émissions. En ne mentionnant pas la biodiversité ou les droits des Peuples Indigènes, ce programme pourrait inciter très fortement certains pays à brader leurs forêts et expulser les communautés Indigènes et paysannes et transformer les forêts en plantations arboricoles sous contrôle de grandes entreprises. Les plantations ne sont pas des forêts. La privatisation et l’expropriation par le truchement de REDD ou de tout autre mécanisme doivent être stoppées
La Banque Mondiale est en train d’essayer de se faire une place dans le régime international du changement climatique. Ceci est inacceptable dans la mesure où la Banque continue de financer des industries polluantes et de pousser à la déforestation par la promotion de l’exploitation industrielle du bois et des agro-combustibles. Le Fonds d’Investissement pour le Climat, récemment lancé par la Banque, va à l’encontre des initiatives gouvernementales aux Nations Unies et encourage des industries sales, comme le charbon, tout en forçant les pays en développement à entrer dans une relation fondamentalement inégale d’assisté face à un donneur d’aide. Le système de partenariat carbone-forêt de la Banque Mondiale ayant pour but de financer REDD à travers un, mécanisme carbone-forêt sert les intérêts de compagnies privées et conduit à ce que les forêts deviennent traitées comme des denrées.
De tels développements étaient à prévoir. L’idéologie de marché a totalement infiltré les négociations sur le climat et les négociations de l’UNFCCC sont maintenant des foires commerciales colportant des opportunités commerciales.

LES VRAIES SOLUTIONS
Les solutions à la crise climatique ne viendront pas des pays industriels et des grosses entreprises. Les solutions efficaces et pérennes viendront de ceux qui ont protégé l’environnement ─ les Peuples Indigènes, les femmes, les familles de paysans et d’agriculteurs, les communautés de pêcheurs, les communautés vivant de la forêt, les jeunes et les communautés marginalisées et défavorisées dans le Sud et le Nord du monde. Ces solutions comprennent :
·      Réaliser des économies à bas niveau de carbone sans avoir recours aux compensations et à de fausses solutions telles que l’énergie nucléaire et le « charbon propre », tout en protégeant les droits de ceux qui sont affectés par la transition, en particulier les travailleurs.
· Ne pas extraire les carburants fossiles.
· Mettre en œuvre la souveraineté alimentaire et énergétique des peuples.
· Garantir le contrôle des ressources naturelles par les communautés.
· Relocaliser la production et la consommation. Donner la priorité aux marchés locaux.
· Pleine reconnaissance des droits des Peuples Indigènes, et des communautés paysannes et locales.
· Énergie propre et renouvelable contrôlée démocratiquement.
· Conservation des ressources basée sur les droits qui applique les droits territoriaux des indigènes et promeut la souveraineté des peuples et la propriété publique de l’énergie, des forêts, des semences, de la terre et de l’eau.
· Mettre fin à la déforestation et à ses causes sous-jacentes.
· Mettre fin aux excès de consommation des élites dans le Nord comme dans le Sud.
· Investissements massifs dans les transports publics.
· Assurer l’égalité des sexes en reconnaissant les injustices existantes et en impliquant les femmes dans les processus de décision.
· Annuler les dettes illégitimes revendiquées par las gouvernements du Nord et les IFI. Le caractère illégitime de ces dettes est souligné par les dettes historiques, sociales et écologiques beaucoup plus importantes du Nord envers le Sud.

Nous nous trouvons à la croisée des chemins. Nous demandons un changement radical de direction pour mettre la justice et les droits des peuples au centre de ces négociations sur le climat.
Dans la période que précède la Conférence des Parties n°15 de 2009 à Copenhague, et au-delà, l’alliance « Justice climatique maintenant ! » continuera à suivre de près les gouvernements et à mobiliser les forces sociales du Sud et du Nord pour obtenir justice dans la lutte climatique.

Pour plus d’informations sur l’alliance « Justice Climatique Maintenant ! », contacter Nicola Bullard à n.bullard@focusweb.org ou Juana Camacho a deuda@censat.org


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Du 19 au 22 avril, le sommet mondial des peuples face sur le changement climatique et les droits de la “terre mère” est organisé à Cochabamba.  Ce site publiera des  textes, documents et informations. Mais vous pouvez d’abord vous inscrire à la conférence et trouver des informations sur le site officiel de la conférence.


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Il y a déjà beaucoup de monde à Cochabamba pour le 10ème anniversaire de la “guerre de l’eau” et pour le sommet des peuples sur le changement climatique. Nous vous proposons une première réunion pour se connaître et pour régler les questions logistiques pendant le sommet.

Dimanche 18 avril
14:00 – 18:00pm
Lieu: Complejo Fabril, Avenida Melchor Perez, Cochabamba (premier batiment à droite)

Proposition d’ordre du jour:
Introduction CJN!
Qui est présent ici – par region
Quelles sont les priorités des groupes présents
Preparation de Cancun et Mexico


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Climate Justice Now! est un réseau d’organisations et mouvements du monde entier, engagés dans la lutte pour la justice sociale, la justice écologique et la justice de genre.

La justice climatique est fondée sur la compréhension que, bien que le changement climatique appelle des actions globales, les pays industrialisés du Nord portent la responsabilité historique de la plupart des émissions de gaz à effet de serre au cours des 250 dernières années. L’énergie bon marché (qu’il s’agisse de pétrole, charbon ou gaz) a été le moteur de leur industrialisation rapide et de leur croissance économique.

Les communautés des pays du Sud, de même que les communautés à bas revenus dans le Nord industrialisé, ont payé le prix toxique de l’extraction, du transport et de la production des combustibles fossiles. Ces communautés font maintenant face aux pires conséquences du changement climatique – des pénuries alimentaires à l’inondation de pays insulaires tout entiers.

Dans le cadre des négociations climatiques internationales, les pays riches et industrialisés ont mis une pression injustifiable sur les gouvernements du Sud pour qu’ils s’engagent à réduire leurs émissions. Dans le même temps, ils ont refusé d’assumer leurs propres engagements légaux et moraux à réduire drastiquement leurs émissions et à soutenir les efforts des pays en développement dans la réduction des émissions et l’adaptation aux impacts climatiques.

Climate Justice Now ! s’emploiera à dénoncer les fausses solutions à la crise climatique que promeuvent ces gouvernements – aux côtés des institutions financières et des firmes multinationales – telles que la libéralisation des échanges, la privatisation, les marchés carbones relatifs aux forêts, les agro-carburants et la compensation carbone.

Nous ne mènerons pas notre lutte qu’à  l’intérieur des négociations climatiques, nous la mènerons également sur le terrain et dans la rue, pour promouvoir de véritables solutions qui incluent :

  • Laisser les combustibles fossiles dans le sous-sol et investir dans les énergies renouvelables, appropriées, efficaces, sûres, propres et contrôlées par les communautés
  • Réduire drastiquement le gaspillage, avant tout et surtout dans le Nord, mais aussi celui des élites du Sud
  • D’énormes transferts financiers du Nord vers le Sud, basés sur le remboursement de la dette climatique et sujets à un contrôle démocratique. Les coûts d’adaptation et d’atténuation doivent être pris en charge en réorientant les budgets militaires, par la mise en place de taxes innovantes et par l’annulation de la dette.
  • Une conservation des ressources basée sur les droits, qui renforce les droits des peuples indigènes à la terre et promeut la souveraineté des peuples sur l’énergie, les forêts, la terre et l’eau.
  • Une agriculture et pêcherie familiales et durables, et la souveraineté alimentaire

Nous sommes engagés dans la construction d’un mouvement vaste et divers, localement et mondialement – pour un monde meilleur


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Déclaration du réseau Climate Justice Now ! sur les résultats de la COP15.

L’appel à « changer le système, pas le climat » réunit un mouvement mondial

L’accord indigne de Copenhague révèle un gouffre entre les revendications des peuples et les intérêts des élites.

La très attendue Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique de Copenhague a débouché sur un accord de dupe, manigancé par les USA et parachuté au dernier moment. « L’accord » n’a pas été adopté, mais a été « pris en note », une invention législative absurde conçue pour convenir aux USA et permettre à Ban Ki-moon de prononcer la ridicule déclaration « nous avons un accord ».

La conférence des Nations Unies a été incapable d’apporter des solutions à la crise climatique, pas même de dessiner des avancées minimales vers ces solutions. Au contraire, les négociations ont complètement trahi les nations appauvries et les états insulaires, et ont jeté les Nations unies et le gouvernement danois dans la plus grande confusion. Au cours d’une conférence dont un objectif central était de limiter les émissions de gaz à effet de serre, il a en finalement été très peu question des réductions d’émissions. Les pays riches et développés ont à l’inverse continué à entraver toute négociation sur des réductions drastiques et contraignantes, préférant plutôt reporter le fardeau sur les pays les moins développés, et ne montrant aucune volonté de réparer les dégâts dont ils sont responsables.

La coalition Climate Justice Now !, aux côtés d’autres réseaux, s’est réunie à la COP15 derrière l’appel pour « changer le système, pas le climat ». La conférence de Copenhague sur le climat a quant à elle montré que les solutions réelles, par oppositions aux fausses solutions basées sur le marché, ne pourront être adoptées tant que nous n’aurons pas triomphé d’un système économique et politique injuste.

À Copenhague, les responsables de gouvernement  comme ceux du business  n’ont pas essayé de satisfaire les attentes du monde entier. Les fausses solutions et les  multinationales ont complètement phagocyté le processus des Nations Unies. Les élites mondiales voudraient pouvoir privatiser l’atmosphère au travers des marchés carbone, dépecer les forêts, broussailles et prairies du monde entier en violant les droits des peuples indigènes et en s’accaparant les terres, promouvoir des technologies à haut-risque pour « réparer »le climat ; remplacer les forêts véritables par des plantations arborées d’essence unique ; transformer les surfaces agricoles en puits de carbone, et, enfin, parachever la  restriction et la privatisation des biens communs. En pratique, chaque proposition discutée à Copenhague était basée sur le désir de créer des nouvelles opportunités de profit plutôt que sur la volonté de réduire les émissions, jusqu’aux modestes financements qui risquent finalement de servir à payer les transferts de technologie à risque.

À Copenhague, les seules discussions sur des solutions réelles ont eu lieu dans les mouvements sociaux. Climate Justice Now !, Climate Justice Action et le Klimaforum 09 ont permis d’articuler des idées novatrices et tenté de diffuser ces idées dans la Conférence des Nations Unies par le biais de la « déclaration des peuples » du Klimaforum 09 et des assemblées populaires « Reclaim Power » (ndt : « reprendre le pouvoir », mais aussi « reprendre l’énergie »). Parmi les états, les pays de l’ALBA, de nombreux états africains et les membres de l’AOSIS ont souvent fait écho aux messages du mouvement pour la justice climatique, lorsqu’ils ont mis en avant la nécessité de payer pour la dette climatique, de créer des fonds pour l’adaptation et la réduction des émissions hors de la logique des institutions néolibérales comme la Banque Mondiale et le FMI, ou encore de maintenir l’augmentation globale de la température sous 1,5 degré.

Les Nations Unies et le gouvernement danois ont servi les intérêts des pays riches et industrialisés, excluant nos voix et celles des moins puissants à travers la planète ; ils ont tenté de taire nos demandes de négocier sur des solutions réelles. Néanmoins, nos voix se sont renforcées, et se sont unifiées jours après jours pendant les deux semaiens de la conférence. Au fur et à mesure que nous nous renforcions, les mécanismes mise en œuvre par les Nations unies et les autorités danoises pour permettre la participation de la société civile se sont révélés de plus en plus dysfonctionnels, répressifs et non-démocratiques, à l’instant de ce qui se passe à l’OMC ou à Davos.

La participation des mouvements sociaux a été limitée tout au long de la conférence, drastiquement restreinte durant la deuxième semaine, au milieu de laquelle de nombreuses organisations de la société civile se sont vues retirer leurs accréditations. Dans le même temps, les multinationales poursuivaient leur lobbying à l’intérieur du Bella Center.

À l’extérieur de la conférence, la police Danoise a déployé un système répressif, menant de vastes opérations contre le droit à la libre expression, arrêtant et battant des milliers de personnes, dont des délégués de la société civile auprès de la conférence des Nations Unies. Notre mouvement a surmonté cette répression, nous sommes parvenus à porter nos voix et nos protestations encore plus fort. Nos manifestations, organisées avec des syndicats, des mouvements et des ONG danoises, ont rassemblé plus de 100 000 personnes au Danemark, pour exiger la justice climatique, pendant que les mouvements sociaux du monde entier ont mobilisé des centaines de milliers d’autres personnes au cours de manifestations locales pour la justice climatique. Malgré la répression menée par le gouvernement danois et les exclusions pilotées par les Nations unies, le mouvement pour « changer le système, pas le climat » est désormais plus fort que lorsque nous sommes arrivés au Danemark.

Bien que Copenhague ait été un désastre pour les solutions justes et équitables au changement climatique, il marque un tournant enthousiasmant du  combat pour la justice climatique. Les gouvernements  défendant l’intérêt des dominants  n’ont aucune solution à offrir, mais le mouvement pour la justice climatique a proposé une vision forte et des alternatives claires. Copenhague restera un événement historique pour les mouvements sociaux mondiaux, et, à l’instar de Seattle et de Cacun, comme un moment crucial où les divers agendas de nombreux mouvements sociaux se sont unis  et renforcés, pour demander d’une même voix de changer le système, pas le climat.

La coalition Climate Justice Now ! appelle les mouvements sociaux du monde entier à se mobiliser pour soutenir la justice climatique.

Nous ne mènerons pas notre lutte lors des négociations sur le climat seulement, mais sur le terrain et dans les rues, pour promouvoir de véritables solutions, qui incluent ;

  • De laisser les combustibles fossiles dans le sous-sol et investir dans l’énergie renouvelable, appropriée, efficace, sûre, propre et contrôlée par les communautés
  • la réduction drastique du gaspillage, avant tout et surtout dans le Nord, mais aussi par les élites du Sud
  • D’énormes transferts financiers du Nord vers le Sud, comme réparations des dettes climatiques, et soumis à un contrôle démocratique. Les coûts d’adaptation et d’atténuation doivent être financés par la réorientation des budgets militaires, par des taxes innovantes et par l’annulation de la dette.
  • La conservation des ressources fondée sur les droits, qui renforce les droits des peuples indigènes à la terre et promeuve la souveraineté des peuples sur l’énergie, les forêts, la terre et l’eau.
  • Une agriculture et une pêche familiales et durables, et la souveraineté alimentaire des peuples

Nous réaffirmons notre engagement dans la construction d’un mouvement vaste et divers, localement et mondialement – pour un monde meilleur.

Climate Justice Now!

Copenhague,

Le 19 Décembre 2009

www.climate-justice-now.org

Supported by the following organisations and individuals :

Organisations

Afrika Kontact, Denmark

Aitec-IPAM, France

Alianza Mexicana por la Autodeterminación de los Pueblos-AMAP, Mexico

Alternatives International

Anti Debt Coalition (KAU), Indonesia

ARCI, Italy

Asamblea de Huehuetenango por la defensa de los recursos naturales, Guatemala

Asia Pacific Movement on Debt and Development/Jubilee South

Asia Pacific Research Network (APRN)

ATTAC Germany Working Group on Energy, Climate and Environment, Germany

Attac Malmö, Sweden

ATTAC, France

ATTAC, Germany

ATTAC, Japan

ATTAC, Switzerland

Balochistan Climate Change Alliance, Pakistan.

Belarusian Social Forum, Belarus

Camp for Climate Action, UK

Campaign Against Climate Change (CCC) Trade Union Group, UK

Canadians for Action on Climate Change, Canada

Carbon Trade Watch

Centre for Civil Society Environmental Justice Project, University of KwaZulu-Natal, Durban, South Africa

Centre for Environmental Justice, Sri Lanka

Centro de Estudios Internacionales (CEI), Nicaragua

Climat 37, France

Climat et justice sociale, Belgium

Climate-change-trade-union-network, UK

Committee for the Abolition of Third World Debt (CADTM)

Confederazione dei Comitati di Base (COBAS),  Italy

Consejo de los pueblos del occidente de Guatemala por la defensa del territorio, Guatemala

Convergencia de Movimientos de los Pueblos de las Américas (COMPA)

Corner House, UK

Corporate Europe Observatory

DICE Foundation, India

Down To Earth, Indonesia/UK

Energy and Climate Policy Institute (ECPI), Korea

Enhedslisten/the Red-Green Alliance, Denmark

Escuela de Pensamiento Ecologista, Guatemala

ESK Sindikatua, Basque Country

Euromarches/Marches européennes

Europe solidaire sans frontières (ESSF), France

Fair, Italy

Family Farm Defenders, USA

FelS-Klima AG (Für eine linke Strömung), Germany

FERN

FOCO Foro Ciudadano de Participación por la Justicia y los Derechos Humanos, Argentina

Focus on the Global South, Thailand, Philippines and India

Food First/Institute for Food and Development Policy, USA

Friends of the Earth International

Friends of the Earth Sydney Collective, Australia

Friends of the Earth, Flanders & Brussels, Belgium

Friends of the Earth, Sweden

Galiza Non Se Vende

gegenstromberlin, Germany

Global Alliance for Incinerator Alternatives (GAIA)

Global Exchange, USA

Global Forest Coalition and Friends of the Siberian Forests, Russia

Global Justice Ecology Project, USA

Greater Boston United for Justice with Peace (UJP), USA

Green Party, UK

Hacktivist News Service, hns-info.net

Hemispheric Social Alliance, the Americas

HOPE, Pakistan

Indian Social Action Forum (INSAF), India

Indonesia Fisherfolk Union/ Serikat Nelayan Imdonesia (SNI), Indonesia

Institute for Social Ecology, USA

Internationale Socialister, Denmark

Jubilee South – International

Jubilee South – Asia/Pacific Movement on Debt and Development (JSAPMDD)

Klimabevægelsen (Climate Movement), Denmark

KlimaX, Denmark

La Via Campesina

Labour, Health and Human Rights Development Centre, Nigeria

Les Amis de la Terre, France

Links Ecologisch Forum, Belgium

Linksjugend['solid], Germany

Living Seas, Denmark

Massachusetts Coalition for Healthy Communities, USA

Massachusetts Forest Watch, USA

Mémoire des luttes, France

Movement Generation: Justice and Ecology Project, USA

Movimiento Mexicano de Afectados por las Represas (MAPDER), Mexico

National Fishers Solidarity Movement, Sri Lanka

National Network for Immigrant and Refugee Rights (NNIRR), USA

Otros Mindos Chiapas, Mexico

Pacific Indigenous Peoples Environment Coalition

Peoples Movement on Climate Change (PMCC)

Plymouth Trades Union Council, UK

Polaris Institute, Canada

projecto270, Portugal

Red Mexicana de Acción frente al Libre Comercio (RMALC), Mexico

Red Mexicana de Afectados por la Minería (REMA), Mexico

REDES/Friends of the Earth, Uruguay

Renewable Energy Centre (REC), South Africa

Rising Tide North America

SmartMeme, USA

Socialist Workers Party, Britain

Steering Committee of Green Left, UK

Sustainable Energy & Economy Network, Institute for Policy Studies, USA

Texas Climate Emergency Campaign, USA

Thai Working Group for Climate Justice, Thailand

The Laboratory of Insurrectionary Imagination, UK

The Latin American Network against Monoculture Tree Plantations (RECOMA)/Red Latinoamericana contra los Monocultivos de Arboles (RECOMA)

The Respect Party, UK

Timberwatch Coalition, South Africa

Transform! Europe

Transnational Institute (TNI)

Union de Comunidades Indigenas de la Zona Norte del Istmo-UCIZONI, Mexico

United for Justice and Peace, Greater Boston, USA

Urgence Climat 13, France

Utopia, France

VOICE, Bangladesh

Walhi, Friends of the Earth, Indonesia

World Development Movement, UK

Zukunftskonvent, Germany

Individuals

Alex Callinicos, Professor of European Studies, Kings College London, UK

Bente Hessellund Andersen, Denmark

Beth Adams, Massachusetts, USA

Chris Baugh, Assistant General Secretary, Public and Commercial Services union, Britain

Clive Searle, National Secretary, The Respect Party, UK

Corinna Genschel, Committee of Basic Rights and Democracy, Germany

Dave Bleakney, national union representative, Canadian Union of Postal Workers, Canada

David Hallowes, Durban, South Africa

Dr Isabelle Fremeaux, Birkbeck College, UK

Elana Bulman, UK

Francine Mestrum, Global Social Justice, Belgium

Graham Petersen, National Environment Officer, University and College Union, UK

Inger V. Johansen, Enhedslisten/the Red-Green Alliance, Denmark

Jeroen Robbe, Young Friends of the Earth, Europe

Jessica Bell, People for Climate Justice, Canada

John Jordan, UK

Jonathan Neale, UK

Jurgen Kraus, coordination of the caravan from WTO to COP15

Kirsten Gamst-Nielsen, Denmark

Laura Grainger, Young Friends of the Earth

Marie-France Astegiani-Merrain, vice/Présidente d’ADEN, France

Matthew Firth, staff representative, environmental issues, Canadian Union of Public Employees.

MK Dorsey, Dartmouth University, USA

Nicola Bullard, Australia

Patrick Bond, University of KwaZulu Natal

Pete Sirois, Maine, USA

Professor Andrew Dobson, Keele University, UK

Rebecca Sommer, Representative of the NGO Society for Threatened Peoples International, in consultative status to the United Nations ECOSOC and in participatory status with the Council of Europe. Indigenous Peoples Department,  USA

Richard Greeman (socialist scholar)

Roger Leisner, Radio Free Maine, USA

Ruth Reitan, University of Miami, USA

Tony Staunton, UK


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Vous avez dans cette section les présentations de quelques-uns des membres de CJN!, mais une liste plus complète sera publiée bientôt


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Un aboutissement équitable et efficace à Copenhague.

Nous, collectifs signataires de ce texte, qui comprenons des organisations de développement, d’environnement,de genre et de jeunes, de communautés religieuse, de peuples autochtones, des mouvements de justice économique et sociale en Afrique, Asie, Amérique Latine et Caraïbes, en Europe et en Amérique du Nord, nous demandons aux pays riches industrialisés de reconnaître leur responsabilité historique et actuelle dans les causes et les effets néfastes du changement climatique, et de rembourser intégralement, effectivement et immédiatement, cette dette climatique aux pays pauvres, à leurs communautés et à leurs peuples.

Le changement climatique menace l’équilibre de la vie sur Terre. Le niveau des océans s’élève et leur acidité s’accentue, les calottes glaciaires et les glaciers fondent ; les forêts, les récifs de coraux et les autres écosystèmes s’altèrent ou dépérissent. L’existence de certaines communautés est menacée, alors que d’autres sont confrontée à de plus en plus d’obstacle à leur développement. A moins d’inverser la tendance, nous courrons vers une catastrophe climatique avec une augmentation des évènements météorologiques extrêmes, un effondrement des systèmes alimentaires, des migrations massives, et des conflits humains sans précédent.

Les communautés et peuplades des pays pauvres qui ont le moins contribué au changement climatique, en sont pourtant les premières et principales victimes. Les plus vulnérables sont : les femmes, les peuples autochtones, les pauvres, les petits paysans, les pêcheurs, les communautés vivant de la forêt, les populations dépendantes de ressources en eau limitées, les jeunes et les personnes exposées aux crises sanitaires.

A l’inverse, c’est une minorité de pays riches, de multinationales et de personnes qui sont à l’origine du changement climatique. Les pays développés qui représentent moins d’un cinquième de la population mondiale ont émis près des trois quarts des émissions historiques. Ce sont ces émissions historiques et actuelles excessives, qui aujourd’hui emplissent l’atmosphère et constituent la cause principale du réchauffement actuel et futur de la planète.

Les pays développés ont consommé plus que leur juste part de l’espace atmosphérique. Sur une base individuelle, ils sont responsables de plus que dix fois plus d’émissions historiques que les pays en développement. Aujourd’hui leurs émissions par personne représentent plus que quatre fois plus que celles des pays en développement.

Pour leurs contributions disproportionnées aux causes et aux conséquences du changement climatique, les pays développés ont une double dette envers les pays en développement:

§       Pour leur émissions historiques et actuelles excessives par personne, –qui privent les pays en développement de leur part juste d’espace atmosphérique,— ils ont accumulé une « dette d’émissions » envers les pays en développement.

§       Pour leur contribution disproportionnée aux effets du changement climatique — obligeant les pays en développement à s’adapter aux effets néfastes grandissants du changement climatique– ils sont débiteurs d’une « dette d’adaptation » envers les pays en développement.

De la sommes de ces deux dettes,–dette d’émission et dette d’adaptation — résulte leur dette climatique, qui est une composante d’une dette plus vaste, à la fois écologique, sociale et économique, du monde industrialisé riche envers la majorité pauvre.

Honorer cette dette n’est pas seulement juste ; c’est la base même d’une solution équitable et efficace aux changements climatiques. Ceux qui ont le plus profité des causes du changement climatique doivent compenser ceux qui y ont le moins contribué, mais en paient le plus lourd tribut. Ils doivent compenser les pays en développement pour les deux obstacles qui se dressent à présent sur leur route vers le développement : la réduction et l’adaptation aux changements climatiques, et qui n’existaient pas lorsque les pays développé se sont développés mais qu’ils ont eux- même créé.

Les pays développés pourtant,  prétendent effacer cette dette plutôt que de l’honorer. Dans leurs propositions lors des négociations climatiques ils cherchent à faire supporter aux pays en développement d’importants coûts d’adaptation, ignorant ainsi, plutôt qu’honorant leur dette d’adaptation. Ils espèrent pouvoir maintenir leur haut niveau émissions per capita ; aggravant et non pas diminuant leur dette d’émission, consommant toujours plus l’espace atmosphérique, et reléguant la majorité pauvre du monde dans un espace restant toujours plus restreint.

Nous craignons que la poursuite de cette consommation excessive de l’espace atmosphérique par les pays les plus riches au détriment des plus pauvres –qui ont besoin d’un accès aux énergies et aux  ressources naturelles pour construire les écoles, les maisons, et les infrastructures que les pays riches possèdent déjà et dont ils continuent à jouir – ne prétérite les perspectives d’une solution viable aux changements climatiques et ne menace la sécurité de toutes les nations, les peuples et de la Terre.

Nous demandons donc aux pays développés, et cela dès le sommet de Copenhague, de reconnaître et de rembourser leur dette climatique, dans toute son ampleur, et que cela soit la base d’une solution équitable et efficace à la crise climatique.

Nous demandons qu’ils:

§       Remboursent leur « dette d’adaptation », en s’engageant à financer et à compenser intégralement les pays en développement pour les effets négatifs du changement climatique sur tout les pays, groupes et peuples affectés.

§       Remboursent leur « dette d’émission » aux pays en développement en réduisant de la manière la plus drastique possible leurs émissions nationales, et en s’engageant à respecter des quantités attribuées d’émissions qui reflètent à la pleine mesure leur contributions historiques et actuelles excessives aux changements climatiques.

§       Mettre à la disposition des pays en développement, le financement et la technologie nécessaires pour couvrir les coûts supplémentaires de l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques, conformément à la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques.

La satisfaction de ces exigences est une condition préalable essentielle pour le succès en Décembre 2009. Copenhague doit être un moment clef pour la justice climatique – une étape importante sur le chemin vers la sauvegarde du système climatique de la Terre et assurer un avenir dans lequel les droits et les aspirations de toutes les personnes peuvent être réalisés.

11.11.11- Coalition of the Flemish North-South Movement, Belgium
5Cs Human Rights Group, Nairobi, Kenya
Acción Ecológica, Chile
ActionAid International
Africa Action, USA
Alianza de Pueblos del Sur Acreedores de Deuda Ecologica
Alianza por la Justicia Climática (Climate Justice Alliance), Chile
Alliance for Global Justice
Alliance of People’s Movement, India
Almáciga Grupo de trabajo Intercultural, España, Colombia
AMAN – Indigenous Peoples Alliance of the Archipelago, Indonesia
American Jewish World Service (AJWS), USA
Analysis, Dili, Timor-Leste
Anti Debt Coalition (KAU), Indonesia
Arid Lands Institute
Asia Indigenous Peoples Pact (AIPP)
Asia Indigenous Women’s Network (AIWN)
Association for Taiwan Indigenous Peoples’ Policies (ATIPP)
ATTAC – Argentina
ATTAC – France
ATTAC – Japan
Australian Fair Trade and Investment Network
Bali Collaboration on Climate Change
BanglaPraxis, Bangladesh
Berne Declaration, Switzerland
Bharatiya Krishak Samaj, India
Boro People’s Forum (BPF)
CADPI (Centro Para La Autonomia Y Desarollo de los Pueblos Indigenas), Nicaragua
Campagna per la Riforma della Banca Mondiale (CRBM), Italy
Center for Human Rights and Development, Mongolia
Centre for Civil Society Environmental Justice Project, South Africa
Centre for Society and Religion, Sri Lanka
Chile Sustentable, Chile
Christian Aid, UK
CIRUM Culture Identity and Resources Use Management, Vietnam
CODE Consultancy on Development, Vietnam
Community Research and Development Centre (CREDC), Nigeria
Consumers Association of Penang, Malaysia
Cordillera Peoples Alliance (CPA), Philippines
Core Centre for Organisation Research and Education, India
CREED Citizens’ alliance in Reforms for Equitable and Efficient Development, Pakistan
Defendamos la Ciudad, Chile
Defensores del Bosque Chileno
Development Fund, Norway
Down to Earth (DTE), Indonesia
Eagle Clan Arawaks of Barbados and Guyana
Earthlife Africa, South Africa
Ecologistas en Acción, Spain
Economic Justice and Development Organization (EJAD), Pakistan
Economic Justice Network (EJN) of the Fellowship of Christian Councils, South Africa
Economic Justice Network of FOCCISA, Southern Africa
Environmental Investigation Agency, USA
Environmental Rights Action, Nigeria
Equity and Justice Working Group Bangladesh (Equitybd)
FASE – Solidarity and Education, Brazil
Federation of Indigenous and Tribal Peoples in Asia (FITPA)
Fiscalía del Medio Ambiente (FIMA), Chile
FOCO Foro Ciudadano de Participación por la Justicia y los Derechos Humanos, Argentina
Focus on the Global South, Thailand
Friends of the Earth International (with 77 member groups)
Fundación Solon, Bolivia
Global Exchange, USA
Global Forest Coalition
Global Youth Climate Movement
Holy Spirit Missionary Sisters JPIC, USA
IBON Europe
IBON Foundation, Philippines
Indian Confederation of Indigenous and Tribal Peoples North East Zone (ICITP-NEZ)
Indian Social Action Forum (INSAF), India
Indigenous Knowledge and Peoples (IKAP), Thailand
Indigenous Peoples Caucus of the Greater Caribbean
Indigenous Peoples Development Facilitators Forum (IPDFF)
Indigenous Peoples’ Forum of North East India
Indonesian Society for Social Transformation (INSIST), Yogyakarta, Indonesia
Institute for Essential Services Reform (IESR), Indonesia
International Forum on Globalization
IWA (Indigenous World Association)
Jeunes Volontaires pour l’Environnement- International, Togo
Jubilee Debt Campaign, UK
Jubilee Montana Network
Jubilee South
Jubilee South Africa
Jubilee South-Asia/Pacific Movement on Debt and Development (JS APMDD)
Jubilee USA
Jubileo Sur-Americas
Kediri Bersama Rakyat, Indonesia
Labour, Health and Human Rights Development Centre, Nigeria
La’o Hamutuk – Timor-Leste Institute for Development Monitoring
LDC Watch, Global
Maleya Foundation
Marcha mundial de las Mujeres, México- Zona Centro
Maryknoll Office for Global Concerns, USA
Montagnard Foundation, Inc.
Movimento pelas Serras e Águas de Minas, Minas Gerais, Brasil
Mujeres para el Dialogo, A.C.
Naga Women’s Union, Manipur
National Alliance for Human rights and Social Justice (HR Alliance), Nepal
National Fisheries Solidarity Movement Of Sri Lanka
National Forum of Forest People & Forest Workers, India
National Network of Indigenous Women
NEPAD, Centrafrique
Netherlands Centre for Indigenous Peoples
New Economics Foundation, UK
NGO Forum on the ADB
Nicaragua Network, USA
North East Alliance on Trade, Finance and Development, North East India
Ocean Revolution
Ole Siosiomaga Society Incorporated (OLSSI) in Samoa, the Pacific
Oxfam International
Pakistan Fisherfolk Forum
Participatory Research & Action Network-PRAN, Bangladesh
Pax Romana-IMCS Asia Pacific
Philippine Rural Reconstruction Movement (PRRM), Philippines
Practical Action UK
Q’eqchi Council of Belize
Rapa Nui Parliament
REBRIP – Brazilian Network for the Integration of Peoples
Red Nacional Género y Economía   (REDGE)
Red Wamani – (IMP)
Resource Institute of Social Education-RISE, India
RNDD Niger
Rural Reconstruction Nepal  (RRN), Nepal
Rural Women’s Liberation Movement, India
Rural Workers Movement, India
Sarstoon Temash Institute for Indigenous Management (SATIIM)
Sawit Watch, Indonesia
Shimin Gaikou Centre (SGC), Japan
Siembra, A.C.
Society for Rural Education and Development
Society for Threatened Peoples International
Solidarity Workshop
SONIA, Italie
South Asia Alliance for Poverty Eradication (SAAPE), Nepal
South Durban Community Environmental Alliance, South Africa
SPERI, Vietnam
Sustainable Development Institute (SDI), Liberia
Sustainable Energy and Economy Network, USA
Tamil Nadu Dalit Women’s Movement, India
Tamil Nadu Women’s Forum, India
TARA-Ping Pu, Taiwan
TEBTEBBA – Indigenous Peoples’ International Centre for Policy Research & Education
The European Network on Debt and Development (Eurodad)
The Grassroots Policy Network (Columbia University School of International and Public Affairs), USA
The Indigenous Environmental Network  (IEN)
The Right to Food Network (RtFN), Nepal
The United Confederation of Taino People, Caribbean
Third World Network
Ulashi Sreejony Sangha (USS), Bangladesh
Watch Indonesia!
Women Environmental Conservation based in Uganda – Karamoja and other indigenous organizations
Workers Centre, New Delhi, India
World Development Movement (UK)
World March of Women, Kenya
World Rainforest Movement
Yayasan Tanaman, Flores, Indonesia
Zero Corruption Coalition, Nigeria

Total number of endorsements as of 8 July 2009: 232

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